Financement du MPIGO: Quand Vincent Kakou, président d’une ONG faisait des révéations sur Bédié

Financement du MPIGO: Quand Vincent Kakou, président d’une ONG faisait des révéations sur Bédié

Il avait déclaré, au début de la crise, que Henri Konan Bédié a financé le mouvement rebelle MPIGO, avant de disparaître sans laisser de trace. Aujourd’hui, Vincent Kakou refait surface pour donner des précisions sur l’implication de Bédié dans la guerre faite à la Côte d’Ivoire.
Dans cette interview, il fait, également, des révélations sur le général Doué et lève un coin de voile sur sa structure : le Milut.

Notre Voie : Monsieur Vincent Kacou, vous avez déclaré, au début de la crise, que Bédié a financé le MPIGO. A l’époque, le PDCI avait décidé de porter plainte contre vous. Où en est-on avec cette affaire ?

Vincent Kakou : Ecoutez, l’histoire de ce prétendu procès me fait rire parce que le PDCI, comme à son habitude, a beaucoup crié, mais il ne s’est rien passé du tout. Effectivement, ils voulaient porter plainte contre moi. Mais ils se sont rétractés très vite lorsque j’ai promis de donner d’autres détails si j’étais assigné en justice. Ils ont pris peur parce qu’ils savent très bien que l’affaire est très sérieuse. Mais ils n’ont pas abandonné pour autant. A plusieurs reprises, j’ai échappé à des enlèvements dont la dernière tentative date de quelques jours avant l’arrivée de Bédié. Ce jour-là, des individus m’ont joint au téléphone pour menacer de m’assassiner si jamais je parlais après l’arrivée de Bédié. C’est la preuve que Bédié et ses amis ne sont pas sereins. Mais, ils se trompent sur mon compte, s’ils pensent pouvoir m’intimider avec leurs basses méthodes héritées du parti unique.

N.V. : Est-ce toutes ces menaces qui vous ont poussé à disparaître ?

N.V. : Je n’ai pas disparu pour ces petites menaces-là. Beaucoup ont été déçus parce qu’ils s’attendaient à ce que je me mêle du débat politique après cette déclaration. Mais nous ne faisons pas de politique. Nous sommes à la tête d’une structure privée de renseignements. Nous avons des éléments de preuve qui attestent que Bédié a soutenu le terrorisme international d’Etat en finançant le MPIGO. Nous avons rendu la nouvelle publique. Et c’est tout. Mais, croyez-moi, nous avons plusieurs documents qui l’attestent.

N.V. : Beaucoup de personnes sont restées incrédules face à votre déclaration. Aujourd’hui, vous refaites surface à la faveur du retour de Bédié. Alors il serait peut-être temps que vous donniez enfin quelques éléments de preuve…

V.K. : Ecoutez, en matière de renseignements, on ne livre pas si facilement tous les secrets. Nous soutenons que M. Bédié Henri Konan a bel et bien financé le MPIGO. Chaque jour qui passe, les éléments de preuve continuent de nous parvenir. L’une des preuves les plus éloquentes, c’est l’alliance de Bédié avec Alassane Dramane Ouattara, le père de la rébellion.

Ce que je peux néanmoins vous dire, c’est que les armes ont transité par le port de Monrovia pour parvenir au MPIGO de feu N’Guessan N’Dri Saint Clair alias Doh Félix. Ce dernier était, en réalité, le neveu de Mme Bédié. Mieux, nous disposons de trois chèques qui ont été émis dans le cadre de cette affaire.

N.V. : Vous affirmez que le chef-rebelle décédé, Doh Félix, était le neveu de Mme Bédié. comment est-ce possible ?

V.K. : Ecoutez, il est le neveu de Mme Bédié de par sa mère. Nous disposons de beaucoup d’autres informations sur Doh Félix. Nous avons notamment le contenu de la valise qu’il avait avec lui avant sa mort. Vous n’imaginez pas ce qu’il y avait dans cette valise.

N.V. : Quel était le contenu de la valise ?

V.K. : Il y a son extrait d’acte de naissance, d’autres pièces personnelles, ainsi que plusieurs documents dont on ne peut pas, pour l’instant, parler.

N.V. : Pourquoi ?

V.K. : Parce que nous travaillons dans le domaine des renseignements qui est un domaine très sensible. Vous me soumettez à un exercice délicat. En effet, en même temps que je dois vous donner des preuves de crédibilité, je dois aussi respecter le code de conduite du mouvement que je dirige. Nous avons aussi des connections partout, même à l’étranger et dans la rébellion. Vous comprenez qu’il faut bien que nos agents soient protégés.

N.V. : Comment avez-vous obtenu la valise en question ?

V.K. : Par le travail de nos agents sur le terrain. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus…

N.V. : Qu’est-ce qui prouve que vous n’êtes pas simplement un maître-chanteur ?

V.K. : Moi maître-chanteur ? Pour obtenir quoi ? De qui ? Parce que vous pensez que les propositions ont manqué pour obtenir mon silence ? Ecoutez, vous pouvez ne pas me croire aujourd’hui. Mais l’avenir nous situera. Pour notre part, nous sommes sereins. Et nous attendons que Bédié, le concerné lui-même, qui a commencé à parler depuis son retour, nous attaque ou qu’il ait le courage de nous assigner en justice. Et vous verrez ce que vous verrez. Vous comprendrez, ce jour-là, que c’est une personne morale qui a dénoncé Bédié et non la personne de Vincent Kakou. Ce jour-là, vous connaîtrez mieux le Mouvement international de lutte contre le terrorisme (MILUT).

N.V. : Qui avait émis les chèques destinés à Doh Félix ?

V.K. : En matière de terrorisme, les chèques émis comportent très rarement le nom du financier, ici Henri Konan Bédié. Voilà pourquoi nous le citons. Les chèques ne sont pas parvenus directement à Doh félix. Mais ils sont plutôt descendus dans une société privée d’achat d’armes.

N.V. : Quel est le nom de cette société ?

V.K. : Je ne peux pas vous le dire maintenant.

N.V. : Où se trouve cette société ?

V.K. : Elle est en Europe. Nous attendons le moment opportun pour livrer toutes ces informations qui disqualifient à jamais Bédié. Logiquement, ce monsieur devrait se tenir loin du débat politique.

N.V. : Et pourtant Bédié est arrivé et il a commencé à se prononcer sur la situation socio-politique ?

V.K. : Bédié est un terroriste. Il savait que le célèbre mercenaire français Bob Denard devait piloter la formation de plusieurs combattants au profit de la rébellion. Depuis 2002, avant l’attaque, Bédié et Ouattara se sont accordés pour demander au général Doué Mathias de diriger l’Etat-major de la rébellion. Souvenez-vous qu’à un moment, la presse internationale avait annoncé l’assassinat du général Doué. C’était, en réalité, un moyen de préparer son passage de l’autre côté. Le général Doué a toujours été du côté des rebelles. Mais, enfin, je ne veux pas m’éterniser sur son cas…

N.V. : Et, pourtant, il continue de menacer d’attaquer la République. Des journaux ont même annoncé qu’il a pris ouvertement contact avec la rébellion pour réaliser ce projet…

V.K. : C’est une information dépassée. Le général Doué a toujours été de mèche avec les rebelles. Il ne fait que se dévoiler à présent. C’est lui qui a fait durer la guerre en refusant de donner des minutions aux éléments des forces de défense et de sécurité qui étaient déjà entrés dans Bouaké. En lieu et place des minutions, il a envoyé des sachets d’eau aux soldats.

Au début de la guerre, le général Doué a fait venir du Nord un jeune qui servait de féticheur aux rebelles. Il a été logé dans un appartement-studio à Yopougon. La maison coûtait 30 000 FCFA par mois. Et le général Doué, qui payait le loger, s’y rendait quelque- fois pour voir ce jeune. Il a demandé à ce jeune de tuer le président Laurent Gbagbo en s’appuyant sur ses pouvoirs mystiques pour approcher le chef de l’Etat. Ce jour-là, ce jeune homme devait être habillé en treillis et on devait lui remettre une arme. Mais le jeune s’est rétracté au dernier moment. En guise de représailles, le général Doué a arrêté de payer son loyer. Le livrant aux huissiers. Aujourd’hui, les documents sont disponibles. Et le jeune en question est prêt à témoigner.
Aujourd’hui donc, on doit comprendre que toutes les agitations du général Doué entrent dans le cadre des tentatives permanentes de déstabilisation de la Côte d’Ivoire.

N.V. : Parlez-nous un peu de votre structure, le MILUT ?

V.K. : Le mouvement international de lutte contre le terrorisme (MILUT) est une structure privée de renseignements. Je la représente ici. Mais nous avons des correspondants à travers le monde (Il présente une jeune dame comme étant la représentante du mouvement en France). Nous avons aussi des connections avec des structures de sécurité et des organisations de lutte contre le terrorisme. Nous ne sommes pas très connus parce que nous restons très discrets. C’est une condition importante pour gagner en efficacité. En tout cas, depuis le début de la crise en Côte d’Ivoire, nous avons fourni des informations à des personnes indiquées. Celles-là savent très bien de quoi nous sommes capables.

Propos recueillis par Faustin Yao K.

Source: Notre Voie (septembre 2005)

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