Entre ses forêts et son cacao, la Côte d’Ivoire peine à trancher

Entre ses forêts et son cacao, la Côte d’Ivoire peine à trancher

Dans l’ouest ivoirien, une cohabitation sous tension (3/5). La région abrite de nombreuses zones protégées où vivent des milliers de planteurs sous la menace de « déguerpissements ».

Deux sœurs traversent un paysage de désolation en se tenant par la main. Arrivées à leur but, Natacha, 18 ans, donne des consignes à Alida, de quatre ans sa cadette : « Regarde sous ce tas de pierres, il y avait notre cuisine ici, on pourra peut-être retrouver des choses utiles et les rendre à maman. » Alida s’exécute et extirpe de sous les débris une grande mouvette en bois.

Autour d’elles, des ruines, partout, comme si une tornade était passée par là. Il ne reste plus rien ou presque de leur village, Jean-Claudekro, situé dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Fin janvier, le bourg a été « rasé par des gros Caterpillar », précise Natacha, le regard encore hagard : « Des hommes sont arrivés un matin, ils ont tiré en l’air avec leur fusil et nous avons fui. Quand nous sommes revenus, le village n’existait plus. »

Avant sa démolition, ce village où vivaient un millier de personnes comptait une école, un centre de santé, trois églises, une mosquée, une boutique Orange Money, quelques maquis et, en période électorale, un bureau de vote. Rien qui ait pourtant dissuadé les agents de la Société de développement des forêts (Sodefor), l’entreprise publique chargée de la préservation des forêts ivoiriennes, de venir le détruire.

« C’est tellement hypocrite »

Ce funeste destin, Jean-Claudekro le doit à sa particularité géographique. Il est l’un des 36 villages nichés au cœur de la « forêt classée » du Scio, une vaste surface de 88 000 hectares du grand ouest ivoirien. Cette région abrite une bonne partie des 232 forêts classées nationales ; des espaces pensés à l’origine pour être vierges de toute activité humaine.

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Or à Jean-Claudekro comme dans les autres campements, les habitants sont tous là, depuis des décennies, pour la même raison : le cacao. Pourtant interdite dans ces zones, la culture de la cabosse est l’activité principale de centaines de milliers de travailleurs, venus des quatre coins de la Côte d’Ivoire autant que des pays voisins, qui ont largement contribué au « miracle ivoirien ». Selon la Banque mondiale, « l’or brun » occupe près de 5 millions de personnes (sur environ 25 millions d’habitants) et représente 15 % du PIB ivoirien et plus de 40 % de ses exportations. Une ressource clé pour le pays, premier producteur mondial, et à ce titre un enjeu de taille pour les candidats à l’élection présidentielle d’octobre.

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