Gbagbo, le “démon” fabriqué par le RHDP

Gbagbo, le “démon” fabriqué par le RHDP

Au sortir des années 90, monsieur Laurent Gbagbo était perçu comme une alternative. Face à la décadence dans laquelle plongeait la Côte d’Ivoire et la pauvreté grandissante à partir des années 80 (la conjoncture selon Houphouët Boigny), l’opposant Laurent Gbagbo ayant proposé le programme de la refondation se trouve être la solution de sortie de crise. Crise d’ailleurs pas qu’ivoirienne.

Dès son accession au pouvoir et après l’adoption des lois pour son projet de société, le seul à l’époque, le pays s’est remis au travail, l’espoir a repris forme dans la tête des ivoiriens.

En ce moment là, on ne parlait pas d’escadron de la mort, de mal gouvernance, de crimes économiques, d’achats d’armes. Comme monsieur Ouattara aujourd’hui bouge pour le redressement de la Côte d’Ivoire, monsieur Laurent GBAGBO s’était rendu en Italie pour proposer la Côte d’Ivoire en refondation à l’Europe et rencontrer le Pape. Entre-temps toutes les institutions qui avaient rompu leur collaboration d’avec le pays pour faits de malversations ou encore du pouvoir militaire ont renoué avec lui. L’espérance en ces temps là était grande pour la jeunesse. Pas toute !

2002, une tentative de coup d’état menée par l’ex-fesciste SORO Guillaume Kigbafori vient perturber le réveil de cette population au matin du 19 septembre. Dans les garnisons des rebelles de toutes nationalités, des armes lourdes et à destruction massives. Non soutenu par la France de Chirac (comme l’inviterait des accords économiques datant des années indépendance) ; Laurent GBAGBO ne pourra faire face à cette force dévastatrice. Conséquence : le pays divisé en deux ainsi que l’avait publié le quotidien Le Patriote quelques jours avant. Voilà la rébellion. Mais pourquoi ?

Pour l’opinion publique, xénophobie, tribalisme, humiliation des populations du Nord. Mais pour le jeune Soro Guillaume à l’époque pas encore très politique : c’est pour un nouvel ordre politique. De quel ordre parlait-il ? Au résultat, il y a eu des morts – des villages disparus – des populations exterminées.  Processus mis en œuvre : rendre le pays ingouvernable ; pour ne pas citer le Président actuel de la République alors Président du RDR, parti au compte duquel de jeune SORO Guillaume a été colistier de Mme Henriette Dagri DIABATE au municipal dans la commune de Port-Bouët en 2001.

Autrement ; il fallait empêcher monsieur Laurent GBAGBO et le programme de la refondation de se mettre en place et surtout d’arriver à terme. Convaincus qu’ils étaient de la qualité de ce programme. Ainsi la rébellion installée avait pour fin d’avoir monsieur Laurent GBAGBO à l’usure. Surtout ne pas désarmer avant.

Mais alors, toutes les fois que ce macabre projet a connu du succès, que de savourer sa joie et dire “on a réussi”, la coalition qui s’est constituée entre-temps entre deux visites à Paris de monsieur Alassance Dramane OUATTARA et monsieur Henri Konan BEDIE (RHDP) crie “c’est GBAGBO”. Huit ans plus tard, 2010, ‘’l’ingouvernabilité’’ ayant totalement marché, satisfaits ces houphouétistes circonstanciels chantent aux malheureuses populations : votre problème, c’est Gbagbo, votre problème, c’est Gbagbo….

Ce déluge de haines à finir par avoir raison des peuples meurtris par 08 années de crise qui finiront par chanter eux aussi, mon problème c’est Gbagbo, faut qu’il parte. Qu’il quitte. A ce moment là monsieur SORO peut commencer sa révolution orange, comme la compagnie de téléphonie aurait fait des bonus crédits à tous ses clients une fois le boulot accompli.

Soutenu par Sarkozy, monsieur OUATTARA et l’Elysée scandaient en alternative aux problèmes des ivoiriens : votre salut, c’est ADO ou ADO-Solutions. Solution comme exactement le programme de la refondation de LAURENT GBAGBO et le FPI alors !

Octobre 2010, convaincu que la rébellion ne désarmera jamais tant que monsieur OUATTARA n’a pas perdu aux élections et au constat de la nocivité de la crise qui s’aggravait, monsieur Laurent GBAGBO accepte une élection sans réunification. Ce qu’il avait négligé, c’est jusque où son farouche adversaire s’était juré d’aller avec sa rébellion pour prendre le pouvoir.

La crise qui subviendra déjà pendant la campagne et juste au dernier jour de celle-ci est justement la réelle expression. Il fallait donc dire qu’il y a eu guerre civile parce que monsieur OUATTARA ne pouvait aucunement accepter de manquer la dernière chance (légale) qui lui a été mis sur un plateau par la France de prendre le pouvoir d’Etat. C’est parce que monsieur OUATTARA n’a pas accepté et sa rébellion avec lui, qu’il soit déclaré perdant qu’il y a eu les tueries de policiers et gendarmes taxés de pro-Gbagbo alors qu’ils faisaient leur travail.

C’est parce que le seul résultat acceptable, c’est la victoire que OUATTARA et Sarkozy ont privé de médicaments le paisible peuple de Côte d’ivoire. C’est parce que Monsieur OUATTARA devrait coûte que coûte être au palais que les banques ont été sommées de fermer, le port et le cacao des planteurs ont été bloqués, que l’aéroport a été occupé par les forces françaises, que l’onuci a fait le blocus du golfe et attaqué les positions de fds, et que les forces spéciales françaises ont bombardé la résidence présidentielle.

Au Nord, chez les rebelles en armes il n’y a pas eu d’élection libre. Monsieur OUATTARA le sait, Sarko aussi, Monsieur Bédié et le pdci en on prit à leurs dépends quand le vieux parti est arrivée troisième à la présidentielle et qu’il ne fera pas mieux aux jougs électoraux à venir.

On n’a dit au contraire, c’est parce que Laurent GBAGBO ne veut pas quitter le pouvoir. C’est Laurent GBAGBO pourtant qui au plus fort de la crise a proposé aux houphouétistes : venez qu’on discute. Ces houphouétistes incongrus ont répondu : il n y a plus rien à discuter. Drôle d’houphouétisme ! De quoi avaient-ils discuté auparavant ?  L’on ne sait.

En fait, à cette heure là, le fruit mûr devrait être cueilli. On a réussi à fabriquer le dictateur, le démon avec qui on ne discute pas mais qu’on chasse, qu’on tu. Comme Saddam, comme Kadhafi. La Côte d’Ivoire a été inondée d’armes, comme en Irak, comme en Lybie.

Aujourd’hui, on parle de gouvernance, de malversations, on parle de crimes économiques commis par Gbagbo. Quels comptes à la rébellion qui a occupé le Centre, le Nord et l’Ouest de la Côte d’Ivoire pendant huit ans ? Quels comptes ! Toutes les infrastructures y sont en ruines. Pourquoi on ne décréterait pas  une journée nationale de l’ingouvernabilité ? Ça marche ! Cela permet plus tard lorsqu’on est au pouvoir, de faire des programmes présidentiels de soins gratuits, relance économique, d’emploi. A propos d’emploi ; 200000/an, pour qui ?

La réponse a cette question est sans ambiguïté : pour les ex-forces nouvelles ou pour les ex-rebelles ou plus justement les miliciens pro-ouattara.  Pour eux, oui. Les autres, diplômés, prière attendre. Que voulez-vous ! Le démon a acheté les armes pour tuer son propre peuple, heureusement qu’il est parti ; les sauveurs, les FRCI, combien d’armes automatiques possèdent chacun d’eux ? Peut importe. Le boulot est fait. Le démon a été chassé.

Maintenant, il faut qu’on leur trouve autre chose à faire. Voyez comment tout le monde est content que ADO soit au pouvoir ! La réunification n’est plus une exigence du gouvernement mais des rebelles. L’unicité des caisses, le redéploiement, huit ans au démon = NON ! Deux mois à la solution = OUI.

Bravo ! Sir SORO K. Guillaume qui a réussi à roublardiser le roublard. Ce qui lui vaut d’être premier ministre encore aujourd’hui.

Bravo ! au RHDP qui a fariné le boulanger. Salut supers roublards et supers boulangers, salut les houphouétistes, le vieux aurait bien aimé ces rounds. Comme il aimait la boxe.

Mientisro J.

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