Extradition de Compaoré : « On ne peut pas dire que la Côte d’Ivoire ne va pas accepter », assure Chériff Sy

Extradition de Compaoré : « On ne peut pas dire que la Côte d’Ivoire ne va pas accepter », assure Chériff Sy

L’invité de la rédaction de ce 4 janvier 2016 est l’ex président du Conseil national de la Transition (CNT) Chériff Sy. Avec lui il est question du bilan de la transition politique survenue au Burkina Faso mais aussi d’autres questions d’actualité.

Nous sommes au terme d’une transition et vous avez dirigé le Conseil national de la Transition. Quel bilan faites-vous de ces moments, êtes-vous satisfaits  de tout ce qui s’est déroulé ?

Oui, globalement je suis satisfait parce que je crois que nous avons travaillé beaucoup. Nous avons pu quand même voter 110 lois, une trentaine de résolutions. Nous avons mis en place une commission d’enquête sur les fraudes fiscales. Cela fait quand même beaucoup de choses. A titre de comparaison, aucune législation n’a pu faire cela.

Quelles sont les réformes qui vous tiennent véritablement à cœur aujourd’hui ?

Je le dis tout de droit, toutes les lois me marquent. Prenons par exemple la loi sur la prévention et la répression de la corruption. Particulièrement pour cette loi, comme nous y tenions sérieusement et nous avons consacré 0,1% du budget national à la structure chargée de sa mise en œuvre. Cela va dire que cette structure qui est la ASCE/LC va véritablement avoir tous les moyens et toutes les ressources nécessaires pour pouvoir traquer la corruption. Il n’y a aucune loi qui est mauvaise.

Vous pensez que la Côte d’Ivoire va accepter extrader Blaise Compaoré facilement ?

A priori, on ne peut pas dire que la Côte d’Ivoire ne va pas accepter à moins de créer des crises diplomatiques. Je ne vois pas pourquoi elle n’accepterait pas de la faire.

Vous avez parlé de toute cette  transition et vous ne parlez pas de votre « résistance » avec le putsch des 16 et 17 septembre. Quelle remarque faites- vous en tant que « président résistant » ?

Je n’en fais pas un problème particulier. Il s’est trouvé à un moment donné de l’histoire de mon peuple et comme chaque fois que j’ai été dans cette situation, il fallait que je prenne mes responsabilités. Je l’ai prise.

D’autres années avant et ce n’est pas pour faire l’historique de ma vie militante qui étaient peut être plus dangereuses que celles-là  mais j’ai eu à prendre d’autres responsabilités. Mais ce dans quoi je ne voudrais pas verser c’est que je ne voudrais pas avoir la « grosse tête ».

Peut être que j’ai galvanisé les uns et les autres mais ce n’est pas Chériff Sy lui seul, en tant qu’individu, qui a débloqué la situation. Il a fallu que cette jeunesse intrépide, cette jeunesse formidable que nous avons, s’est engagé au rejet de ce coup mettan en avant sa poitrine.

Il a fallu que nos forces armées nationales prennent leurs responsabilités. Nous avons été en contact de jeunes officiers et Dieu seul sait les gymnastiques qu’ils ont eu à faire pour pouvoir arriver à Ouagadougou.  Donc, c’est chacun qui a apporté sa contribution pour la résolution de cette crise. Mais comme dans tout mouvement il y a une figure phare, cette figure phare n’a pas d’existence ou ne peut s’illuminer s’il n’y a pas tout cela derrière.

Je peux vous rassurer tout le travail formidable qui a été fait par certains activistes de la société civile, par les forces armées nationales. Je vous donne un exemple. Quand le coup se faisait avec nos camarades et amis militaires, ils ont décidé qu’il fallait monter  sur Ouagadougou. Je prends par exemple le cas de Dédougou. Vous saviez combien de Kalachnikov nous avions à Dédougou ? Quinze.

Dans la caserne de Dédougou ?

Dans tout Dédougou nous n’avions que quinze Kalachnikov. Pour vous donner simplement une anecdote, il a fallu jouer une grande gymnastique pour qu’ils puissent avoir  quelques armes en plus pour pouvoir oser venir sur Ouagadougou, pour vous dire comment était le régime précédent du président Compaoré. Quand on vous dit qu’ils ont démuni toutes nos unités d’armes il faut bien le croire. Vous devez comprendre aussi quelle était parfois les difficultés de nos force de défense et de sécurité de réagir par rapport à certaines situations. Ce n’est pas la volonté qui manquait forcement.

Que fera Chériff Sy après cette transition ? Certaines presses vous annonçaient comme ambassadeur à Bamako. Vous confirmez ?

Il faut que nous continuions à faire beaucoup attention dans l’exercice de notre métier et  ne pas raconter n’importe quoi. Je n’ai pas cherché à être ambassadeur nulle part et personne ne m’a proposé un poste d’ambassadeur. Je vais vous le dire directement. Ce n’est pas la peine de tourner. Maintenant qu’est-ce que je vais faire après la transition, je commencerai à répondre qu’est-ce que je faisais avant la Transition. Quarante-huit heures avant d’être au CNT, je ne savais pas que j’allais être au CNT  et mieux que je serai président du CNT.

Donc avec l’expérience que j’ai ici certainement que je vais m’enrichir, encore en terme de connaissance et que mon horizon de consultance va s’ouvrir, encore plus et que je ne manquerai pas de le faire. Il est évident qu’avec l’expérience que j’ai suivie ici, il y a des organisations, il y a des ONG qui vont m’approcher pour que je puisse partager cette expérience.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso

Source: omegabf.info

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