Et si Ouérémi Amandé bénéficiait aussi de la liberté provisoire ?

Et si Ouérémi Amandé bénéficiait aussi de la liberté provisoire ?

Avant le 18 mai 2013 il y a un peu plus d’un an, jour de son arrestation, beaucoup d’encre avait coulé sur le compte du ‘’ Seigneur du Mont Péko’’, Ouérémi Amandé, de son vrai nom, Ouedraogo Rémi. Arrivé dans la région de Duékoué, où il a déposé ses valises dans le village de Bagohouo, cet illustre inconnu a pu faire parler de lui.

Pourquoi ? D’abord réparateur de vélos, il se reconvertit en planteur depuis 2002 dans la forêt du Mont Péko qu’il a appris à connaître et à maîtriser. Au début de la crise de 2002, devant les exactions que subissaient ses compatriotes et autres ‘’ étrangers’’, il décide de se défendre. Il rassembla autour de lui tous les planteurs de la zone pour organiser leur propre défense. Avec la crise, une étiquète est vite trouvée à ses planteurs qui ne demandaient qu’à se défendre. Miliciens. Naquit la légende Ouérémi Amandé.

Aujourd’hui sous les liens de la détention, il est accusé par des ONG internationales : « Amadé Ouérémi est soupçonné d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en mars 2011, durant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, crise qui a fait quelque 3.000 morts dans le pays ». Soit, en attendant un jugement ‘’national’’. Au nom de la réconciliation nationale, le gouvernement a libéré plusieurs personnes soupçonnées d’avoir pris une part active dans la crise, dont Pascal Affi N’guessan, Président du FPI et a décidé de libérer 150 autres prisonniers pro-Gbagbo et de dégeler les comptes de 50 personnes du même camp. Au nom donc de cette même réconciliation, il serait bien que le gouvernement libère Ouérémi Amandé. Ce planteur burkinabè qui, jusqu’à un rendu de justice, n’a fait que de la légitime défense face à ceux qui désiraient les exproprier, lui et les siens, de leurs plantations. Il faut rappeler que ce dernier et ses hommes ont été longtemps, la cible des miliciens pro-Gbagbo avant la conquête de leur zone par les FRCI. Souvenons-nous de cette fameuse phrase de campagne « Si je suis élu, vous vous récupérerez vos terres et vos plantations ».

Ouérémi, ce planteur devenu combattant par la force des choses, n’a pas d’avocats ni de militants pour défendre sa cause. Que disent les ONG des pro-Gbagbo, ces ONG qui présentent Amandé comme un redoutable sanguinaire ? Pourtant de nombreuses exactions ont été commises dans ce pays, à Abidjan-Cocody, face à la RTI, sur les voies menant au Golf Hôtel jusqu’à Abobo, le quartier martyr. Lors de son arrestation, selon les informations parvenues, Ouérémi Amandé n’avait pas opposé de résistance aux forces républicaines. Donc il n’eut pas mort d’homme. Son crime serait-il donc d’avoir occupé la forêt classée du Mont Péko ? De se défendre contre les miliciens qui voulaient les y déloger afin de s’approprier leurs plantations ? En attendant que les responsabilités soient situées, Ouérémi Amandé, tout comme les pro-Gbagbo, devrait bénéficier de la liberté provisoire. Au nom de la réconciliation nationale.

Ange Joëlle Ekissi 

Source: lementor.net

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