Face à un avenir incertain pour eux, Soro et ses hommes tentent d’avoir les faveurs des pro-IB. Selon Sidiki Konaté, Soro et IB «Ils s’aiment profondement»

Face à un avenir incertain pour eux, Soro et ses hommes tentent d’avoir les faveurs des pro-IB. Selon Sidiki Konaté, Soro et IB «Ils s’aiment profondement»

Nord-Sud : Est-ce justement parce qu’il est obstiné, qu’il y a eu des incompréhensions entre lui et Ibrahim Coulibaly ?

Sidiki Konaté: Bien entendu. Ibrahim Coulibaly qui est un frère a péri dans des conditions que nous regrettons. Nous aurions aimé, après toutes ces années passées en exil du fait des incompréhensions entre nous, qu’il soit là aujourd’hui pour aider la démocratie à se consolider. Il avait sa place, comme tous ces militaires que nous connaissons et qui occupent de hautes fonctions. Il avait sa place en tant que grand militaire. Malheureusement, les incompréhensions ont perduré et nous avons eu cette issue dramatique parce qu’il n’y avait pas deux options.

L’option militaire a prévalu. Mais, pour avoir été proche de Guillaume Soro, notamment en tant que porte-parole des Forces nouvelles de décembre 2002 jusqu’en 2007, j’ai participé à toutes les discussions politiques en Côte d’Ivoire et à l’étranger. Ce que je retiens de Soro et d’Ibrahim Coulibaly, c’est qu’ils s’appréciaient énormément. Soro aimait profondément IB. Ils ont travaillé ensemble à un moment donné parce qu’ils partageaient le même rêve pour le pays. Ce qui les divisait était beaucoup sur le comment contribuer à réinstaurer la démocratie dans le pays. Soro était plutôt soucieux de créer les conditions pour que les politiciens puissent s’asseoir pour discuter et aller à des élections libres et transparentes, sans se mettre devant les choses. A contrario, Ibrahim Coulibaly se mettait dans la posture d’un acteur majeur dans ce processus.

La division est donc venue de la perception du rôle qu’ils voulaient, chacun, jouer dans le processus de démocratisation. Ibrahim Coulibaly estimait qu’il ne pouvait pas créer les conditions d’une élection et ne pas prendre part à cette élection. Cette vision a donc commencé à ébranler notre cohésion depuis 2004 et s’est poursuivie de manière dramatique avec les différents camps, notamment celui d’Ibrahim Coulibaly qui était dehors, et qui voulait prendre le dessus sur celui de Guillaume Soro dans les zones Cno et dont l’issue a été la bataille d’Abobo.

Source: Nord-Sud

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