Enquête: A deux mois de la présidentielle, les ivoiriens entre le doute et la peur

Enquête: A deux mois de la présidentielle, les ivoiriens entre le doute et la peur

Le 25 octobre 2015, les Ivoiriens, sauf changement de dernière minute, iront élire leur président de la République. En attendant ce moment fatidique qui, à en croire de nombreux observateurs, est loin d’arriver, tellement les signaux sont alarmants, la psychose s’empare de la population.

Une population qui paie l’incapacité du régime actuel à assurer la stabilité. Tellement les viols, agressions, assassinats et autres infractions sont perpétrés au vu et au su des tenants du pouvoir qui sont impuissants fasse à cette monté de violence à deux mois des échéances électorales.

De Marcory à Adjamé, Yopougon, en passant par Plateau et Cocody, nombreux sont ces Ivoiriens qui ne veulent pas entendre parler d’élection. Pour eux les priorités sont ailleurs. « Il faut assurer la sécurité des Ivoiriens, c’est la priorité. Comment aller voter si on doit nous découper à la machette? », s’interroge dame Ouattara K. rencontrée à quelques encablures du grand marché de Marcory. Pour cette militante de première heure du Rdr, la désillusion est d’autant plus grande car comme l’huile qui remonte à la surface de l’eau, elle constate amèrement que son mentor Alassane Ouattara ne maitrise pas la situation. « C’est vraiment désolant, vivre constamment dans la peur, l’inquiétude n’est pas chose aisée », soupire-t-elle.

Comme elle, Solange Kouassi, esthéticienne de son état vivant dans la commune de Koumassi, dit douter d’une quelconque tenue des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. « Les signaux que nous avons là, ne sont guère rassurants. On ne peut aller aux élections dans un contexte mi- figue mi-raisin où l’insécurité inquiète. Sur les antennes de la télévision nationale, on nous fait croire que tout va bien, pourtant dans les rues, les microbes font leur loi. Le pays va mal », s’alarme t- elle. La situation est tellement insoutenable que certains Ivoiriens préfèrent ne pas penser au 25 octobre 2015 pour disent-ils « éviter de faire un infarctus».

D. Koné enseignant dans une grande école de la place, explique que les priorités étant ailleurs, la date du 25 octobre ne devrait en aucun cas être prise en compte. Car argumente-t-il, « Aucune élection ne peut se tenir dans des conditions que nous savons tous ». À en croire cet enseignant, le gouvernement devrait plutôt se préoccuper du bien être des populations en s’assurant que chaque Ivoirien mange à sa faim. « Ne donne pas ta voix à la pauvreté, à la mendicité, à la corruption, au chômage, à la tricherie, à l’insécurité, scandaient-ils en 2011, résultat, nous sommes tombés plus bas que terre. Tous ces maux ont pignon sur rue en Côte d’Ivoire » se lamente-il. Avant d’affirmer que comme lui, nombreux sont ceux qui estiment que ce régime joue un jeu trouble en voulant installer coûte que coûte le désordre en Côte d’Ivoire.

Pour étayer ses dires, D.K évoque la thèse de la transition qui fait son bonhomme de chemin depuis un moment. « Ouattara n’est pas éligible. Il le sait, les hommes de droit le savent, de même toute la communauté internationale. Au cas où il serait écarté du jeu politique comme on l’entend dire depuis peu, ses hommes et lui auraient décidé de faire vivre l’enfer aux Ivoiriens. Raison pour laquelle nous assistons à une recrudescence de la violence ces derniers jours. Le déferlement des microbes sur l’étendue de la ville d’Abidjan n’est que la face visible de l’iceberg », relate notre interlocuteur.

Pas de quoi à rassurer les populations vivant déjà dans la terreur. Même si parmi elles certaines croient encore à un revirement de la situation malgré les signaux qui ne sont guère rassurants. C’est le cas de Fatou Sangaré rencontrée à Adjamé non loin du Forum. Elle préfère s’abreuver des paroles du mentor du Rdr qu’elle répète à tout vent. Pour elle, « l’indice de sécurité en Côte d’Ivoire est semblable à ceux des grands pays du monde. Partout il y a l’insécurité et le gouvernement à mon avis s’emploie à assurer la stabilité. Ce n’est pas facile, le régime en place a hérité d’un pays défiguré, cela prendra le temps qu’il faudra mais petit à petit les choses rentreront dans l’ordre », se convainc-t-elle. En attendant ces moments de grâces que tous espèrent, les Ivoiriens eux, vivent dans l’inquiétude totale, déboussolés et sans repère qu’ils sont.

Noura Kamagaté, pour eburnienews.net

_________

NB: Il est permis de reprendre nos articles sous condition d’en préciser la source

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE