FPI: On ne se bat pas au chevet d’un père malade

FPI: On ne se bat pas au chevet d’un père malade

C’est dans la confrontation des idées que jaillit la vérité, a-t-on coutume de le dire. Le Front Populaire Ivoirien(FPI), parti du président Laurent Gbagbo, regorge suffisamment de têtes pensantes pour comprendre cet adage.

La chute du régime Gbagbo, voulu par la France de Nicolas Sarkozy, a mis à mal le parti à la rose. Aidé en cela par le régime de Ouattara, aujourd’hui, on parle de pro-Gbagbo et de pro-Affi au point où les militants sont en train de se laisser dominer par leurs émotions, sans laisser la raison les habiter. Et pourtant tous les acteurs politiques veulent le bien de leur parti, mais de différentes manières. Les deux camps se battent parce qu’ils sont épris l’un de l’autre. Au regard des propos guerriers dont la presse se fait l’écho, l’on ne peut prévoir ce que fera chaque partie en colère. Qui étreint trop embrasse mal. Le parti cher à tous est condamné au néant si rien n’est fait. L’imprévoyance et la légèreté de nos propos sous nos tropiques nous rendent complices de la destruction de nos formations politiques. C’est la déconfiture du FPI, la défection, le démembrement, la décomposition, la ruine, la mort du parti, programmés par les antidémocrates venus au pouvoir comme un cheveu sur la soupe. Et cela par la faute les militants divisés.

Il est temps d’opter pour le sens de la mesure pour ne pas lâcher la proie au profit de l’ombre. Paraphrasons Chantal Taïba qui disait dans une de ses chansons ceci : << remercions la poule qui voit le lever du soleil et laisse le coq chanter pour éviter la cacophonie >>. Aujourd’hui, au FPI la cacophonie s’installe. Plus de leader pour mener la troupe. Tout le monde sait faire de la politique, tout le monde sait ce qui est bien pour le parti. La suspicion a atteint son paroxysme. Le président Affi N’guessan est l’homme à abattre parce qu’il a dévié la ligne du FPI, dit-on. Ce qu’on oublie c’est qu’on n’est pas dans un pays normal, un pays démocratique. Ici, c’est la raison du plus fort qui est la meilleure. Soutenu par la France et la communauté internationale, le nouvel homme fort de la Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara se croit tout permis. Face à cette attitude peu orthodoxe, il faut faire de la politique, la vraie, pour le dérouter et avoir la confiance de ceux qui dirigent le monde. Le président Affi fait de la politique. Qu’est ce qu’il a à tenir tête à tout le monde quand il sait que sans la base il n’est rien ? Allons y comprendre quelque chose. Ceux qui regardent le feuilleton ‘’SALONI’’ sur la télévision ivoirienne, précisément sur TV2, savent le sacrifice important que le personnage principal, c’est-à-dire ‘’Saloni’’ a fait pour sauver sa famille d’un problème sérieux au prix de toutes les humiliations et de sa vie. Situation certainement pareille pour Affi. Son comportement me rappelle également l’histoire ‘’Abla Pokou’’ qui a sacrifié son enfant pour sauver le peuple Baoulé qui fuyait l’ennemi.

François Soudan du journal ‘’Jeune Afrique’’ dit que Affi est mal parti parce qu’il croit que son heure est arrivée pour être président de la république. Le disant ainsi, ce François Soudan acquis à la cause d’Alassane Ouattara pousse les militants du FPI à haïr plus le président Affi parce qu’il sait le travail en profondeur que ce dernier est en train d’abattre. Pendant ce temps ce même François soudan fait l’éloge du nouveau président du conseil constitutionnel, Koné Mamadou, qui fut un pion de la rébellion de 2002. Il dit de lui qu’il est le meilleur magistrat à l’heure actuelle.

Nous savons tous que nous ne sommes pas indépendants vis-à-vis de la France. Qu’avons-nous obtenu d’elle en voulant voler de nos propres ailes alors que nous pensions être matures ? Où étaient les militants du FPI qui n’ont autres arguments que la force et la violence quand Nicolas Sarkozy bombardait la résidence du président Laurent Gbagbo ? Pourquoi refusons de voir la réalité en face ? En ce moment précis, nous ne pouvons rien contre la France si ce n’est la ruse. Le président Houphouët Boigny a utilisé cette technique pour sa longévité au pouvoir.

Le moment venu, nous prendrons notre destin entre nos mains. Pour l’heure, rien ne sert de courir, il faut partir à point. On fait un procès d’intention à Affi. C’est vrai, il pose des actes qui, ma foi, sont incompréhensibles. Mais sachez que le réel ne se laisse pas dire facilement, il nous résiste. Le président Pascal Affi N’guessan sait que s’il trahit le FPI, il aura signé volontiers son arrêt de mort politique. Alors, allons doucement. Il ne sert à rien de s’abandonner à un comportement bestial. Le débordement d’enthousiasme ne résout pas les problèmes politiques. Au-delà de nos divergences d’opinion, l’intérêt du parti nous commande de nous asseoir et discuter.

La France en difficulté fera sa mue. Celui qui se fie à elle, paie le prix de sa vie. Quoique nous fassions, la France continue de faire et de défaire ses anciennes colonies. La France n’a pas d’état d’âme. Pour ses intérêts et sa survie, elle est prête à tout. Le tour joué à Laurent Gbagbo, elle le fera à Alassane Ouattara. C’est à nous de comprendre cela et trouver une parade. Nous devons être dignes dans l’humiliation et pour conquérir la dignité, il faut apprendre la cause de son infériorité par rapport à son maître. Nous invitons donc tous les militants dignes de ce nom à prendre leurs responsabilités devant l’histoire.

On ne se bat pas au chevet d’un père malade. Laurent Gbagbo, le père fondateur du FPI, est victime de la méchanceté des prédateurs de ce monde. C’est dans l’union que nous parviendrons à revenir au pouvoir le plus tôt possible. Il n’y a pas de Pro-Gbagbo ni de Pro-Affi, mais des Pro-FPI.

G.OURA Kouakou

ourandrin@yahoo.fr

                                           

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