GERMAIN SEHOUE (JOURNALISTE-ECRIVAIN) : « Que des bonnes volontés m’aident»

GERMAIN SEHOUE (JOURNALISTE-ECRIVAIN) : « Que des bonnes volontés m’aident»

Journaliste au quotidien Le Temps, Germain Séhoué a procédé à la dédicace de son ouvrage Le commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan, le samedi 1er mars 2014 au QG du FPI, devant un parterre d’invités. Il fait le bilan de cette belle cérémonie.
Après cérémonie de dédicace, quel bilan en faites-vous ?
Un bilan très positif. C’est à la dernière minute que, à cause du retard pris par la mise en place de la sono, que le Parrain, le Premier ministre Pascal Affi N’Guessan s’est fait représenter par le Dr Alphonse Douaty, 10e vice-président du Fpi. Je remercie donc le Parrain et son représentant, ainsi que toute la direction du Fpi massivement présente à la cérémonie et la représentante des autorités des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Je dis également ma gratitude à tout ce beau monde venu en savoir plus sur l’œuvre. Je salue surtout le Professeur Dédy Séri et le Dr Guehoun qui ont épaté le public par leurs interventions. Cette cérémonie a montré l’engouement du public (noir et blanc) autour de l’œuvre. On a compris à travers cette mobilisation que la recherche de la vérité préoccupe beaucoup de personnes. Et les nombreuses réactions du public, au téléphone, les félicitations et autres encouragements, suite à cette cérémonie, me donnent raison de l’avoir réalisée.
Le livre s’est-il donc bien vendu ?
Le stock du livre était même épuisé au terme de la cérémonie. Et je constate que, c’est maintenant même que les gens se sont rendu compte que le livre était là. Je suis submergé de demandes. Ils appellent de partout, de l’intérieur du pays comme d’Abidjan, pour savoir comment s’en procurer. Et les lecteurs de l’intérieur nous reprochent de les oublier bien souvent, parce qu’avant qu’ils ne soient informés de la présence du livre à Abidjan, ils apprennent en même temps la rupture du stock, et ce, depuis 2012. Donc la demande est forte. Certains ont déjà versé leur argent pour réserver le livre et c’est ce que je conseille à ceux qui m’appellent et je dis qu’ils sont nombreux.
1 GERMAIN SEHOUE (JOURNALISTE ECRIVAIN) : « Que des bonnes volontés m’aident»
Combien de livres aviez-vous apportés pour la cérémonie ?
Pas vraiment grand-chose ! Une soixantaine. Ce n’est pas la volonté de faire plus qui me manque, mais les moyens financiers pour préfinancer la commande. Car, l’éditeur ne fait pas de dépôt-vente. Même l’auteur doit payer d’avance le lot de son propre livre qu’il veut mettre à la disposition de ses lecteurs. Et c’est des grosses sommes que je n’ai pas. C’est pourquoi je sollicite l’aide des bonnes volontés pour me permettre de commander une quantité qui satisfasse la demande nationale toujours plus croissante. Qu’elles me contactent, nous trouverons ensemble la formule de cette collaboration. Le livre sera donc là, mais je souhaite que la quantité soit plus significative. Parce que, jusqu’à présent, aucun arrivage, que ce soit au niveau de la Librairie de France, qu’à mon niveau, n’a duré jusqu’à 15 jours. La demande est donc forte, mais le livre met du temps à arriver en Côte d’Ivoire.
Pourquoi des écrivains africains publient souvent leurs œuvres en Europe, chez des éditeurs qui ne les aident pas du tout à en faire la promotion ?
Cela arrive parce que, certains auteurs étant à leur première œuvre, veulent simplement être édité par une grande Maison d’édition et avoir le titre d’écrivain. D’autres le font parce que, les ouvrages publiés en Occident, sont plus considérés par nos compatriotes que ceux faits au plan national. La promo se fait mieux quand ça vient de l’autre côté de la mer qu’ici. Aussi, lorsque votre document est ultrasecret et que vous n’avez pas envie d’être arrêté avant sa publication, il est mieux de le publier loin où quelqu’un ne risque pas de le présenter aux autorités locales pour vous inquiéter. Mais pour des auteurs déjà connus, qui n’ont pas le complexe de ne pas être édité par une grande Maison, ils peuvent bien publier leurs œuvres au plan national. Parce que bien souvent, vos textes sont publiés là-bas après que vous avez effectué, vous-même ou par vos soins, la moindre correction. C’est dire que ces Maisons qui s’enrichissent nos dos ne font aucun effort à part l’impression, souvent même subventionnée par les pouvoirs publics. Mais l’écrivain qui a produit, pris des risques, n’a pratiquement rien dans le contrat qu’on lui propose. C’est triste. Moi, j’ai obtenu un numéro international ISBN qui me permet non seulement d’éditer mes propres ouvrages, mais de publier également, comme éditeur, les livres des autres auteurs.
Et vous avez encore des ouvrages à publier ?
Oui, j’en ai beaucoup, prêts à être édités. De même, d’autres personnes m’ont confié leurs ouvrages pour correction et édition. Mais je manque de moyens financiers pour passer le cap. J’ai été voir des imprimeurs sur la place, mais je n’ai pas eu gain de cause. Et c’est là que je lance encore l’appel aux bonnes volontés et aux hommes d’affaires. La gauche ne peut être forte sans avoir un secteur de l’édition de ses pensées développé et bien structuré. Vous ne pouvez pas demandez à votre adversaire de publier vos idées qu’il combat. Or la gauche a, elle aussi, des hommes d’affaires prospères qui pourraient s’engager à relever ce défi. Mais en tout cas, il est temps que nous cessions de raser les murs pour prendre notre destin est mains par nos investissements dans tous les secteurs de l’activité de la vie.
 Entretien réalisé par
Marlène Sih Kah
In Le Temps du Samedi 15 mars 2014

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