Foncier urbain ivoirien: L’Affaire «Guira Pocca» n’a pas fini de livrer ses secrets, 248 hectares de terrains au coeur d’un autre scandale…

Foncier urbain ivoirien: L’Affaire «Guira Pocca» n’a pas fini de livrer ses secrets, 248 hectares de terrains au coeur d’un autre scandale…

Les litiges fonciers à Abidjan se succèdent et se ressemblent. Les acteurs de cette opération mafieuse ne manquent pas d’imagination.

Depuis l’arrestation de Guira Pocca sur «l’affaire des 47 hectares de terrain vendus à Akouédo», les langues commencent à se délier. Si les villageois d’Akouédo n’entendent pas se laisser faire, cela a suscité une prise de conscience chez d’autres victimes présumées de Pocca Guira, connu dans les fichiers de la Brigade de recherche comme un expert en vente de terrains. Le lotissement de Abbebroukoi II s’inscrit sur la longue liste de ses hauts faits dans le domaine du foncier urbain. Après son arrestation le mardi 4 Octobre 2016, une brochette de personnes, notamment des Directeurs centraux du Ministère de la Construction et de l’Urbanisme ont été entendus par la Brigade de recherche sur certains actes qu’ils auraient signés et qui auraient permis à Guira Pocca de prospérer dans ses actions.

Historique du lotissement de Abbebroukoi II

Par une convention notariée du 29 Novembre 2012 et du 24 Novembre 2013 de la mutuelle des Agents de la société ivoirienne de raffinage (Mutasir) et du cabinet de topographie CTP de l’expert géomètre agréé Pan Ouhira Gaston. Ce lotissement a  été effectué au terme d’une convention notariée conclue entre Akissi Yapo, l’initiateur et Traoré Youssouf du cabinet CTP de l’expert-géomètre agréé Pan Ouahira Gaston, en date du  17 Septembre 1997. Les travaux de ce lotissement devront être achevés en 1997 et le plan transmis, comme de coutume, au ministère de la Construction et de l’Urbanisme via le sous-préfet d’Anyama pour approbation. C’etait le 1er Août 1997.

L’entrée en scène de l’ancien et actuel maire d’Anyama

Sitôt le lotissement achevé, le maire d’Anyama, Amidou Sylla décide de contester la réalisation du lotissement au Cabinet CTP par une décision municipale N°52 du 25 Août 1999. «La municipalité d’Anyama a constaté l’incapacité de Monsieur Traoré Youssouf, Topographe, 13 819 Abidjan 13, à effectuer des travaux de lotissements  du village de ABBEY- BROUKOI extension qui lui avait été confiée depuis 1995. Par conséquent la municipalité décide de les lui retirer purement et simplement  pour confier désormais les travaux à Monsieur Guira Pocca, Topographe…» Mais cet arrêté n’a jamais été transmis de manière officielle au ministère de la Construction. Pourtant, des individus en relation avec Pocca Guira  en detiennent copie. La belle c’est que Guira Pocca n’a pas qualité pour exercer la profession de géomètre. Pourtant, c’est à lui qu’il est refilé de gros dossiers de lotissements. Mais on lui attribuera la paternité d’un lotissement. Il n’aurait été qu’un employé à la mairie d’Anyama.

Autre curiosité, c’est que juste avant la prise de cet arrêté, le Maire Amidou Sylla venait de transmettre au ministère de la Construction et de l’Urbanisme, le 14 Août 1999, c’est-à-dire 11 jours  avant la prise de son arrêté, en vue de l’approbation, le procès-verbal de la commission mixte d’enquête de commodo et incommodo, du 23 Juillet 1999, dont il avait l’exécution en charge. Dans l’arrêté ministériel N°477/MCLVE/CDA du 15 Mai 1998, sont écrits, noir sur blanc, les noms de Guirabo Augustin et le Cabinet CTP. Suite à cette décision municipale du 25 Août 1999  du maire Amidou Sylla, une convention de lotissement sous seing privé sans date est conclue sous contrainte, selon les propos de Akissi Yapo, interrogé au tribunal par le juge, entre le même Akissi Yapo et Guira Pocca. L’affaire est en litige. La présidente de la commission des litiges, dirigée par  Bamba Makissa, prend la décisionN°4874/MCLAU/CAB/CL/CTJ/MB/KKR et désigne le «Cabinet d’Etude topographique et de construction», représenté par le nommé Guira Pocca, comme ayant effectué le lotissement Abbebroukoi II; après les pièces soumises à son appréciation.

Mais Dame Bamba Makissa n’a pas pu brandir jusqu’à ce jour les documents sur lesquels elle s’est appuyée pour désigner  Guira Pocca comme celui qui aurait effectué le lotissement. Et ce, sous l’émergent prétexte que ces documents sont confidentiels. Même le représentant  du ministère, Maître Yao Emile, devant les juridictions, n’a pas pu  sortir un seul document pour étayer la thèse selon laquelle Guira Pocca est celui qui a effectué le lotissement. Autre chose pas tout à  fait claire, c’est que Bamba Makissa affirme tantôt que c’est Guira Pocca qui a effectué le lotissement, tantôt ce serait un autre géomètre qu’elle n’a pas encore clairement designé.

De l’arrêt des travaux…

Suivant un courrier ecrit le 2 Novembre 2011, le ministère de la Construction  et de l’Urbanisme, via sa Direction des affaires juridiques et du contentieux, avait pris une décision portant arrêt des travaux et l’annulation de titres de propriété sur les lots du lotissement de Abbey-broukoi II. Toute chose que le tribunal a confirmé par l’ordonnance N° 2913/2014 du 8 Mai 2014 portant arrêt des travaux  de construction sur les lots des lotissements de Abbebroukoi II suite à la saisine du cabinet Guirabo.

Autre désapprobation de la décision de la commission litige de Bamba Makissa, c’est que le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau dans sa décision N°186 CIV du 29 Février 2016 a déclaré nul et de nul effet la convention de lotissement sous seing privé conclue entre Akissi Yapo et Guira Pocca, le 24 Mai 1998. Mais en dépit de toutes ces décisions et pendant que l’affaire est pendante devant la Cour d’Appel, Bamba Makissa a été entendue par les enquêteurs et relachée. Pocca Guira lui même avoue ne pas être l’auteur du lotissement. Pourtant, Bamba Makissa prétend le contraire. Allez savoir pourquoi.  Un lieu a été choisi pour ce cas bien précis. Il s’agit de l’entente entre le ministère de la Construction et de l’Urbanisme d’Anyama où ne sont accueillis et traités que les dossiers de Guira Pocca sur instruction de Bamba Makissa qui piétine toutes les décisions de Justice et même les décisions de la commission litige de son propre ministère.

L’affaire est si sérieuse que tous les Directeurs centraux ont été entendus par là gendarmerie. Lesquels, via des agitateurs, tenteraient de noyer le poisson sous de fallacieux prétextes de harcellement de la part de la gendarmerie. Menée par Adou Etékou Eloi qui a organisé une conférence de presse en qualité de secrétaire général du SYNAMC alors qu’il ne l’est plus pour avoir été démis de ses fonctions depuis le mois d’Octobre 2015, leur tentative de diversion n’a pas ému les enquêteurs.

A sa place, un bon syndicaliste aurait demandé que les enquêtes aillent au bout pour l’éclatement de la vérité.

Sourc: L’Eléphant déchainé n°494

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