«Faux frère !» (Par Yacouba Gbané)

«Faux frère !» (Par Yacouba Gbané)

Le procès du Président Laurent Gbagbo est un mal nécessaire. Mal parce qu’il n’est pas la personne à juger. On s’est trompé sur son compte. Il est victime de son insoumission face aux occidentaux, de sa liberté et de son indépendance. On ne va pas trop s’appesantir sur ce volet. Mais l’aspect le plus important, c’est que ce procès est nécessaire. Parce qu’il permet de lever le voile. C’est-à-dire de faire tomber les masques. De mettre en lumière les contours et implications les insoupçonnés. Et la comparution du général vient de le démontrer. Le dernier masque à tomber. A vrai dire, il faut louer le courage, le sens de la stratégie et la tactique du Président Laurent Gbagbo pendant la crise ivoirienne. Tous ces serpents étaient dans sa poche. Tenir pendant dix ans avec de tels chefs à la tête de l’Armée relève en fait de l’exploit politique. Ce n’est pas sans raison qu’il soutient: «La politique, c’est mon métier». Ne fait la politique qui veut. Il faut maîtriser cet art, faire preuve d’intelligence. Et être un très fin stratège.

A l’éclatement de la crise ivoirienne, l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade disait au Président Laurent Gbagbo: «Le serpent se trouve dans ta poche. Tu es encerclé jusqu’au cou». Il n’avait pas tort. C’est aujourd’hui que l’on se rend compte, avec l’intervention du général Philippe Mangou qui vient de mettre bas le masque. Et le Président Laurent Gbagbo lui-même le reconnaît. «J’étais entouré de compromissions, de traîtrises, d’alliances mercantiles, de duplicité. Bien sûr qu’on avait noyauté mon entourage…C’était facile: autour de moi, certains misaient en même temps sur ma chute et sur ma survie…Je ne pouvais tourner ma tête ni à droite, ni à gauche, sous peine d’être décapité. Alors je regardais droit devant, vers les élections, la sortie du tunnel. Là non plus, je n’ai pas choisi d’aller au clash. Il fallait donc faire de la politique, discuter, et avancer du mieux possible et de la façon la plus pacifique possible vers la sortie de crise», fait-il remarquer. Il faut être fort dans la tête, dans l’esprit, comme le Président Laurent Gbagbo, pour tenir pendant dix ans avec autant de serpents dans la poche. Vraiment, Dieu était avec lui. Et Dieu est en train de dévoiler les « compromissions », les « traîtrises», les «alliances mercantiles», la «duplicité», un à un.

Comment un chef d’état-major peut-il venir mettre sur la place publique des secret-défense ? Et dire, le mercredi 4 octobre 2017, à la barre: «Quand on a servi à des hautes fonctions, on se doit d’avoir le ventre profond et parler peu». Malheureusement, ce n’est pas le cas du général. Son ventre n’est pas profond. Ce n’est pas la grande muette. Mais la grande bavarde. Et le général démontre qu’il n’est pas digne de confiance. Il met au grand jour sa vraie personnalité. En voulant détruire le Président Laurent Gbagbo, il s’est détruit lui-même. Et son image en a pris un coup. Il suffit de regarder la réaction de l’opinion. Son témoignage a révolté Lambert Dépié junior, cadre du parti socialiste français. «Mangou ne mérite pas le titre de général. Il aurait fait du bien aux Ivoiriens en démissionnant». Un général qui dit et se dédit. Faisant comme l’animal qui construit et détruit tout avec la queue. Et c’est Feu Mamadou Ben Soumahoro qui a raison de dire : « Mangou : tais-toi et mange ». Et Le père Jean- Claude Djêrêkê de penser à l’expression de Saint Paul: «Faux frères». «L’apôtre parle effectivement de «faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, avec l’intention de nous asservir» (Galates 2, 4)». Bonne lecture. Allons-y seulement. Haut les cœurs. La liberté vaincra ! A la semaine prochaine. Inch’Allah ! Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Yacouba Gbané

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