FIFA: derrière le scandale, les Etats-Unis poussent leurs pions

FIFA: derrière le scandale, les Etats-Unis poussent leurs pions

Le coup de filet mené en Suisse contre plusieurs responsables de la Fédération internationale de football (Fifa) à la demande des autorités américaines mercredi 27 mai a eu un grand retentissement dans les médias du monde entier.

L’enquête menée par le FBI depuis le début des années 1990 témoigne de l’implication de certains fonctionnaires de la Fifa dans des affaires de corruption portant sur plus de 150 millions de dollars. Les accusations concernent également les attributions de coupes du monde, les droits de marketing et de télévision, des escroqueries par voie électronique, des cas de racket et de blanchiment d’argent.

Parmi les responsables interpellés, le New York Times cite le président de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) Jeffrey Webb, l’ancien vice-président de la FIFA Jack Warner, ainsi qu’un certain nombre de présidents des fédérations des pays sud-américains. Le président de la FIFA Joseph Blatter ne figure pas parmi les responsables interpellés.

Les suspects vont être entendus en premier lieu par les autorités suisses, puis feront l’objet d’une demande d’extradition vers les Etats-Unis où justice sera finalement rendue.

Pourtant une question subsiste: pourquoi ces responsables, réunis en Suisse afin d’élire le prochain président de la fédération, sont-ils visés par une enquête menée par les Américains?

D’un côté, les fondements juridiques cités par les Etats-Unis sont simples: tout d’abord, les transactions des parties prenantes de l’affaire ont été effectuées via des banques américaines, ensuite, Washington et Berne ont des accords de coopération dans le domaine de la lutte contre la criminalité. D’un autre côté, les fondements juridiques de l’extradition sur le sol américain des personnes impliquées dans cette affaire sont flous.

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cet incident peut être qualifié de “nouveau cas d’application illégale des normes législatives des Etats-Unis en dehors de leur territoire”.

Effectivement, la Fifa est une des plus grandes ONG du monde. Elle est enregistrée en Suisse en tant qu’organisation à but non lucratif tout en se targuant d’un chiffre d’affaire d’un milliard d’euros par an. Dans le même temps, la Fifa est exemptée d’impôts. La fédération est liée aux milieux d’affaires internationaux, ce qui fait que ses responsables sont à la fois des fonctionnaires internationaux et des représentants des compagnies transnationales.

Le président de cette organisation a donc une influence non-négligeable sur la scène internationale. Joseph Blatter, qui peut être considéré comme l’architecte de la Fifa actuelle, a commencé à évoquer le mécontentement du monde anglo-saxon concernant son indépendance.

L’attribution lors du scrutin de 2010 de la Coupe du monde 2022 au Qatar, et non aux Etats-Unis, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Washington a par la suite décidé de placer l’organisation sous son contrôle en utilisant le prétexte de lutte contre la corruption.

Le pays qui collabore avec les Etats-Unis dans l’affaire n’est pas choisi au hasard: cela fait un certain temps que Washington met la pression sur la Suisse afin que les banques helvètes lui transmettent les informations confidentielles sur certains détenteurs des comptes de nationalité américaine, notamment, toujours en violant le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain.

Une autre raison fondamentale susceptible d’expliquer pourquoi les Américains ont lancé les poursuites deux jours avant les élections du président de la Fifa est la tentative de Washington de mettre en question l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie.

Ainsi, peu après les arrestations à Zurich, les sénateurs américains John McCain et Robert Menendez se sont adressés au Congrès de la Fifa en demandant de ne pas soutenir la candidature de Joseph Blatter aux prochaines élections, en raison de son refus de priver la Russie du droit d’accueillir la Coupe du monde 2018.

Commentant l’affaire, le président russe Vladimir Poutine a remarqué: “Nous sommes au courant de la pression qui a été mise sur lui (Joseph Blatter) afin d’empêcher l’organisation de la Coupe du monde 2018 en Russie. Nous connaissons sa position, il ne s’agit donc pas des relations particulières entre la Russie et la Fifa. Il s’agit de son principe fondamental selon lequel le sport et la politique doivent être séparés l’un de l’autre. Je dirais même plus — le sport doit influencer positivement la politique et servir de plateforme pour le dialogue et la recherche des solutions”.

Source: sputniknews

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Politologue allemand: Lle scandale impliquant la FIFA profiterait aux USA

Le Bundestag réclame la publication, d’ici le 6 juin, des listings d’adresses mail et de numéros de téléphone portable espionnés par les services secrets allemands pour le compte de Washington, mais au lieu de cela, on refile à la presse le scandale qui secoue la FIFA.

Le scandale qui secoue à présent la Fédération internationale de football (FIFA) peut aider les Américains à estomper le scandale d’espionnage éclaté en Allemagne, bien que Washington n’y soit plus tout-puissant depuis longtemps, a déclaré à RIA Novosti le politologue allemand Alexander Rahr.

“Il se peut évidemment que le scandale impliquant la FIFA profite aux Américains pour étouffer le scandale d’espionnage en Allemagne. (…) Pourtant, ni la CIA, ni les Etats-Unis ne peuvent le faire, de nouvelles informations provenant sans cesse de différentes sources”, a indiqué M.Rahr.

Et d’ajouter que l’actuel scandale frappant la FIFA était instrumentalisé par la presse, ce qui pourrait éclipser celui d’espionnage présumé d’entreprises et responsables européens par l’agence américaine de renseignements NSA, soupçonnée d’avoir abusé de sa coopération avec les services allemands (BND) à partir de 2005.

Ce nouveau scandale d’espionnage a ébranlé l’Allemagne à la mi-avril. D’après des révélations de presse, la NSA aurait fourni au BND des listings d’adresses mail et de numéros de téléphone portable à espionner. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les Américains auraient ainsi profité d’une aide de leurs homologues allemands pour surveiller des dirigeants du groupe aéronautique Airbus et de hauts responsables européens, notamment français et autrichiens.

Ces révélations avaient créé un froid entre Washington et Berlin et entraîné la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les pratiques de la NSA qui a réclamé tout le dossier. Quoi qu’il en soit, cette requête reste en attendant sans suite, malgré les déclarations retentissantes du ministre fédéral de l’Economie et de l’Energie, Sigmar Gabriel, qui a appelé à fournir aux députés tous les documents.

L’affaire est particulièrement embarrassante pour Angela Merkel qui avait endossé le rôle de victime en 2013 au moment des révélations de l’Américain Edward Snowden, ancien consultant de la NSA, sur l’écoute d’un téléphone portable de la chancelière allemande par les Américains.

“L’espionnage entre amis, cela ne va pas du tout”, avait-elle déclaré à l’époque.

La police zurichoise a interpellé mercredi plusieurs personnes dans un hôtel luxueux de Zurich. Il s’agit notamment de hauts responsables de la Fédération internationale de football, suspectés de corruption et d’enrichissement illicite, notamment liés aux droits audiovisuels et à l’attribution des coupes du monde de 2018 et 2020.

Source: sputniknews

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