Effet bomerang : Rupture effective entre DAECH et la Turquie islamiste d’Erdogan !

Effet bomerang : Rupture effective entre DAECH et la Turquie islamiste d’Erdogan !

La rupture entre le gouvernement islamiste turc AKP d’Erdogan et DAECH, que j’annonçais dans une de mes analyses du DEBAT PANAFRICAIN de ce dimanche 19 juillet 2015 (*) sur AFRIQUE MEDIA TV, est effective.

DAECH a mis ses menaces à exécution et frappé la Turquie, dont le gouvernement est avec les Saoudiens, les Qataris et les services secrets pakistanais (ISI), un des parrains du djihadisme.

RUPTURE ANNONCEE ENTRE DAECH ET ANKARA

Dans un message publié jeudi dernier sur Internet, l’organisation Etat islamique (Daech) a mis directement en garde la Turquie contre “le changement de son attitude” et promit “une nouvelle phase dans leurs relations” si Ankara lui coupait son soutien.

Jusque-là, les Turcs étaient accusés, au mieux, de « laxisme » par les Occidentaux pour le contrôle de sa frontière et le transit des djihadistes étrangers, et, au pire, de complicité passive par les analystes turcs kémalistes pour son manque de surveillance des réseaux de soutien de l’organisation en Turquie même. Mais Ankara, ces dernières semaines, a indéniablement durci sa position à l’égard de l’organisation et décidé de corriger cette image – à défaut de participer directement, au sein de la coalition internationale dont elle fait pourtant partie, à la lutte contre sa présence en Syrie et en Irak.

 

DOUBLE ATTENTAT EN TURQUIE ET AU KURDISTAN

 

Des menaces immédiatement suivies d’effets !

Un attentat suicide a fait au moins 30 morts lundi à midi. Il s’agit de la première attaque du groupe jihadiste sur le territoire de la Turquie. Un véritable carnage, avec au moins 30 morts: selon les autorités turques l’attentat suicide qui a secoué lundi à midi la petite ville de Suruç, à une dizaine de kilomètres de la frontière syrienne, aurait été commis par l’Etat islamique (EI). Cette opération a été menée par un kamikaze dans un jardin du centre culturel Amara à Suruç alors que de nombreux jeunes militants de l’Association des jeunes socialistes et des activistes de la cause kurde y étaient réunis.

 

Peu après cette première explosion, une autre attaque à la voiture piégée a visé à quelques kilomètres de là un barrage de sécurité établi par les milices kurdes dans le sud de Kobané, la petite ville syrienne devenue le symbole de la résistance kurde l’automne dernier. Après quatre mois d’intenses combats, l’Etat islamique a dû se retirer en janvier, subissant son premier revers militaire.

 

LES LIAISONS DANGEREUSES ENTRE LES ISLAMO-CONSERVATEURS DE L’AKP ET LES RESEAUX DJIHADISTES

 

Le Premier ministre Ahmet Davutoglu accuse l’organisation djihadiste. Une Turquie, “accusée de  laisser passer par sa frontière sud aussi bien des armes que des hommes pour les groupes terroristes opérant en Syrie” commente Libération. Le quotidien parisien écrit aussi que “les autorités (ndla: turques) ont longtemps préféré éluder la question, considérant que la prise de contrôle d’une grande partie du nord de la Syrie par le PYD, le principal parti kurde syrien organiquement lié au PKK qui mène la lutte armée contre Ankara depuis 1984, est plus dangereuse pour la sécurité nationale (…) Une barrière avec des barbelés et des miradors s’étend le long des quelque 900 kilomètres de frontière turco-syrienne, mais elle est renforcée dans les zones kurdes. Les combattants kurdes en outre n’ont pas hésité comme ces derniers jours à Hassaké dans l’est à mener des opérations contre les jihadistes en commun avec les troupes du régime (ndla: syrien). Cela  contribue encore un peu plus à nourrir la méfiance vis-à-vis du PYD éprouvée par le gouvernement islamo-conservateur, qui  veut à tout prix le renversement d’Assad.”

 

“(…) la Turquie soutient des groupes islamistes même radicaux «s’ils n’ont pas de liens avec le terrorisme, ont un enracinement local et se battent pour une Syrie pluraliste». Ankara comme le Qatar et l’Arabie saoudite aident «l’armée de la conquête» qui réunit des groupes liés aux Frères musulmans mais aussi le front al-Nusra, filiale syrienne d’al-Qaeda désormais en guerre ouverte contre l’EI”, précise encore Libé.

 

COMME UN BOOMERANG …

 

Le boomerang terroriste frappe ses mentors et ses complices.

Je disais précisément dimanche que “Comme le monstre du Docteur Frankenstein du célébre roman de Mary Shelley lui échappe, la créature djihadiste échappe à ses maîtres américains, atlantistes et turco-arabes” …

Tout celà sur fond de crise politique pour les islamo-conservateurs de l’AKP. “L’AKP avait perdu la majorité absolue lors des élections législatives du 7 juin et tente depuis de former une coalition avec les ultranationalistes du MHP ou avec les sociaux-démocrates du CHP, analyse Libé (pour une fois fort lucide)  Dans le premier cas la politique syrienne du pouvoir turc resterait peu ou prou la même. Une coalition avec la gauche changerait en revanche la donne, car le CHP a depuis le début dénoncé «l’aventurisme» de la politique syrienne de Recep Tayyip Erdogan, engagé à fond contre Bachar al-Assad”.

Luc MICHEL

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