Enlèvements d’enfants : Les interpellations se poursuivent, la psychose grandit

Enlèvements d’enfants : Les interpellations se poursuivent, la psychose grandit

Près de mille personnes ont été interpellées depuis mercredi en Côte d’Ivoire dans le cadre d’une enquête sur des enlèvements et meurtres d’enfants dans le pays, a annoncé, lundi 2 février, le ministre de la défense, Paul Koffi Koffi. Depuis trois mois, la police a traité vingt-cinq dossiers concernant ces enlèvements, dont la plupart ont été suivis de meurtres et parfois de mutilations.

Les personnes interpellées sont « essentiellement des individus fréquentant les cybercafés et rôdant autour des écoles », a précisé le ministre lors d’une conférence de presse. Pour l’heure, les autorités n’ont pas établi de lien entre les différents enlèvements, mais le ministre de la défense a évoqué la piste de « cybercriminels » et d’une « filière de crimes rituels ».

Depuis mercredi, « près de cinq cent cinquante cybercafés non autorisés ont été fermés par la gendarmerie nationale sur l’ensemble du territoire », a ajouté M. Koffi Koffi, les autres doivent fermer leurs portes à 21 heures. L’Etat a déployé quinze cents agents des forces de sécurité autour des zones à risques, comme les écoles ou les forêts.

PSYCHOSE

La vague d’assassinats a créé une psychose dans le pays, et des alertes enlèvement très détaillées se multiplient par SMS ou sur les réseaux sociaux, où des appels au meurtre des « tueurs d’enfant » sont aussi diffusés. Paul Koffi Koffi a déploré lundi les « fausses rumeurs » qui ont conduit à plusieurs cas de lynchage et a appelé les citoyens à « garder leur sérénité ».

« Le phénomène est réel et inhabituel », s’était ému le général Bredou M’Bia, lors d’une conférence de presse vendredi 23 janvier. Le directeur général de la police nationale a ensuite précisé la manière dont les corps ont été retrouvés, « mutilés, avec la disparition de leurs parties génitales ou décapités ». Des informations qui laissent penser à des pratiques occultes, liées à la sorcellerie. « Il peut s’agir de sacrifices, explique une source policière proche de l’enquête. Les gens avaient besoin d’argent pour les fêtes, et nous sommes au début d’une année électorale. Il y a aussi le phénomène des brouteurs qu’il ne faut pas négliger. »

Les « brouteurs », des délinquants spécialisés dans les escroqueries sur Internet, sont désignés sans preuve par la population. « Ces criminels sont en majorité des brouteurs. Ces criminels ignobles, nous allons tous les arrêter et les mettre en prison », avait affirmé vendredi la ministre de l’éducation, Kandia Camara, reprenant à son compte les accusations populaires.

Les rumeurs les plus folles ont toujours circulé pendant les années d’élection en Côte d’Ivoire sur la disparition de personnes, notamment d’albinos, à des fins de sacrifices humains. Un scrutin présidentiel y est prévu pour le mois d’octobre.

Source : Le Monde

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