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Election du bureau de la CEI: La grosse erreur de l’AFD ou du FPI

Election du bureau de la CEI: La grosse erreur de l’AFD ou du FPI

Le bureau de la commission centrale de la CEI (commission électorale indépendante) a été voté le vendredi 5 septembre 2014, après deux jours de tractations. Sur les 17 impétrants qui ont prêté serment le 11 août dernier devant le Conseil Constitutionnel, tous ont pris part aux travaux pendant les deux jours (jeudi 4 et vendredi 5). Malheureusement tous n’ont pu s’accorder sur le choix final qui devrait donner lieu au vote du bureau comme le prévoit les textes nouveaux de la CEI. Alain Dogou (FPI.AFD) Bertin Ngoran Ganin (RPP. AFD), Anaky Jacob (MFA), L’abbé Boni Boni Martial (Eglise catholique. société civile) et Yoli Bi Koné Marguerite (ONG. Société civile) ont refusé de prendre part au vote en quittant la salle après 7heures d’intense discussion, ce vendredi. Les 12 restants ont quant à eux décidé de poursuivre les travaux jusqu’à son terme, travaux à l’issus desquels est sorti après votes, le bureau de la commission centrale qui suit :

Président : Youssouf Bakayoko

1er vice président : Sourou Koné

2e vice président : Gervais Coulibaly-Delinpelna

3e vice président : Auguste Mirémont

Secrétaire : Zanon Gogognon

Secrétaire adjointe : Alley Amlan Victoire.

Le fond des deux jours de discussion     

Après leur prestation de serment devant le conseil constitutionnel, il revenait au doyen d’âge de convoquer le collège de la commission centrale afin de procéder à l’élection de son bureau. C’est ce qui s’est fait le jeudi 4 septembre de 14h20 à 18h30.

Jeudi 4 septembre 2014.

Contrairement à l’annonce de l’ordre du jour « élection du bureau », les membres de la commission centrale, ont préféré débattre avant toute élection. « Il fallait d’abord débattre de la forme du bureau et des modalités de son élection » nous confiait une source proche de la commission. Seulement après 4heures de débats et pris par la fatigue, les membres de la commission centrale n’ont pu aller jusqu’aux votes, remettant cela pour le lendemain vendredi 5 septembre.

Vendredi 5 septembre

De retour à la table des discussions, le débat sur le consensus atour du schéma du prochain bureau de la CEI a continué.

Les membres de la nouvelle CEI étant désignés par groupements (RHDP, Opposition, Société civile, administration), il fallait décider par consensus quel groupement devrait postuler à quel poste (président ; 1er, 2e, 3e vice président ; Secrétaire ; Secrétaire adjoint). Avant de passer à un deuxième consensus sur les personnalités qui doivent postuler. Et comme il fallait s’y attendre, deux positions dominaient les débats.

Dans la première proposition de l’opposition, celle-ci réclamait la présidence, un poste de vice président et un poste de secrétaire. Pour le pouvoir, l’opposition pouvait tout obtenir sauf le poste de président. Après un tour de table où chaque commissaire pouvait prendre la parole pour un temps indéterminé pour défendre l’une des deux positions, il est apparu que c’est bien la position des partis au pouvoir (majoritaire au sein de la CEI) qui prit le dessus. Ce qui engendrera un premier blocage sur le premier consensus. Face à cela, l’opposition propose que soient suspendus les travaux pour reprendre dans une semaine. Là encore, elle sera mise en minorité et la majorité des commissaires décidera de la poursuite des discussions.

Toujours sur le premier consensus concernant la répartition des postes par groupement, l’opposition, qui a compris qu’elle ne pouvait pas obtenir le poste de président, a proposé que celui-ci soit octroyé à la société civile avant de négocier à peine pour elle-même le poste de 1er vice président. Mais là encore elle sera mise en minorité par les partis au pouvoir. L’opposition qui venait donc de perdre le poste de président et de 1er vice président, n’a d’autre réaction que de claquer la porte de la CEI sans même attendre que soit discuté le deuxième consensus, concernant les personnalités qui devaient occuper ces postes.

La grosse erreur de l’AFD ou du FPI

Le FPI et ses alliés de l’AFD (alliance des forces démocratiques) savaient très bien qu’ils n’obtiendraient pas la présidence. Seulement, ont-ils voulu pousser le pouvoir d’Abidjan à la faute, semble se vanter un cadre du FPI dont nous taisons le nom pour l’instant. « Nous avons gagné en perdant. Cette fois, ce n’est plus le FPI seul qui sort, mais avec d’autres partis. Cela nous conforte dans notre position d’avoir une CEI consensuelle » s’est-il exprimé.

Dans une déclaration rendue publique le vendredi 5 septembre vers 11h, bien avant la tenue de la deuxième rencontres des commissaires centraux, l’Alliance des Forces démocratiques (AFD) faisait une révélation de taille : «  l’Alliance a eu les 2 et 3 Septembre 2014, deux (2) réunions avec le ministre de l’intérieur, au cours desquelles un accord a été obtenu autour d’un schéma mais aussi une divergence constatée   notamment  sur le nom de la personnalité qui va présider la Commission électorale indépendante ; Au cours des discussions, l’Afd a fait une concession majeure, en renonçant à son exigence de présider la Cei, au profit d’une personnalité consensuelle, rejetant  ainsi le principe d’un vote mécanique. »

Ainsi dit, pour l’AFD, (qui parle ici en son nom et non au nom de toute l’opposition), il n’était point question de procéder à un vote « mécanique » ni des groupements pour des postes, ni des personnalités qui devaient les occuper. Pour elle, le consensus réclamé était de se mettre d’accord sur quel groupement à quel poste et voir par la suite qui devait occuper ce poste sans passer par la voie des urnes. Ce qui était en contradiction avec les articles 9 et 10, des textes nouveaux de la CEI : « Art.9. Le président de la CEI est élu par la commission centrale parmi ses membres pour une durée de six ans ». « Art.10. Les vices présidents, le secrétaire et le secrétaire adjoint sont élus pour une durée de trois ans, renouvelable une fois, par la commission centrale parmi ses membres ».

La question que se posent plusieurs observateurs, c’est en quoi une négociation entre le ministre de l’intérieur (non membre de la CEI) et l’AFD, engage-t-elle les membres de la commission centrale ? Deuxième interrogation, pourquoi, alors que l’AFD était consciente qu’elle n’obtiendrait rien depuis le premier jour, celle-ci en pondant une déclaration qui décrivait l’atmosphère des débats, a décidé de revenir sur la table des discussions, alors qu’elle pouvait faire ce constat sans participer aux travaux.

Troisièmement, si l’AFD obtenait gain de cause sur ses propositions, à savoir que la présidence revienne à la société civile et le poste de 1er vice président à elle, allait-elle renoncer à un vote pour consolider ces choix ?

Enfin, pourquoi est-elle sorti alors que le débat sur le deuxième consensus (personnalité) n’avait pas encore été abordé, comme elle-même le suggère dans sa déclaration ?

Le FPI a-t-il tiré les leçons de 2003 ? 

Cette sortie fracassante du FPI nous rappelle l’année 2003, toujours concernant sa participation à l’ancienne CEI. On se souvient le FPI, parti au pouvoir à cette époque, avait claqué la porte de la CEI sous Beugré Mambé contestant une CEI déséquilibrée. La cour suprême avait prononcé la dissolution de la CEI d’alors. Malheureusement, cette décision de la cour suprême n’a jamais été prise en compte. Finalement, il a fallu que les 4 grands (Gbagbo, Ouattara, Bédié, Soro) se retrouvent à Yamoussoukro pour que le chef de l’état d’alors, Laurent Gbagbo, prenne l’article 48, pour créer un poste de 4e vice président de la CEI et qui sera pourvu par le FPI, parti au pouvoir. Le RHDP réuni au sein du G7 ayant la majorité à la CEI, la suite est connue de tous.

Avec cette attitude du FPI, sommes-nous sûr que l’actuel président de la république, va-t-il user du même article 48 pour créer un poste de 4e vice président à octroyer au FPI ? Sinon par quelle alchimie allons-nous remettre en cause ce vote du bureau de la nouvelle CEI sans remettre en cause tout le processus qui l’a fait naître ?

Enfin, que gagne le FPI et que perd le pouvoir d’Abidjan avec le boycott de la CEI, voire des prochaines élections de la part du FPI ?

L’instabilité au sein de l’AFD et du FPI 

Alors qu’elle avait claqué la porte de la CEI avec fracas le vendredi dernier, l’Alliance des forces démocratique s’est vite ressaisie. Selon le site « Alerte info » qui a rapporté ce lundi 8 septembre 2014 une déclaration de madame Danielle Boni Claverie, porte parole de l’AFD, celle-ci déclare : « L’alliance est prête à continuer au sein de la CEI et reste ouverte au dialogue, mais ne veut pas faire de la figuration…Le retour aux négociations n’est pas conditionné par le retrait de Youssouf Bakayoko car l’intransigeance n’est pas du côté de l’AFD ».

Mais de qui se moquent le FPI et ses alliés ? De leurs militants ou du peuple de Côte d’ivoire dans son ensemble ? Aussi qu’attend l’AFD au terme de la suspension de sa participation à la CEI ? Enfin, si telle que l’AFD a renoncé au poste de président (communiqué du vendredi) et ne semble plus contester l’actuel président Youssouf Bakayoko, alors que cherche-t-elle à obtenir si elle « ne veut pas faire de la figuration » ? Est-elle prête à occuper un poste de 4e vice président là où elle n’a pu obtenir le poste de 1er vice président, pour autant demandé ? Sinon quelles sont ses nouvelles conditions pour réintégrer la CEI ? 

Pourquoi l’église catholique ne peut pas réconcilier les Ivoiriens.

« L’église catholique aurait souhaité que tous les enfants de ce pays puissent se retrouver, s’entendre pour aller de l’avant. Dans la mesure où certains se sont retirés, il est bon que nous souhaitons que tous, on se retrouve autour d’une même table et qu’on puisse s’entendre pour aller de l’avant » dixit, l’abbé Boni Boni Martial.

Il faut rappeler que l’abbé Boni Boni est le curé de la paroisse d’Agboville. Il a été proposé à la CEI par Monseigneur Ziri, évêque d’Abengourou, président de la commission justice et paix de l’Eglise catholique de Côte d’ivoire. Selon une source proche des commissaires centraux, à défaut d’obtenir la présidence de la CEI, l’AFD aurait proposé que celui-ci soit octroyé au père Boni Boni Martial (Société civile). Seulement, si on comprend la proximité de ce curé avec ceux qui ont claqué la porte de la CEI, plusieurs questions nous viennent à l’esprit.

Première question : L’église catholique devait siéger quand tout est bon, ou bien avait-elle la responsabilité de faire en sorte que tout soit bon ?

Deuxième question : L’église catholique serait-elle sortie si la LMP ou le MFA seul avait claqué la porte ?

Troisième question : Si l’église catholique devrait revenir à la CEI, va-t-elle sortir si par exemple il y avait un blocage sur une question liée au listing électoral ?

Au vu de ce qui précède, peut-on affirmé qu’il existe vraiment société civile apolitique en Côte d’ivoire ?

Avec cette sortie du père Boni en pleine discussion, ne sommes-nous pas à même de penser que l’église catholique vient ici d’abandonner ses enfants ? Le rôle de l’église catholique était-il d’abandonner la prostituée ? Le curé a-t-il pigé la leçon du Christ, Jésus qui face aux lapidations de la prostituée a su la protéger ?

Enfin, que cache le silence des Evêques qui tardent à produire un communiqué pour justifier cette sortie de l’église ?

Philippe Kouhon (journaliste d’investigation)

(Africa Tv)

Mail: pkouhon@gmail.com

 

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