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Front populaire ivoirien: L’inavouable complot interne contre Gbagbo

Front populaire ivoirien: L’inavouable complot interne contre Gbagbo

Le Front populaire ivoirien ne s’est toujours pas prononcé sur la décision de sa direction qui a nommé un représentant à la commission électorale indépendante. La réunion du comité central qui devait dire si oui ou non le parti est d’accord n’a finalement rien décidé. Mais derrière ce statu quo se sont dissimulées de multiples manoeuvres,et parfois des violences intolérables envers des camarades de parti.Au final, le complot anti-Gbagbo transcende les lignes habituelles.

Où est Gbagbo dans tout ça ? Le préalable d’un membre du comité central n’a pas bien pesé lourd lors du comité central du samedi 30 août dernier qui s’est déroulé au siège provisoire du FPI. Car contrairement aux habitudes, la musique classique a été préférée à l’hymne du parti pour accompagner l’arrivée du président du parti et ce n’est pas près de finir. Après avoir mis trois heures de retard pour rallier le siège du parti, Pascal Affi N’guessan a fini par reconnaître qu’il n’a pas respecté la procédure pour désigner l’ancien ministre de la défense Alain Dogou à la CEI sous la pression du ministre Hamed Bakayoko mais qu’au final, il souhaitait que ce choix soit entériné par le comité central.Dans le cas contraire, il souhaitait que l’on passe au vote.

Malmené au dernier comité central, le président du FPI avait battu le rappel de ses partisans.Ses détracteurs affirment que pour ce faire, des participants qui n’avaient jamais été élus auparavant dans leur fédération se sont retrouvés au sein du comité central en toute légalité (sic). Mais l’on a aussi dénoncé de multiples manoeuvres comme celles qui consistent à trier les intervenants.

Pour simplifier la procédure, Laurent Akoun devenu son opposant numéro 1, après son refus de céder le pouvoir à Agnès Monnet dont la nomination a été finalement entérinée par le comité central, a proposé qu’il y ait aussi quelqu’un pour dire pourquoi il n’est pas bon que le FPI fasse son entrée à la CEI.

Ainsi, les militants pourraient choisir en toute connaissance de cause, lors d’un vote.Mais sa proposition n’est pas retenue. Il faut dire que le principe du vote était d’ores et déjà redouté par certains cadres. La présidente des femmes du FPI l’avait plus ou moins fait savoir en calmant les ardeurs d’Affi d’en finir tout de suite. « Il n’y a pas de petit vote et les perdants d’aujourd’hui peuvent constituer demain un problème pour le parti », avait alors plaidé Marie-Odette Lorougnon.

En définitive, la décision de donner la parole aux 225 inscrits de la dernière fois pour qu’ils argumentent à nouveau est retenue. Les échanges sont houleux et les intervenants s’empoignent sur tout. Ceux de Miaka Oureto et Lida Kouassi Moïse font sensation de contradiction.

L’ancien président intérimaire du FPI, de sources proches du comité central, a vivement reproché au président du FPI son attitude solitaire. Il a affirmé qu’avant Affi, les membres de la communauté internationale avaient demandé à son bureau d’entrer dans le gouvernement d’Alassane Ouattara.

Ce qu’ils ont refusé pour ne pas cautionner le tort causé à Gbagbo. Miaka Oureto a également condamné qu’à l’occasion de la rencontre avec François Hollande, le président du parti ait choisi un quarteron de fidèles pour y aller. Mais qu’en définitive, il préférait que le comité central accepte de laisser Alain Dogou y représenter le FPI « et puis on verra ce que cela donne ». Moïse Lida Kouassi, lui n’a pas voulu faire de demi-mesure, puisqu’il a reproché au président du FPI d’avoir mangé les deux grands totem du FPI : avoir décidé de tourner la page Gbagbo et être entré à la CEI. A ses yeux, s’il n’y avait pas eu une crise sur les nominations, Affi N’guessan aurait continué à liquider l’héritage de Gbagbo.

Sur la question de la CEI, il a notamment trouvé inadmissible qu’Alain Dogou puisse représenter le FPI dans une CEI qui compte de toute façon 17 membres et où il ne ferait rien, surtout qu’il a été le dernier ministre de la défense de Gbagbo et qu’il lui expliquer les raisons de cette défaite militaire.

Ses critiques touchent le clan Affi qui est piqué au vif. Puis, la nouvelle secrétaire générale du parti passe à la parole à Abouo N’dori, l’un des hommes clés du clan Affi, qui,lui, s’emploie aussitôt à démonter Lida en revenant sur sa responsabilité dans la prise des villes par les rebelles en 2002. Les deux hommes manquent alors de s’empoigner mais la garde rapprochée d’Affi s’interpose. Dans la salle, c’est la confusion. Huées, menaces, invectives,tentatives d’empoignades…

Le président du FPI en profite pour passer à un autre point, promettant organiser un nouveau comité central sur la question. Et Gbagbo dans tout ça, avait demandé un militant ? Très peu d’attention pour l’ancien président en effet. Même si sur proposition de la nouvelle vice-présidente chargée de coordonner les actions pour sa libération, un colloque international devait être organisé à Abidjan en septembre.

Les dernières menaces de la CPI contre l’ex-première dame n’ont pas,elles non plus, trouvé le moindre écho au cours de ce comité central. Selon toute vraisemblance, cette non-décision laisse le temps au président du parti. Il peut maintenant, analyse ses détracteurs, regarder ce que fera le gouvernement. Puisque, selon des fuites régulièrement publiées dans des journaux, le FPI devrait hériter de quelques postes ministériels, six au total, qui auraient été assujettis à son entrée à la CEI. Tout dépendra donc maintenant de ce que va faire Alassane Ouattara qui dispose aujourd’hui d’alliés sûrs au sein du FPI. Quant à Gbagbo, lui, il a désormais du souci à se faire parce que ses affidés habituels ne semblent plus que jurer par leurs fantasmes de retour au pouvoir.

Sévérine Blé

Source : Aujourd’hui

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One comment

  1. Le TEMPS est l’autre nom de Dieu. Plus que les dos des nageurs, nous voyons leurs VISAGES.

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