Enquête sur des voyages de Sarkozy payés par son ami Stéphane Courbit

Enquête sur des voyages de Sarkozy payés par son ami Stéphane Courbit

La justice enquête sur trois voyages en jet privé effectués par Nicolas Sarkozy et facturés à la société d’un de ses amis, Stéphane Courbit.

Des différentes affaires qui menacent actuellement Nicolas Sarkozy, c’est sans doute la plus méconnue : suite à l’ouverture en décembre dernier d’une information judiciaire, des juges du pôle financier de Paris enquêtent actuellement sur trois vols en jet privé de Nicolas Sarkozy en 2012 et 2013, facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit.

Ce dernier assure que lui et Nicolas Sarkozy étaient alors impliqués dans un projet de fonds d’investissement- ce qui justifierait ces factures- mais la justice le soupçonne d’avoir fait une faveur à l’ancien président.

Une facture totale de plus de 300000 euros

Ces vols ont été effectués dans trois jets différents en partance du Bourget, à destination de Doha (Qatar), où l’ex-président de la République s’est rendu le 9 décembre 2012 pour un forum international sur le sport, des Etats-Unis le 30 janvier 2013 et en février 2013 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis). D’après une source proche du dossier, les factures saisies par les enquêteurs montrent que le premier vol a été facturé 102.000 euros par la société de transports aériens SNHTS à Lov Group, le deuxième 95.000 euros et le dernier 104.000 euros.

C’est en enquêtant sur une toute autre affaire, baptisée Air Cocaïne, et visant justement l’entreprise SNTHS qu’une juge marseillaise était tombée par hasard sur ces trois vols suspects. Parmi les documents découverts lors d’une perquisition dans cette société, les enquêteurs avaient saisi dix factures adressées à Lov Group, dont trois concernent les vols en jet privé de Nicolas Sarkozy. Le parquet de Marseille s’était dessaisi de ces éléments et les avait transmis au parquet de Paris.

De l’expertise à l’information judiciaire

A l’automne dernier, un expert avait été chargé par la justice de décrypter ces 3 voyages. Son expertise a dû être probante puisque le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 19 décembre pour abus de biens sociaux, complicité et recel, au préjudice éventuel de la société Lov Group de Stéphane Courbit. L’abus de bien social punit le fait pour un dirigeant de faire avec sa société et de mauvaise foi des actes contraires à l’intérêt de celle-ci, dans un but personnel ou celui d’une autre société dans laquelle il a un intérêt.

En septembre, l’avocat de Stéphane Courbit, Christophe Ingrain, avait justifié ces trois voyages par le projet de son client de créer un fonds d’investissement dans lequel Nicolas Sarkozy était impliqué. Selon des courriels, des échanges ont eu lieu entre l’entourage de Nicolas Sarkozy et des responsables qataris au sujet de Columbia. Mais ce projet avait été abandonné après la mise en examen pour abus de faiblesse de Stéphane Courbit dans l’affaire Bettencourt, avait expliqué l’avocat.

L’enquête sur ces vols s’ajoute aux nombreux dossiers judiciaires qui embarrassent l’ex-chef de l’Etat, revenu en politique fin 2014 en prenant la tête de l’UMP. Plusieurs enquêtes sont déjà ouvertes en lien avec la présidentielle de 2012. Parmi elles, l’affaire Bygmalion, un vaste scandale de fausses factures qui auraient servi à masquer un dépassement très important des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy. Ou celle des pénalités adressées après la campagne au candidat Sarkozy par le Conseil constitutionnel mais payées par l’UMP. Dans ces deux dossiers, l’ex-président n’a pas été entendu mais l’ancien patron de l’UMP Jean-François Copé a été mis en examen pour abus de confiance dans le dossier des pénalités.

Dans un autre dossier, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption active, trafic d’influence actif et recel de violation du secret professionnel. Les juges le soupçonnent d’avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d’obtenir des informations couvertes par le secret sur la procédure Bettencourt, en promettant à un haut magistrat d’agir pour sa carrière. Mais cette enquête a été suspendue en attendant l’examen de requêtes en nullité de la procédure.

Source: leparisien.fr

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