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Gestion calamiteuse du pays: Doumbia Major, ex-allié du pouvoir Ouattara avoue «Je ne serai pas étonné d’une révolution contre Ouattara»

Gestion calamiteuse du pays: Doumbia Major, ex-allié du pouvoir Ouattara avoue «Je ne serai pas étonné d’une révolution contre Ouattara»

Docteur Dombia Major est connu pour avoir apporté, en 2003, un soutien intellectuel à la rébellion ivoirienne avant de s’en éloigner un an plus tard pour des divergences fondamentales de vue. En 2010, on le verra soutenir vaillamment le candidat Alassane Ouattara contre le Président Laurent Gbagbo. Invité le samedi 17 Mai dernier à la célèbre émission Diaspolitik de notre confrère Mathieu Bouabré sur Ivoire News Radio Internationale basée à Washington DC, aux Etats Unis, l’homme n’a pas porté de gants pour asséner ses vérités à ses amis d’hier et surtout au pouvoir en place. Deux heures d’changes francs et de vérités crues.

Pesant ses mots et s’appuyant sur des exemples concrets, le diplômé en sciences politiques a dit haut des paroles fortes qui frisent la déception pure et simple à l’égard d’un homme dont de nombreux intellectuels et collaborateurs d’hier retiennent apparemment une image de politicien qui ruse avec ceux qui l’écoutent pour mieux les escroquer moralement.

Enrichissement illicite

Dr Doumbia a d’abord commencé par qualifier le bilan de l’ex rébellion de négatif pour la simple raison que ses amis d’hier se sont démarqués des objectifs initiaux de cette aventure. Pour lui, «ceux qui ont continué l’oeuvre ont plutôt cherché à s’enrichir illicitement et ont surtout fait des droits de l’homme, le dernier de leurs soucis». Mais pour rester fidèle à son soucis de «vouloir instaurer absolument un nouvel ordre économique et politique» qui était nécessaire selon lui, il va battre campagne en 2010 pour le candidat Alassane Ouattara qu’il semble avoir vomi aujourd’hui et dont le pouvoir, selon sa vision, crée lui aussi les germes d’une autre rébellion. Comme pour répondre à ceux qui le considèrent comme un aigri qui parle parce qu’il n’a pas été récompensé par la machine du Rdr, Doumbia Major soutient qu’il ne juge que «les discours programmatiques des hommes politiques » et qu’il refuse de se taire car les mêmes tares d’hier refont surface aujourd’hui.

L’ex cadre de la rébellion ivoirienne de 2003 à 2004 est-il prêt encore à apporter encore un “soutien intellectuel” à une rébellion contre ADO Solutions ? En tout cas pour lui, «il faut souvent la violence pour ramener les pouvoirs antidémocratiques à l’ordre. Je ne serai pas étonné qu’une révolution se fasse aussi contre le régime Ouattara», dira t- il avant de se lancer dans un réquisitoire cinglant contre le pouvoir actuel d’Abidjan : «Quand j’observe cette gestion par tâtonnement dans laquelle le pouvoir navigue à vue, je suis très à l’aise de dire que j’ai fait un mauvais recrutement. Je me suis laissé fasciner par le CV d’un candidat que j’ai probablement surestimé et qui favorise un véritable déficit moral au sommet de l’Etat». Dr Doumbia ne peut pas comprendre que, grand économiste qu’il est, Alassane Ouattara puisse «confondre dans ses oeuvres, embellissement et développement du pays». Pour lui, «les actions d’éclats, à l’image des fêtes de la lumière, des couches de peinture des murs de l’Université, la réhabilitation de petits hôpitaux ça et là, les destructions de petits commerces et les déguerpissements sans préavis, ne participent en rien au développement de la Côte d’Ivoire dont le nombre de chômeurs passe d’ailleurs de 4 Millions sous Gbagbo à plus de 7 Millions sous Ouattara».

Les nordistes en otage

Intraitable, l’ancien Fesciste soutient que «ce pays ne peut pas se développer dans la corruption, l’enrichissement illicite, la gabegie et le népotisme criard auxquels le peuple assiste aujourd’hui». Des gangrènes qui minent aujourd’hui la société ivoirienne et auxquelles Dr Doumbia a consacré la majeure partie de son exposé. Il plaide pour que, «les Ivoiriens ne se laissent pas berner par le discours ethniciste que tient Ouattara en faisant croire qu’il privilégie un groupe ethnique au détriment des autres Ivoiriens. C’est de la distraction, il ne s’agit pas en réalité d’un rattrapage ethnique mais plutôt d’un rattrapage clanique. Comme tout politicien, Ouattara ne tient pas des propos anodins. Il prend en otage les nordistes dans leur globalité en leur faisant miroiter qu’il est là pour faire leur bonheur afin que ceux-ci l’aident à conquérir et à conserver le pouvoir tandis que seulement, lui et son clan composé de sa fille, son petit frère, sa nièce et ses proches collaborateurs pillent les ressources du pays. Cette gestion qui ne prend pas en compte la compétence mais qui est basée sur l’affectivité ne peut pas développer un pays».

Autre tare du régime, Doumbia Major attire l’attention des Ivoiriens sur cette escroquerie d’un clan qui surendette le pays pour construire des infrastructures surfacturées à son seul profit. Selon lui, «c’est pour indéfiniment enrichir cette organisation tentaculaire que, tel un leader tribal, Ouattara applique une stratégie qui consiste à opposer les fils du pays qui, pendant qu’ils se battent, n’ont pas le temps de se rendre compte de la fortune que lui et ses hommes battissent sur leur dos».

Il déplore d’ailleurs la naïveté et la mauvaise foi de certains quand ils pensent ou font croire qu’ils ont affaire à un roi bienveillant et que, ce n’est que son entourage qui est mauvais et corrompu : «Les cas de Catherine Ouattara, venue de nulle part, à qui il a donné un marché de gré à gré et de son petit frère Ibrahima Ouattara, nommé ministre et qui bénéficie d’un salaire dû à cette fonction sans pourtant faire un travail de ministre, sont la preuve que la pourriture vient bien du sommet». C’est pourquoi Major demande «que les Ivoiriens ouvrent grand les yeux» et qu’ils ne perdent surtout pas de vue que, «quand un leader ethnique est en difficulté et qu’il sent que sa base commence à le lâcher parce qu’elle commence à comprendre le mécanisme par lequel il le maintient sous son emprise pour piller les richesses au profit de sa famille et de son clan, la stratégie qu’utilise le leader tribal, c’est d’organiser des attaques contre le groupe ethnique dont il se réclame pour effrayer davantage les membres de sa communauté afin que ceux-ci se disent «on n’a pas le choix, notre survie dépend du soutien qu’on apportera à celui qui nous défend. Les auto-coups d’Etat ainsi que les attaques organisées contre les communautés ethniques adverses, pour renforcer la division entre les citoyens du même pays, font naturellement partie des stratégies de conservation du pouvoir des leaders tribaux dont le propre est donc de se servir d’une partie du peuple comme bouclier de protection pour la conquête ou la conservation du pouvoir.»

Jean Martial Konan

Correspondence particulière depuis Washington

diaspolitik.mb@gmail.com

Source: Le Nouveau Courrier N° 1033

 

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