Facture d’électricité: Ce qu’il faut savoir pour ne pas se laisser duper par la soi-disant colère de Ouattara

Facture d’électricité: Ce qu’il faut savoir pour ne pas se laisser duper par la soi-disant colère de Ouattara

Les populations en Côte d’Ivoire se plaignent depuis longtemps de la cherté du coût de la vie, avec un accent particulier sur le coût de l’électricité. Pendant ce temps, le gouvernement se félicite du taux élevé d’accès à l’électricité, qui d’après le ministre du Commerce reprenant les chiffres du ministère du Budget, serait passé de 74% en 2011 à 80% en 2015.

L’Agence internationale de l’énergie (Iea) fournit, quant à elle, des chiffres sensiblement différents de ceux annoncés par le gouvernement Ouattara. Selon l’Iea, en 2013, seuls 59% de la population avait un accès à l’électricité, comme le montre le graphique ci-dessous.

IEA Facture d’électricité: Ce qu’il faut savoir pour ne pas se laisser duper par la soi disant colère de Ouattara

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Au vu de ces statistiques, quelques questions se posent :

  • Le taux d’accès à l’électricité en Côte d’Ivoire est tombé de 74% en 2011 (selon le gouvernement) à 59% en 2013. Comment expliquer cette chute vertigineuse de 15% ? Quelles en ont été les conséquences sur la fourniture de l’électricité aux industriels et aux populations des villes et villages électrifiés ?
  • De 59% en 2013, ce taux d’accès fait un bond extraordinaire de 21%, pour aller se situer à 80% en 2015. Comment s’expliquerait ce bond spectaculaire ?

Mais au-delà de la guerre des chiffres et des artifices de communication, le problème de fond est le déficit structurel du secteur de l’électricité.

Pour le résorber et rendre le secteur capable de rembourser sa dette, une augmentation conséquente des tarifs est nécessaire. Les bailleurs de fonds ont donc demandé à Alassane Dramane Ouattara de procéder à une augmentation graduelle du prix de l’électricité, commençant par 2%, et allant graduellement jusqu’à 18%. Convaincu que les Ivoiriens encaisseront tout sans broncher, Ouattara, à la stupéfaction générale, a préféré asséner 16% d’augmentation en moyenne d’un coup aux populations, 2% restants à appliquer.

Pour résoudre ce problème et diminuer la pression sur les consommateurs, LIDER, s’il était au pouvoir, appliquerait les actions suivantes :

  • Le gouvernement LIDER mettrait immédiatement la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) devant ses responsabilités. Celle-ci a en effet répercuté sur l’ensemble des populations son manque à gagner des zones Cno gérées par la rébellion pendant la crise consécutive au putsch manqué de septembre 2002, alors que les gestionnaires de l’époque sont encore bien vivants et affectés aux plus hautes fonctions de l’Etat. Soit la Cie poursuit les auteurs de ce crime économique, qui sont connus de tous, devant les tribunaux, soit elle fait supporter son manque à gagner à ses actionnaires en le passant par pertes et profits, mais en aucun il ne sera accepté qu’elle fasse payer le consommateur pour son manque de courage ou la bienveillance de ses actionnaires envers les auteurs de crimes économiques.
  • Le gouvernement LIDER demanderait à la Cie qu’elle explique aux consommateurs l’origine et la pertinence de la prime fixe qui apparaît sur les factures.
  • Le gouvernement LIDER procéderait immédiatement à la défiscalisation des panneaux et des matériels solaires pour permettre aux ménages de s’en équiper et d’accéder ainsi à l’électricité à moindre coût. Ceci dégagera un surplus de courant classique, qui serait alloué aux entreprises et industries, grandes consommatrices et gros contribuables en quête d’une fourniture stable et de qualité.
  • L’électricité produite en Côte d’Ivoire provient principalement de deux sources : l’eau (barrages hydrauliques) et les produits pétroliers (centrales thermiques). Le prix du pétrole est à la baisse depuis plus d’un an, sans que les charges du secteur ne suivent la dynamique, à cause du manque de flexibilité qui le caractérise. Un gouvernement LIDER réduirait les coûts du secteur à travers la suppression des charges de fonctionnement de certains intervenants : La Société ivoirienne de raffinage (Sir), la Société ivoirienne de béton manufacturé (Sibm), la Pétroci qui vivent dans le secteur public, mais qui se comportent comme des acteurs du privé (notamment en termes de salaires, de carrière etc.). Egalement, au lieu de vendre ses parts progressivement à des parents sans explication comme l’a fait le gouvernement Ouattara, LIDER liquiderait la Petroci au plus offrant et réaffecterait ses attributions soit à la Sir, soit au secteur privé.
  • A long terme, nous étudierions la mise en œuvre de formes de courant moins chères (un retour au charbon est-il envisageable ?) et l’ouverture du marché du pétrole à la concurrence.

Source: Lider News

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