Enclavée depuis plus de 50 ans, la localité de Guéyo appelle le président Ouattara au scours

Enclavée depuis plus de 50 ans, la localité de Guéyo appelle le président Ouattara au scours

A l’évocation de Guéyo, plusieurs de nos compatriotes doivent certainement se donner un mal fou à localiser ce département. Eh oui, Guéyo est un département enclavé, perdu au fond de la brousse, sur le terrifiant axe Gagnoa-Sassandra. Une route infernale, rocailleuse, poussiéreuse, digne d’un véritable parcours du combattant. Un vrai calvaire vécu depuis plus d’un demi-siècle par les populations de Guéyo, cité cosmopolite où vivent en parfaite intelligence les Godié, Bété, Dida, Baoulé, Malinké, Sénoufo, Burkinabé etc. Guéyo, c’est la Côte d’Ivoire en miniature. Zone cacaoyère, ce département laissé à l’abandon depuis des lustres, ne bénéficie d’aucune voie d’accès viable permettant l’écoulement facile des produits agricoles.

Si la route précède le développement, on comprend aisément pourquoi Guéyo est dans une léthargie scandaleuse. Non loin de Gagnoa et naguère sous-préfecture rattachée à Sassandra, la cité cosmopolite devenue entre-temps département, fait désormais partie de la région de la Nawa, avec comme chef-lieu de région, Soubré, la nouvelle boucle du cacao. Malgré son changement de statut au plan administratif, Guéyo n’a pas vraiment évolué. Ce département aux allures de gros village, semble avoir été oublié par l’Etat de Côte d’Ivoire. Comment peut-il en être autrement quand on sait que depuis 1960, plusieurs régimes politiques se sont succédé sans que le bitumage de l’axe Gagnoa-Guéyo-Sassandra ou Gagnoa-Guéyo-Soubré ou encore Lakota-Guéyo, ne soit envisagé. Tout se passe comme si le département de Guéyo était frappé d’ostracisme. Face à ce qu’elles qualifient d’injustice institutionnelle, les populations sont amères. Elles ne comprennent pas pourquoi leur département est en marge du développement de la Côte d’Ivoire. Guéyo qui a besoin d’un véritable plan Marshall, réclame sa part d’émergence.

On le sait, Abidjan est en chantier. Les infrastructures, notamment routières, sortent régulièrement de terre ; les nombreux ponts, les multiples échangeurs, les routes à profusion, poussent un peu partout. L’intérieur du pays n’est pas en reste. En témoigne, la récente visite du chef de l’Etat dans la région du N’Zi, avec l’annonce du bitumage de l’axe Kouassi-Kouassikro-Bocanda et le renforcement de la route Dimbokro-Bocanda-Ananda. Sûrement que d’autres localités bénéficieront aussi de la générosité de la République. Pendant ce temps, Guéyo, la ville ( ?) poussiéreuse attend toujours ses premiers kilomètres de bitume. Monsieur le Président Ouattara, à quand le reprofilage des voies menant à Guéyo ? Monsieur le Président Ouattara, à quand le BITUMAGE des routes menant à Guéyo ? Des routes qui sont, en réalité, des chemins tortueux escarpés, aux collines abruptes, à la dangerosité légendaire. En effet, c’est tous les jours que les voyageurs défient la mort dans des mini-cars de fortune, communément appelés ‘’Badjan 22 places’’. Les conducteurs de ces véhicules de transport en commun se livrent à de véritables cascades en vue de dompter les voies rebelles, au grand dam des passagers apeurés, ballotés dans tous les sens et qui n’ont d’autre choix que d’implorer le Dieu Tout-Puissant pour arriver sains et saufs, à bon port. Inhalant à fond la poussière tout au long du voyage cauchemardesque, les « Pensionnaires de Air Guéyo » frôlent chaque jour la mort et s’exposent aux maladies pulmonaires et cardio-vasculaires. Et quand la pluie s’invite dans le voyage, c’est la catastrophe ! La boue fait la loi en faisant patiner dangereusement les ‘’Badjan 22 places’’, comme des jouets, des voiturettes hors de contrôle. Ames sensibles, s’abstenir ! Les accidents sont vite arrivés, avec leur corollaire de morts et de blessés graves. Les faits parlent d’eux-mêmes : Guéyo souffre terriblement. Guéyo est malade de son enclavement cinquantenaire, de ses routes ‘’chauves’’ désastreuses, de son château d’eau saturé, qui n’alimente qu’une partie de la ville. Bonjour donc les puits et toutes les maladies qui vont avec en plein 21e siècle ! Bienvenus à Guéyo, la ville-campement ! Pratiquement, tout est à revoir à Guéyo, qui ne dispose même pas d’un commissariat de police, censé permettre d’assurer la sécurité des biens et des personnes.

Le Ministre des eaux et forêts, Alain Richard Donwahi peut témoigner que Guéyo est à l’agonie, lui le président du conseil régional de la Nawa dont dépend le département sinistré. Il est tellement conscient que les voies d’accès à Guéyo sont de véritables dangers de mort permanents, qu’il les survole en s’y rendant en hélicoptère. Et si chaque habitant de Guéyo avait la chance d’avoir son propre hélicoptère ? « Trop beau pour être vrai », me diriez-vous. Alors, que le Ministre Alain Richard Donwahi ait l’amabilité d’inviter à Guéyo, son collègue en charge des infrastructures routières, le Ministre Amédée Kouakou afin qu’il vienne s’apitoyer sur le sort de cette localité abandonnée. Qui sait, peut-être que, par compassion, notre hôte de marque songera à concéder, enfin, quelques kilomètres à Guéyo ?

Plus sérieusement, les populations autochtones, allochtones et allogènes qui vivent un drame départemental appellent le Président Alassane Ouattara au secours en ces termes : « Monsieur le Président de la République, S.O.S, Guéyo se meurt. Nous avons attendu trop longtemps. Pensez à nous maintenant ; nous aussi, on veut ‘’manger’’ goudron ».

Que Dieu Tout-Puissant délivre Guéyo des forces occultes et des esprits rétrogrades. L’heure du développement a sonné !

Horo Gnoupalé

                                                                                                     Un cadre de la région

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