Flux financiers illicites  : les multinationales championnes de l’évasion

Flux financiers illicites : les multinationales championnes de l’évasion

Les flux financiers illicites pourraient faire obstacle au développement de l’Afrique et à sa quête pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030.

Aida Opoku-Mensah, conseillère spéciale pour les Objectifs de développement durable auprès de la Commission économique pour l’Afrique (UN-CEA), a précisé dans une déclaration à l’agence Xinhua à Nairobi que ce continent perdait environ 50 milliards de dollars par an en recettes fiscales siphonnées en direction de comptes offshore. L’annonce ne fait que remuer le couteau dans la plaie d’une Afrique qui voit ses richesses dilapidées sans retombées sur son développement, ni sur l’amélioration du niveau de vie de ses habitants

Frein au développement

«Cette perte de ressources continue sape les efforts de l’Afrique pour financer la réalisation des ODD», a dit Opoku-Mensah lors de la cinquième conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité en 2017. Xinhua qui relaye les propos de la responsable rappelle que cet événement de deux jours rassemble des responsables politiques et des représentants de la société civile de tout le Continent pour passer en revue les moyens de supprimer les flux financiers illicites en Afrique. L’objectif est de limiter, voire stopper les sorties illégales d’argent du Continent et orienter ces mannes financières vers les efforts de développement. Ainsi, le Continent pourra compter sur ses propres ressources au lieu de chercher de l’aide financière étrangère.

Les multinationales championnes de l’évasion

L’UN-CEA a souligné que la plupart des flux financiers illicites étaient attribuables à des multinationales opérant en Afrique. «Ces compagnies transnationales recourent aux prix de transfert, à la facturation frauduleuse, à l’évasion et à la fraude fiscale pour réduire le montant d’impôt qu’elles doivent dans les pays africains», a commenté Opoku-Mensah. Et d’ajouter que le secteur minier est le plus touché par les flux financiers illicites. «Cela est dû au fait que la plupart des contrats miniers sont passés en secret, de sorte que le gouvernement n’obtient pas sa part légitime de droits et bénéfices (sur ces activités, NDLR)», a-t-elle expliqué.

Un rapport du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, établi à la demande de la Conférence conjointe UA/CEA des ministres des Finances, de la planification et du développement économique, avance qu’au cours des 50 dernières années, l’Afrique a perdu plus de 1 000 milliards de dollars du fait des flux financiers illicites.

 Flux financiers illicites  : les multinationales championnes de lévasion

Les résultats de l’étude entreprise par la CEA montrent qu’entre 2001 et 2010 les pays africains ont perdu 407 milliards de dollars du simple fait de la falsification des prix dans les transactions commerciales. Pour la CEA, les incidences de ces études sont que les flux financiers illicites en provenance d’Afrique se situent entre 30 et 60 milliards de dollars par an. Le Groupe de travail qui a planché sur le sujet a également observé que «la tendance à la hausse des flux financiers illicites coïncide avec une période de croissance économique relativement forte observée en Afrique et que les flux financiers illicites annulent donc l’impact attendu d’une accélération de la croissance du continent».

Source: La Tribune Afrique

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