Gabon : le grand patron, le vrai maitre du jeu, fait entendre sa voix

Gabon : le grand patron, le vrai maitre du jeu, fait entendre sa voix

Si la Françafrique est synonyme de la 5ème République, créées toutes deux par le général de Gaulle pour préserver jalousement les intérêts de la France, nous avons vu cette république bradée petit à petit pour d’autres intérêts que celui des Français, et définitivement vendue aux puissances qui gouvernent l’OTAN par Nicolas Sarkozy qui ne fut nommé (certains disent élu) que pour cela. Mais ce que peu de gens ont vu, c’est que la Françafrique, indissociable de la 5ème République, faisait partie du lot qui a été vendu, avec, certes, des retombées très positives pour les vendeurs.

Dès lors, les Décideurs de Washington avaient repris la main sur la gestion atlantiste de l’Afrique, en en confiant certaines tâches à la France, mais surveillant de loin ce qu’elle faisait, n’interagissant que si cela était nécessaire. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer toutes les interventions politiques ou militaires de la France sur le continent africain. On sent toujours derrière elles l’ombre des Etats-Unis (ou de l’OTAN, ce qui revient au même).

Le Gabon n’échappe pas à la règle. Après la validation de l’élection d’Ali Bongo par le conseil constitutionnel gabonais, le camp de soutien de Jean Ping manifeste des réactions étalées sur plusieurs niveaux : du refus pur et simple  de cette décision par le premier soldat en ligne de front, Jean Ping lui-même, aux hésitations septiques du grand patron étatsunien. Mais ce n’est là qu’une distribution de rôle pour manifester un refus global qui pourrait aller bien au-delà des simples mots.

Nous savons que Jean Ping ne peut rien faire par lui-même. Il dépend entièrement des moyens que lui fourniront ses patrons. Alors attardons-nous à ce que disent ces patrons. Par la voix de l’ambassadeur des Etats-Unis à Libreville, Washington annonce qu’il est reconnaissant « du fait que toutes les parties ont choisi d’utiliser les procédures légalement établies pour se prononcer sur leurs préoccupations de manière pacifique ». Reconnaissant de quoi, et à quel titre ? Les Gabonais peuvent-ils manifester officiellement leur reconnaissance à la Cour Suprême des Etats-Unis pour le bon déroulement des élections américaines ?

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« Maintenant que la décision a été annoncée, nous exhortons la Cour à publier les détails de ces procédures publiquement, par souci de transparence », nous dit encore l’ambassadeur. Autrement dit, les Etats-Unis n’ont aucune confiance dans les institutions africaines. Les résultats publiés, puis réexaminés par la Cour Constitutionnelle du Gabon, avec la supervision de l’Union Africaine qui dit avoir pris acte de la décision de la Cour, ne leur suffisent pas. La demande de publication de « détails » risque fort d’en précéder d’autres, car l’acceptation du recours par voie légale n’a été qu’une contrainte qu’ils ne pouvaient pas balayer d’un revers de main, et en aucun cas le terme de cette affaire.

Ils ont déjà piétiné la constitution de la Côte d’Ivoire pour parvenir à leurs fins. Les Ivoiriens ne s’y attendaient pas, et la présence d’un conflit avec des forces armées sur le terrain brouillaient la vision des évènements. Ce n’est pas le cas du Gabon, le hold-up ne sera donc pas si facile, d’autant moins facile que d’autres puissances veillent à ce que la légalité institutionnelle soit respectée. Pour les Etats-Unis qui ont absolument besoin de miser sur la légalité aux yeux de l’opinion publique, c’est un obstacle difficilement contournable.

Avic – Réseau International

Photo: Eric D. Benjaminson, ambassadeur des Etats-Unis à Libreville

One comment

  1. Ali BONGO doit commencer à faire très très très attentin à la capacité de nuisance de la France. Elle va lui pourrir la vie….et continuer dans le crime

    suivez mon regard en Côte d’Ivoire

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