Entre-temps, le roi bronze

Entre-temps, le roi bronze

Une trêve humanitaire déclarée unilatéralement dans un conflit armé peut être compatible avec des frappes aériennes sur l’ennemi. Cet «extra» est l’œuvre de la coalition constituée par l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Emirat arabes unis, rejoints par l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan, une partie du «monde arabe» liguée contre le pauvre Yémen, un autre pays arabe où le seul rêve des habitants, en ce moment, est un arrêt des combats qui permettrait de leur faire parvenir l’aide alimentaire et autres produits de première nécessité, comme les médicaments dont ils ont cruellement besoin.
Quatre mois sont passés, depuis le 26 mars, premier jour de raids quotidiens effectués par cette coalition contre les Houthis, dans une guerre qui approche les 2 000 morts et a fait déplacer un million de personnes. La trêve est fictive et la guerre bien réelle, comme la pause que s’est offerte le roi d’Arabie Saoudite, Salmane Ben Abdelaziz Al-Saoud.
Depuis le 26 juillet, quatre mois donc, exactement, après le début des raids sur le Yémen, il passe des vacances dans une résidence sur la Côte d’Azur en France. Lui et la «suite» d’un millier de personnes qui l’accompagnent, ne manqueront de rien et ils ne risquent pas d’être dérangés par les échos de cette guerre.
Même le bruit du voisinage ne leur parviendra pas, la France républicaine ayant décidé de privatiser la plage publique et d’interdire, pendant la durée du séjour royal, son accès aux aoûtiens français sommés d’éviter jusqu’à la navigation, au large de ce bout de Côte d’Azur.
La pétition signée par des dizaines de milliers de mécontents n’empêchera pas un coin de l’Hexagone de devenir une enclave saoudienne cet été, dans le pays où le client est roi. Il y en a d’autres qui se frottent les mains parmi les commerçants du coin et dans les casinos, en voyant arriver cette race de flambeurs venus jeter des pétrodollars qui auraient été bien utiles à leurs frères de religion.
Mais l’hypocrisie des monarques saoudiens permet tous les pêchés. Y compris celui de détruire le plus veux Coran au monde (voir article par ailleurs*).
Par Kamel Moulfi

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