Essy Amara veut lutter contre la pauvreté et non humilier les pauvres

Essy Amara veut lutter contre la pauvreté et non humilier les pauvres

« Avant d’éblouir le peuple en lui promettant de l’eau chaude, il faut donc lui fournir des récipients pour la recueillir » (Alphonse Allais)

De 1950 à 1960, la Côte d’Ivoire a connu un rythme élevé de la croissance économique (de 1950 à 1960, le taux de croissance du produit intérieur brut a été de 7% à 8% par an ; à partir de 1961 il est passé à environ 11%). En Côte d’Ivoire, les gouvernements se succèdent mais la situation des jeunes ne change pas. Ils sont toujours nombreux à être au chômage, à manquer de formations, à rechercher leur premier emploi.

La vie est devenue de plus en plus pénible et rien de concret ne semble être fait pour atténuer la souffrance des populations. Nous constatons la flambée des prix de l’essence, du gaz, du riz, du lait et de divers autres produits. Incapable de donner des explications crédibles, le gouvernement demande aux Ivoiriens de se conformer aux lois économiques. Parfois même, le régime Ouattara semble se tromper de cible en menant une lutte farouche contre les pauvres. Cette attitude est vraiment étrange car la pauvreté ne s’achète pas dans une boutique ni un état voulu.

Sous Ouattara, la macroéconomie est sans rapport avec le bien-être des Ivoiriens

Une enquête sur le niveau de vie des ménages (Hlss) effectuée en 2008 a révélé que la pauvreté absolue s’est encore accentuée, atteignant un taux de 49 %. Selon ces données, le taux de pauvreté était passé de 10 % à près de 50 % entre 1985 et 2008. Depuis cette date, rien n’est fait pour endiguer cette pauvreté.

Depuis 2012, le régime actuel enregistre des taux de croissance positifs, de l’ordre de 8% l’an, sans un réel impact sur les populations. Ce qui est en cause, c’est l’orientation de la politique économique du pays ces dernières années. Celle-ci est fondée sur le principe qu’un environnement favorable au marché attirerait suffisamment d’investissements privés pour entraîner une hausse rapide de la production qui créerait, à son tour, automatiquement des emplois de qualité en nombre suffisant. Austérité macroéconomique et libéralisation rapide à outrance, privatisation et déréglementation, sont autant de mesures prisées en application de cette politique du marché. Les faits montrent que ce modèle n’est pas viable pour l’emploi car malgré les niveaux de croissance élevés l’emploi ne suit pas.

Les dépenses en faveur des pauvres sont passées de 7.8 % du PIB en 2010 à 10.0 % en 2011 et 7.9 % en 2012 (contre une prévision de 7.8 % du PIB dans le PEF). Le taux d’épargne brute a baissé, passant de 14,9% à 9,3 % du PIB, de 2011 à 2012.

Cette faible sensibilité de la croissance à l’emploi tient au fait que l’accent est mis sur une croissance tirée par les exportations conjuguée à des politiques d’attraction des IED, ce qui fait que ces investissements s’orientent essentiellement vers l’industrie extractive – extraction minière, électricité, gaz, eau – essentiellement capitalistiques, avec peu de retombées sur l’emploi, aux dépens des activités industrielles manufacturières plus créatrices d’emplois. D’où l’illusion d’une embellie économique et sociale sur fond de chômage persistant, de sous-emploi généralisé et de pauvreté rampante.

Quelques propositions du candidat ESSY AMARA

Or, la pratique des monopoles, l’instauration de nombreuses taxes et l’absence de contrôle expliquent en grande partie la flambée des prix de produits de premières nécessités.

Premièrement, nous allons lutter contre la pauvreté et non les pauvres

Le principal objectif du pays était de ramener l’incidence de la pauvreté de 48.9 % en 2008 à 33.6 % en 2013 pour tomber à 16.0 % à l’horizon 2015. Mais le gouvernement actuel a échoué dans la mesure où près de 50% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

Au lieu de faire de la macroéconomie, nous allons nous attaquer à la pauvreté et non aux pauvres. Nous prenons l’engagement ferme de réaliser l’OMD visant à ramener le taux de pauvreté à 12% initialement prévu pour 2015 en 2020.

Nous prendrons un ensemble de mesures déclinées comme suit :

  • Les aides financières provinciales à la fourniture de manuels et de fournitures scolaires de base ;
  • Les aides par la mutuelle d’assurance-maladie à la fourniture de médicaments spécifiques (paludisme, …) ;
  • Les aides financières provinciales des frais d’accouchement dans les hôpitaux publics ;

Deuxièmement, nous allons améliorer les indicateurs sociaux de base.

Le taux de couverture en eau potable sur Abidjan est de 82 % et de 75 % sur l’ensemble du territoire national. Le reste de la population consomme l’eau de puits privés, celle distribuée par des vendeurs d’eau informels, ou encore celle des rivières ou autres sources d’eau non hygiéniques.

Les Ivoiriens vivent régulièrement dans le noir. Pendant que le pays fournit de l’électricité au Burkina Faso, au Togo, au Bénin, au Ghana, à la Guinée, au Mali, au Liberia et à la Sierra Léone, pendant que les Ivoiriens s’habituent au délestage. Non seulement le taux d’accès à l’électricité est faible, de l’ordre de 28% en Côte d’Ivoire mais également le coût de branchement est élevé (coût de branchement qui oscille entre 100.000 et 150.000 Fcfa).

Selon la CIE, pour atteindre un taux de couverture de 100% avant 2030, il faudra passer à un rythme de branchement de 250.000 à 300.000 par an. Il faut mobiliser 30 milliards de Fcfa chaque année. Les Ivoiriens ne comprennent point cette situation alors que les scandales de détournement de fonds alimentent tous les jours l’actualité. En effet, la production globale de l’électricité en Côte d’Ivoire estimée à près de 2.000 mégawatts n’est toujours pas suffisante pour couvrir toutes les demandes.

Troisièmement, nous engagerons une lutte contre la vie chère

Nous poursuivrons la campagne pour l’affichage des prix afin de contrôler leur évolution. Il faudra également doter la Commission de la concurrence des moyens adéquats pour la mise en œuvre de ses missions.

En outre, nous mènerons une lutte contre la corruption. En effet, plus de 50% des marchés publics sont passés de gré-à-gré. Cette pratique doit changer pour que la concurrence soit profitable aux populations.

Nous réviserons les taxes appliquées aux produits importés entrant dans le panier de la ménagère.

Notre gouvernement s’évertuera à promouvoir la politique de l’emploi. Et cela passe par une amélioration du climat des affaires et l’exhortation des entreprises étrangères exploitant les ressources minières et pétrolières à faire la sous-traitance avec les petites et moyennes entreprises (Pme) ivoiriennes. Il est connu que le secteur informel, comprenant des micro-entreprises, la production des ménages et les activités non officielles, absorbe la force de travail urbaine qui augmente et sert de filet de sécurité sociale.

Quatrièmement, nous allons encourager la création d’emplois décents aux Ivoiriens

Notre politique de l’emploi se structure autour de trois axes complémentaires. Dans le premier axe nous configurerons l’emploi comme la variable de décision clé de nos politiques économiques et sociales de manière à maximiser le contenu en emploi de la croissance, en nombre et en qualité.

Dans le deuxième axe, nous institutionnaliserons des politiques ciblées du marché du travail afin d’agir directement à améliorer le rendement du marché du travail et à renforcer par-là les résultats d’emploi de la croissance. La croissance en elle-même n’est pas une fin en soi. Elle peut bien générer des emplois sans que les actifs aient les qualifications, les compétences et les expériences requises pour y accéder.

Le troisième axe porte sur la capacitation institutionnelle à suivre l’évolution et la politique nationale de l’emploi, identifier et connaître des problèmes émergents, formuler, décider et appliquer les mesures entre les niveaux des politiques du marché du travail, des politiques macroéconomiques et sociales, des politiques sectorielles de développement, d’une part, et entre les niveaux national, régional et local, d’autre part.

PRAO YAO SERAPHIN, MNSEA

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