Fraude sur le passeport ivoirien : 10.000 FCFA, et tout va bien (L’Eléphant déchaîné) | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Fraude sur le passeport ivoirien : 10.000 FCFA, et tout va bien (L’Eléphant déchaîné)
Fraude sur le passeport ivoirien : 10.000 FCFA, et tout va bien (L’Eléphant déchaîné)

Fraude sur le passeport ivoirien : 10.000 FCFA, et tout va bien (L’Eléphant déchaîné)

Il est 14h 30 minutes, ce vendredi 4 juillet, quand l’autobus en partance pour Lomé via Accra, arrive au poste de contrôle à la frontière à Noé. Tous les passagers du car doivent descendre pour les formalités d’usage. C’est que la police doit identifier toutes les personnes qui sortent du territoire ivoirien. Après la présentation des pièces d’identité, ceux qui sont en possession d’un passeport sont priés d’aller les faire scanner tandis que ceux qui ont présenté une autre pièce peuvent regagner le car après avoir passé le service de vaccination.

Mais après le poste de police ivoirien, un responsable de la compagnie de transport garde les passeports et demande aux possesseurs de payer 1000FCFA pour y mettre le cachet une fois en territoire ghanéen. Ce qui est vite fait. Jusque là, tout va bien! Après toutes ces formalités, les passagers regagnent le car en attendant de récupérer leur passeport pour continuer le voyage. Mais au moment où le car allait s’ébranler, les uns et les autres réalisent qu’un passager manque à l’appel. . Il s’agit de Arafa Soumahoro. Quand il rejoint le car, il raconte à son voisin que son retard est dû au fait qu’après avoir scanné son passeport, les policiers au poste voulaient qu’il paye 10.000fcfa

Après cette information, tout de suite, un débat s’ouvre sur la moralité des policiers. Chacun y va de son commentaire : «Mais les policiers exagèrent, si le monsieur a son passeport, pourquoi lui prendre 10.000f ?» «On a tous payé 1000FCFA, pourquoi à ton tour, on te demande de payer 10000f» «Tu n’aurais pas dû payé cette somme, les policiers ne vont jamais changer, toujours en train de racketter ». Entendait-on dire dans le car, pour réconforter le concerné.

Un monsieur assis non loin de là, qui n’avait rien dit depuis le début du débat, lance: «On est tous ivoirien et on a tous payé 1000FCFA pour mettre le tampon dans nos passeports ; alors si lui il a accepté de payer 10000FCFA aux policiers encore, c’est qu’il sait pourquoi. Est-ce que vous êtes sûr qu’il vous a tout dit ? »

Du coup, certains passagers se rendent compte effectivement que cette histoire est un peu bizarre.. Quelque instants plus tard, l’homme en possession des passeports entre dans le car et commence à les distribuer mais il omet de remettre celui de Soumahoro, lequel le lui fait remarquer tout de suite.

«Toi tu sais que ton cas est particulier. Ton passeport n’est pas avec moi, on a remis ça au chauffeur.» Alors les autres passagers lui demandent pourquoi il a payé 10.000FCFA et non 1000FCFA comme les autres. «Demandez-lui ce qui s’est passé. C’est vrai qu’il a un passeport ivoirien mais le passeport est faux». Il s’adresse au concerné : «Est-ce que les policiers ne t’ont pas menotté ?»

Le concerné baisse la tête et ne répond pas. Et l’homme de continuer : «Les policiers voulaient l’enfermer, et on a dû plaider pour lui. On lui demande comment il a eu le passeport il ne répond pas. Il a eu la chance qu’il était dans un car UTB. Si c’était une autre compagnie de transport on allait l’enfermer». Subitement tous les regards se tournent vers Soumahoro. «Ah, vous aviez raison monsieur» , lance un une dame.

Et le distributeur de passeports de poursuivre, énervé : «Madame, vous savez j’ai beaucoup voyagé et ce genre de choses je le vois chaque jour. J’ai fais la Tunisie, l’Egypte et même l’Israël d’où on a été rapatrié, à cause de la mauvaise réputation et le sale comportement de nos frères africains. Certains ressortissants des pays voisins, je ne sais pas par quels moyens, s’arrangent pour avoir des documents ivoiriens et font beaucoup de conneries et quand on les attrape comme ils ont des documents ivoiriens on dit que les Ivoiriens sont malhonnêtes. Alors que ce ne sont pas des Ivoiriens en réalité. Notre nom est gâté partout. Et ce sont ces attitudes qui nous ont emmenés dans la crise que nous connaissons mais malgré cela, on continue de ne pas faire attention. On aurait dû lui arracher ce passeport là». Ces propos ouvrent un autre débat dans le car.

«Moi je pense que chacun devrait être fier de son origine et la respecter». Ajoute la togolaise. «Mais on n’a pas à avoir honte de sa nationalité», commente une jeune ivoirienne, en partance pour Lomé pour des vacances.

Comme quoi, les policiers ivoiriens savent prendre soin des documents administratifs ivoiriens!

YAO RAISSA (stagiaire)

Source: L’Eléphant déchaîné

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