“France, nous te quittons… ” : la lettre choc qui affole Facebook

“France, nous te quittons… ” : la lettre choc qui affole Facebook

Son coup de gueule a été partagé par plus de 100 000 utilisateurs du réseau social Facebook. Ils sont également 155 000 à avoir « liké » sa lettre ouverte.

Géraldine Lerch-Thuillier, propriétaire et gérante de deux maisons d’hôtes à Beaumes-de-Venise a été obligée de fermer le statut de sa publication dans la nuit de vendredi à samedi. « C’est trop fou, j‘ai plus de 3000 messages de soutien sur ma boîte… Et je ne peux pas y répondre, car nous sommes dans les cartons pour le déménagement. »

Installés depuis dix ans à Beaumes-de-Venise, Géraldine, son mari et leurs quatre enfants s’envolent le 6 août pour Montréal pour, dit-elle, « refaire notre vie dans un pays où nous pouvons entreprendre sans être bloqués par des tracasseries administratives ou la frilosité des banquiers à aider ceux qui ont des idées ».

“France nous te quittons pour un pays où la réussite est bien vue”

Sur sa page, elle a donc écrit une longue lettre pour expliquer les raisons de ce départ : « France, nous te quittons pour un pays où la réussite est bien vue, où la création est encouragée », conclut-elle, ajoutant un petit signe caractérisé pour symboliser sa tristesse.

Amère certainement, lassée plus encore… Son ras-le-bol a été « compris et partagé, par de nombreux entrepreneurs, parce qu’il y a un véritable mal être dans notre pays ». « Toutes les petites entreprises souffrent et sont assommées par les charges », explique-t-elle.

De son expérience provençale, Géraldine Lerch-Thuillier gardera le souvenir de passages devant les tribunaux, de fin de non-recevoir de la part des banques et de ce qu’elle appelle « une certaine jalousie de clocher ».

« Si nous avions été originaires d’ici, tout cela ne se serait peut-être pas passé. Nous sommes “les Parisiens”. Le domaine est magnifique, nous avons beaucoup investi, et nous avons fait appel à de nombreux artisans de la région pour le restaurer. Nous employons quatre personnes, et on nous empêche de nous développer. Pour notre dernier projet qui ne verra donc jamais le jour, la banque nous a dit qu’elle ne voulait pas s’engager car le secteur du tourisme était un secteur à risques ! Mais de quoi vit le Vaucluse, si ce n’est du vin et du tourisme ? »

« Nous avons été condamnés à détruire notre outil de travail »

La première plainte, c’était en 2012. « Nous avons construit une cabane de luxe avec un spa, dans le domaine. Un succès immédiat, et je peux vous dire que nous avons logé beaucoup de monde dedans, y compris des célébrités internationales. Mais un voisin a porté plainte et la mairie s’est portée partie civile. Je reconnais que nous avons été un peu vite, et que nous n’avons pas déposé de permis de construire, une erreur de notre part. Nous avons joué et nous avons perdu. Je n’en veux pas à la mairie de Beaumes qui a fait son travail, mais je suis en colère contre la justice qui nous a condamnés à détruire notre outil de travail. »

Géraldine Lerch-Thuillier et son mari ont également fait l’acquisition d’une seconde maison à Beaumes. « Nous l’avons présentée en toute bonne foi comme une maison d’hôte, mais la DGCCRF estime qu’il s’agit de concurrence déloyale, car nous n’y habitons pas. Une plainte a été déposée, elle est en cours d’instruction.

Ras le bol, donc. Pour la chef d’entreprise qui est en train de faire le buzz sur Internet et bientôt dans les médias. « Mais attention, si cela s’emballe, je ne veux pas que tout ceci soit mal interprété. Ce n’est pas un constat d’échec, mais un constat général et certainement pas politique. »

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