Face à la menace de son isolement par le  RDR, Soro Guillaume se  construit son village électoral pour 2020 (Par Hervé Makré)

Face à la menace de son isolement par le RDR, Soro Guillaume se construit son village électoral pour 2020 (Par Hervé Makré)

«Soul to Soul est en prison, ça nous fait mal, mais c’est un militant», déclare Kigbafory  Soro Gullaume, à l’association d’anciens responsables de la fédération étudiantes et scolaire de Côte d’Ivoire. Une déclaration chargée de tout son sens. Tout en faisant observer que chaque membre du groupe a choisi sa voie politique et «chacun assume ses positions idéologiques et politiques»,  il envoie  un message à deux destinataires : ceux qu’ils courtisent, et au RDR.

En ce sens qu’en arrière-plan et en dessous, il faut simplement attendre ceci : «Vous pensez certainement que le  pouvoir m’aime ! Mais voyez-vous, je suis traqué comme l’opposition. Donc reconnaissez-vous en  moi, même si je suis RDR». Il  surfe sur  la conjoncture sociopolitique dominée par la peur d’un lendemain dépourvu de  risques.  Les membres  de ce regroupement qui dit-on aurait pour but la «solidarité» entre les anciens ‘’Fescistes’’, sourit.

Car il y a bien sûr  un objet pour un but  à atteindre. Et   Eugène Djué, son porte-parole, Martial Ahipeaud, Augustin Mian, Jean-Yves Dibopieu et Blé Guirao sourient face  à  Soro Guillaume, le savent très bien lorsqu’ils  se sont réunis à l’hôtel Assanvon de Yopougon, il y a de cela des années pour planter ce qui arrive.

Après donc, ses alliés d’armes constitués de membres du MPCI, MPIGO, les Dely Gaspard et autres devenus Forces Nouvelles  pour enfin de compte se faire désigner  par Mouvement  des Soroïstes, un club quasiment  reconstitué  en électeurs potentiels, place est maintenant  à la conquête de ses anciens  souvenirs. Guillaume Soro, anciens guerrio face au régime de  Laurent Gbagbo qu’il a aussi finalement  vaincu  par les armes avec  l’appui massif de  la France et de  l’ONU, à la suite de neuf années sans  interruption de guerre est aujourd’hui à la tête de  l’Assemblée  nationale  ivoirienne.Et là, il  a les  moyens de réunir ce  beau monde  à sa suite, des suiveurs comme Bédié qualifient ses compagnons du PDCI, puisque SORO ayant géré toute une partie des richesses de  la Côte d’Ivoire, durant le temps de la guerre contre les refondateurs. Dans le  même temps,  il était soutenu par le régime combattu en sa qualité de ministre et premier ministre, donc doublement enrichi. Ses actes et ses œuvres étaient couverts par la politique d’un Laurent Gbagbo, ne voulant pas heurter  celui  qui lui permettait encore de faire face  à lui-même et se donner l’illusion qu’il contrôlait tout.

Avec cette fortune de guerre amassée, plusieurs ivoiriens cherchant encre des opportunités et autres portes financières pour se construire personnellement n’hésiteront donc pas à répondre aux appels appétissants de Soro Guillaume. Il y va donc, lorgnant de  loin comme de près, les stratèges du RDR, qui eux aussi le surveillent.

C’est alors en toute confiance, le  dimanche 18 février 2018, il pouvait organiser une rencontre à son domicile à Abidjan avec d’anciens responsables de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), le principal syndicat estudiantin ivoirien, qu’il  a dirigé durant trois ans alors étudiant. Question de prouver sa réussite  sociale avec  les  moyens de  bords subséquents.  Mais en bon généralissime, il se dit «heureux» de rencontrer ses «camarades» de la Fesci dans un autre «cadre familial et fraternel», sans lacrymogènes.

« Il ne faut pas que cette rencontre effraie des gens dans le pays. Ce n’est pas pour 2020. Il n’y a pas d’agendas cachés, que personne ne s’effraie», pense rassurer Guillaume Soro. Même en demandant  aux anciens Fescistes en exil ou hors du pays de rejoindre l’association, il  ne livre  pas ce qui est sous son crane  bien visible. Il a rappelé que ‘’Soul to Soul’’, son chef de protocole, est en prison de même que Blé Goudé, un ancien secrétaire général, détenu à La Haye avec l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, sous-entendu que tout ‘‘rentrant’’  pourrait subir ou connaître le même sort.

Même si les étudiants ont contribué à instaurer le multipartisme en Côte d’Ivoire par de gigantesques manifestations annonçant des « mutations idéologiques » qui ont été opérées dans les années 90, ils sont encore à réécrire l’histoire de ce syndicat. Lui, par ses voies et moyens trouvés, il gère son passé. Mais qu’en sera-t-il son avenir ?  Non, il peut compter sur ses anciens devenus nouveaux camarades : «On est venu pour voir notre frère, notre camarade. On est déterminé à faire en sorte qu’on se rassemble », sourit l’un des secrétaires généraux de la Fesci. Eugène Djué, du FPI devant Sor Guillaume,  lui-même RDR. Le jeu se  poursuit !

Hervé Makré

Source: newsdabidjan.net

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