Franklin Nyamsi, l’éminence grise de Soro Guillaume fait encore parler de lui: Selon lui la charte de la transition signée au Burkina n’est pas une « charte de la trahison »

Franklin Nyamsi, l’éminence grise de Soro Guillaume fait encore parler de lui: Selon lui la charte de la transition signée au Burkina n’est pas une « charte de la trahison »

Franklin Nyamsi, l’éminence grise de Soro GuillaumeLe mensonge et la forfaiture, de tout temps, ont eu les jambes courtes. Oeuvres ténébreuses, jamais ils ne courent plus vite que la pensée réfléchie et l’enquête objective, filles de la Lumière. Le trio putschiste Zida-Diabré-Bénéwendé vient d’en administrer la preuve au Burkina Faso, en pondant un texte obscur et obscurantiste, qui atteste de toutes les incongruités logiques, morales et politiques dont ils sont capables.

La Charte dite de la transition a été rédigée à douze mains par nos trois bonshommes qui se sont par ailleurs empressés de l’attribuer faussement, non pas à la foule instrumentalisée de leur putsch des 30-31 octobre 2014, mais au peuple burkinabé rendu muet et esclave par la destruction échevelée de ses institutions démocratiques par la même coterie populiste qui parade actuellement à Ouagadougou. Nos questions en la présente tribune sont donc les suivantes:

1) De quelle autorité morale la Charte dite de la transition produite par les putschistes ouagalais des 30-31 octobre 2014 se revendique-t-elle?

2) Que penser des organes de la supposée transition et notamment de la conception du consensus qui se dégage de l’analyse de leur composition?

3) Faut-il croire que les élections prévues au terme du processus de ladite transition arbitreront définitivement et apaiseront tout de go le différend politique actuel au Burkina Faso?

A contre-courant du vent d’optimisme qui souffle parmi les sacralisateurs de foules, je m’emploie dans la présente analyse à montrer pourquoi de sérieux périls s’amoncellent à l’horizon politique du Burkina Faso. Car autant, j’annonçai il y a plusieurs mois le complot des extrémistes burkinabé qui a explosé au grand jour les 30-31 octobre 2014, autant je vois venir une déflagration plus importante, qui traverserait autant la Grande Muette du Faso que sa société civile, en raison de l’échec programmé de la présente et supposée transition vers la démocratie.

I – De l’autorité morale douteuse des transitionnaires burkinabé

L’autorité morale d’un texte politique organisant la cité doit venir du peuple et non d’une partie du peuple ou des usurpateurs du nom du peuple. En tentant de consulter le peuple burkinabé sur le destin de l’article 37 de la constitution, le président Compaoré a respecté ce canon. On ne s’en rend pas assez compte, quand on est pris dans l’euphorie naïve de la « colère des foules ». La consultation du peuple, elle-même, ne se fait pas à tire-larigot, aux bonheurs des copains et coquins putschistes rassemblés. Elle se fait par la voie objective de l’élection transparente et équitable. De quelle représentativité populaire les bénéficiaires de l’insurrection des 30-31 octobre 2014 peuvent-ils se prévaloir? Aucune. Et dès lors, place au bricolage putschiste.

La lecture de la Charte publiée le 14 novembre dans la presse internationale ne laisse pas de surprendre, tant le culot des rédacteurs est patent. Dans le préambule du texte, nos rédacteurs transitionnaires prétendant se fonder sur la Constitution de 1991, alors que dans l’article 25 du même texte, ils n’hésiteront pas à écrire: « En cas de contrariété entre la Charte de la Transition et la Constitution, les dispositions de la présente Charte prévalent. » Ainsi, à bien comprendre nos gugusses passés-maîtres dans l’art de la dissimulation maladroite, la Charte de la Transition se fonde sur la Constitution et la même Charte de la Transition prévaut sur ladite Constitution. Cinglante contradiction. Ou bien la constitution est le fondement, et alors, elle prévaut sur tout autre texte; ou bien la Constitution est invalidée, et alors, on veut/peut faire prévaloir sur elle une Charte qui devient elle-même la Constitution, la loi fondamentale. Affirmer une chose et son contraire, n’est-ce pas l’annonce bien faite, dès le préambule de l’écrit transitionnaire burkinabé, que la duplicité sera célébrée d’un bout à l’autre dudit texte?

Fondée sur un mensonge structurel, la Charte de la Transition prospère dans cette néfaste lancée dès son Titre I, consacré aux valeurs dites de référence de la transition burkinabé. Parmi ces valeurs, généreusement citées d’autant plus qu’on se fiche pas mal de leur correspondant réel dans l’actualité burkinabé, on note par exemple le couple « pardon-réconciliation »: Ceux qui se vengent du régime CDP actuellement ne sont-ils pas précisément ceux qui écrivent ces mots généreux? On note le couple de valeurs « tolérance et dialogue »: ceux qui ont exclu la majorité présidentielle issue des urnes du débat transitionnel ne sont-ils pas les mêmes à prononcer du bout des lèvres leur tolérance et leur dialogue? Mieux encore, le Titre I revendique la valeur de fraternité : envers qui donc? Envers le ministre d’Etat Assimi Kouanda, aujourd’hui prisonnier politique, sans avoir jamais attenté à la moindre vie d’un burkinabé quelconque ni incité qui que ce soit au crime, au viol, au pillage ou à la vengeance?

Fraternité envers la famille Compaoré dont l’honneur et la dignité sont livrées à la vindicte médiatique à coups de mensonges flagrants, de diffamations grossières, de menaces et de rodomontades cyniques? Fraternité envers les milliers de militants du CDP dont les biens ont été allègrement pillés, l’intégrité physique violée et la sécurité psychologique, gravement ébranlée? Trêve d’hypocrisie. Le Burkina Faso est résolument divisé en ce mois de novembre 2014. La transition politique burkinabé actuelle relève davantage d’une économie de la vengeance que d’une vision éthique du progrès démocratique. Et cela ne fera l’ombre d’aucun doute, à l’analyse des structures prévues pour ladite transition politique.

II – Le partage du gâteau putschiste ou l’avarice des parvenus par excellence

A la manière dont se distribuent les cartes de la gestion d’un pays, se décident aussi les conflits qu’il ne manquera pas de couver et les tragédies qui en résulteront par voie de nécessité. On apprend donc, en parcourant le titre II de la Charte dite de la Transition, que le Président de la Transition sera un saint-homme civil ayant en plus le privilège d’être un « burkinabé de naissance » (art.3). Ne perdons même pas notre temps à croire qu’un tel saint-homme, vierge de tout intérêt partisan, existe au Burkina Faso. Il n’y en a nulle part sur la terre. Aucun homme, aucune femme au Burkina Faso, fût-il tout droit sorti de la cuisse de Jupiter, ne fera consensus et unanimité dans le peuple réel. Mais il y a pire, dans le non-dit de l’article 3 que nous auscultons.

Les implications burkinitaires de cette clause ne puent-elles pas de loin? La burkinité, cousine de l’idéologie infecte de l’ivoirité, conception chauvine et discriminatoire de la citoyenneté, est en effet l’une des marques déposées de la nouvelle coterie putschiste burkinabé. Il faut en effet se souvenir qu’en janvier-février 2014, aux débuts de la polémique médiatico-politique sur l’article 37 de la Constitution de 1991, les Diabré, Bénéwendé, Etienne Traoré et Saran Sérémé, avaient tous juré que le Burkina était la chose exclusive des Burkinabé et qu’aucune nation amie, quelle qu’elle soit, n’avait vocation à leur prodiguer le moindre conseil sur l’avenir de leur pays. Un tollé xénophobe avait été excité dans la médiasphère burkinabé contre la mission de bons offices alors instruite par le Président ivoirien Alassane Ouattara auprès du peuple du Faso. Certains opposants burkinabé s’étaient même permis, comme le professeur Etienne Traoré et la très surexcitée Saran Sérémé alias Inteligencia, des propos offensants et inélégants contre la seconde personnalité de Côte d’Ivoire, le président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro.

Interrogeons-nous donc à propos de l’article 3 de la Charte dite de la Transition: les rédacteurs veulent-ils ainsi s’adresser aux près de 5 millions de burkinabé vivant en Côte d’Ivoire, dont certains bi-nationaux ivoiro-burkinabé, qui seraient ainsi d’emblée exclus de la course aux fonctions suprêmes burkinabé? N’a-t-on pas entendu, aux débuts du coup d’Etat du Lieutenant Colonel Zida, ses amis politiques prévenir, comme les militaires, que les Burkinabé de l’Etranger seraient exclus des prochains scrutins? On a désormais de sérieuses raisons de penser que ceux qui veulent diriger le Burkina Faso s’engagent résolument dans la négation du métissage de son peuple; dans l’entretien d’une hostilité envers les Burkinabé de l’étranger; et pire, dans l’organisation de l’exclusion et de la suspicion politiciennes systématiques envers les bi-nationaux Burkinabé; dans une diplomatie de la défiance envers les Etats voisins et historiquement liés au Burkina Faso, comme au temps du Capitaine Thomas Sankara. Question: Se laisseront-ils faire, tous ces laissés-pour compte de la transition? Quand on sait par ailleurs que le fait d’avoir soutenu la modification de l’article 37 a été transformé en crime politique par les rédacteurs de la même Charte, comment nier que celle-ci soit une véritable déclaration de guerre civile en bonne et due forme?

L’article 5 de la Charte dite de la Transition aborde les conditions de désignation du Président de la Transition, et évoque la mise sur pied d’un Collège de désignation composé de 23 membres ( 5 représentants des partis politiques, 5 représentants de la société civile, 5 représentants des Forces de Défense et de Sécurité, 8 représentants des autorités religieuses et coutumières). Le Président de la Transition, supposé être désigné par ces représentants choisis sur la base de l’exclusion systématique des représentants de la majorité politique renversée du CDP, peut être remplacé par intérim en cas de vacance, nous dit le texte, par le Premier Ministre de Transition, qui pourrait du reste être un militaire. Non seulement donc, les militaires, qui étaient supposés rentrer dans les casernes, n’y rentreront pas avant novembre 2015, comme l’a confirmé le Lieutenant-Colonel Zida au quotidien Le Monde, mais mieux encore, la transition peut, à tout moment, être pleinement présidée par le même soldat qui l’a inventée de toutes pièces avec ses comparses Diabré et Bénéwendé.

Quoi d’étonnant quand on sait que le Conseil National de Transition est envahi par 30 membres de l’opposition du CFOP, 25 membres de la société civile qui sont des doublons des précédents, 25 membres des FDS qui sont des alliés des deux précédents, et 10 représentants éventuels de l’ancienne majorité politique qui devront surtout briller par leur silence et leur timidité dans tous les cénacles? Quand l’article 13 consacre l’exclusion du gouvernement de Transition, de l’ensemble des cadres de première importance du CDP à travers la clause « N’avoir pas soutenu la révision de l’article 37 », on comprend définitivement la facture vengeresse et punitive de l’organisation entière de cette transition, que conclut solennellement l’article 25, proclamant la supériorité de principe du chiffon transitionnaire sur la Constitution démocratique et républicaine de 1991.

III – Les futures élections burkinabé: une confirmation du différend politique fondamental

Au regard de l’absence de consensus et de l’économie de la vengeance qui président au texte de la Charte dite de la Transition, force est donc de constater que l’enjeu et le résultat des élections que les transitionnaires veulent organiser en 2015 sont fixés d’avance: il s’agit, à tous prix, de faire gagner un candidat qui poursuivra le règlement de comptes avec ceux des burkinabé qui se sont rassemblés autour et dans le CDP du Président Blaise Compaoré. En contraignant le président sortant à l’exil, en harcelant les cadres de son parti quand on ne les embastille pas, alors même qu’ils se sont abstenus de baigner le pays dans le sang, contrairement à ce qu’aurait fait un Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, les nouveaux maîtres de la transition burkinabé contraignent leurs victimes innocentes à entrer diversement en résistance pour leur survie existentielle et citoyenne. Et donc, sous la cendre, couvera encore le feu.

Les futures élections annoncées pour 2015, supposées parachever la phase de transition par un plein retour à l’Etat de droit démocratique, sont en réalité l’ultime farce du front démocratophobe burkinabé contre les 27 années de progrès politiques et socioéconomiques continus impulsés au Burkina faso, sur tous les plans, par le président Blaise Compaoré. Le CDP, dans la phase actuelle, paraît sonné groggy par la violence des comparses putschistes dont la haine du référendum et des élections démocratiques vient de révéler à ceux qui en doutaient encore, le populisme chronique. Diabré, Zida, Bénéwéndé, et leurs suiveurs manipulateurs de foules, réussiront-ils à transformer leur coup d’essai en coup de maître?

La suite de l’histoire seule nous le dira. D’ores et déjà cependant, nous savons que la Charte dite de la Transition n’est rien d’autre qu’une Charte de la Trahison: trahison envers les institutions démocratiques du Faso qui ont hébergé et protégé les vies des Diabré, Bénéwéndé, Zida, et compagnie; trahison envers la quête de consensus recherchée avec acharnement par le président Compaoré depuis la fin de l’ère révolutionnaire burkinabé; trahison envers l’espérance de foules manipulées qui se retrouvent, de fait, dans un régime militaire, après avoir été leurrées par de pseudos opposants républicains. Disons-le autrement: la Charte de la Transition est une Charte de la Trahison, car elle rouvre, manifestement, la parenthèse de sang au Burkina Faso. Ce beau pays mérite infiniment mieux que cette imposture. Aidons-le à s’en affranchir, si nous le pouvons et dans la mesure où nous le devons.

Source: guillaumesoro.ci

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