Gnamien Konan dénonce la corruption qui règne en maître sous le régime Ouattara

Gnamien Konan dénonce la corruption qui règne en maître sous le régime Ouattara

Ivoiriennes, Ivoiriens, chères sœurs, chers frères,

Une année s’achève, une autre commence. Trop vite pour certains, enfin! Diront d’autres. Dans tous les cas, la terre vient de réaliser, comme depuis le début des temps, un tour complet du soleil, parcourant ainsi un milliard de kilomètres à la vitesse de 30 kilomètres par seconde, soit 100 fois plus vite que notre moyen de déplacement le plus rapide.

Comme nous le révèle la science, la nature est comparable à un puissant moteur immuable, intelligent et infaillible. Les dérèglements climatiques que nous déplorons ne sont pas le fait de la nature, mais relèvent bel et bien de l’action des hommes. Ce n’est pas à la nature de changer, mais plutôt à l’homme de modifier son comportement. En vérité, selon des mécanismes complexes et simples à la fois, la nature ne fait que réagir, toujours, pour rétablir des équilibres indispensables dont l’existence nous échappe. Je salue, au passage, le leadership de la France et l’engagement de la communauté des nations dans le combat solidaire contre le réchauffement climatique.

Bien plus que collectivement, c’est individuellement que nous devons combattre. Combattre l’égoïsme, le matérialisme et le gaspillage, les gènes identifiés du réchauffement climatique. J’invite, à cet égard, chaque citoyen à une prise de conscience. Approprions nous, ici et maintenant, le principe des 4R, à savoir: Réduire (notre consommation en tout, d’abord pour notre propre bien), Recycler, Réparer pour Réutiliser. A cet égard, un PRIX DU MEILLEUR COMPORTEMENT ECOLOGIGUE doit pouvoir être institué dans chaque pays pour mettre en compétition les administrations, les collectivités locales, les entreprises et les citoyens. Avec de telles actions, nous vaincrons et le terrorisme et le réchauffement climatique et la famine, le même jour.

En Afrique, les horribles images venues de Libye me sont insupportables. Elles me révoltent. Je suis révolté contre ceux qui ont librement choisi de diriger leur pays en Afrique et qui ont failli à leurs devoirs, par manque de volonté et par incompétence, face à ce fléau migratoire. L’Afrique dispose pourtant de tout, absolument de tout, pour résoudre ce problème. Ces dirigeants doivent en tirer les conséquences. Ont également démissionné ces intellectuels et cadres africains qui, par pur égoïsme, ont choisi d’être les complices, les micros et autres haut-parleurs des gouvernants dans leurs inconséquences.

Mon pays n’échappe pas à l’affaissement ambiant des valeurs. Se parler, échanger un sourire entre compatriotes restent encore un luxe. Chaque groupe pense que le pays se résume à lui et se comporte comme tel. Dans cette même crise qui perdure, GBAGBO a nommé, en 2007, au grand dam de ses partisans, Guillaume SORO Premier Ministre.  Je ne comprends pas pourquoi, 10 ans après, on continue de marcher en sens inverse.

Pour 2018, je souhaite que le Président de la République, par respect de l’esprit de la Constitution, exprime clairement sa volonté de solliciter un troisième mandat ou non. Dans tous les cas, un troisième mandat ouvrirait la boîte de Pandore politique, car chaque Président, après lui, serait tenté légitimement de modifier la loi fondamentale pour se maintenir au pouvoir. Au nom de la République, ce sujet ne saurait être tabou.

En économie, notre PIB  ne peut pas progresser tout seul, sans incidence notable sur les finances de l’Etat et sur le pouvoir d’achat des Ivoiriens pour justifier uniquement notre propension à l’endettement. Nos étudiants passent la nuit dans les amphithéâtres, le ventre vide.  Les élèves au secondaire décident d’autorité des dates des vacances,  traduisant ainsi la perte de crédibilité du système scolaire ivoirien. Le budget alloué à la recherche se situe, sauf erreur de ma part, à 0,3 pour mille de notre PIB, trop loin du 1% préconisé par l’UA. Les collectivités territoriales, sans ressources, ne servent qu’à augmenter la masse salariale de l’administration qui avoisine la moitié de nos ressources propres.

Or, le FMI révélait, dans un rapport en 2012 sur la fiscalité ivoirienne, que si le recouvrement de la TVA en Côte d’Ivoire avait le niveau d’efficacité du Sénégal, la Côte d’Ivoire engrangerait plus de 400 milliards de FCFA supplémentaires. GLOBAL FINANCIAL INTEGRITY(GFI), une ONG américaine, indiquait, dans son rapport de  décembre 2013, que la Côte d’Ivoire perdait chaque année plus de 1000 milliards de FCFA,  sous forme de flux illicites de capitaux vers l’étranger. Les choses ont dû s’aggraver, puisque notre rendement fiscal est de 15% de notre PIB, là où  le Sénégal affichait,  déjà en 2014, 19% pour une recommandation d’au moins 20% par l’UEMOA. En considérant le PIB actuel et la norme communautaire, les finances de l’Etat enregistrent un déficit fiscal de 1000 milliards de FCFA, au moins. C’est pour toutes ces raisons que je n’ai pas voté le Budget 2018.

Ce n’est pas avec une administration, surtout des régies financières, où tous les postes de responsabilité stratégiques sont réservés aux ressortissants d’une seule région, reléguant à la marge, par pur sectarisme, des compétences, qu’on parviendra à relever le DÉFI de la mobilisation optimale de nos ressources propres. Ressources propres qui nous reviennent de droit, au contraire de l’aide au développement et de l’endettement dont chacun connaît les limites. Notre administration dispose pourtant des outils et du potentiel nécessaires pour y faire face.

La corruption, le fléau des fléaux, règne en maître. « Il ne faut pas regarder dans la bouche du grilleur d’arachides » C’est l’Houphouetisme triomphant ! Je m’interroge sur l’indifférence des décideurs face à ce mal. Impuissance? Choix délibéré ? Incompétence ? Méchanceté ? Complicité ? Manque de vision ? Peut-être un peu de tout ça à la fois. Quand la corruption se nourrit du tribalisme et de l’impunité, il y a de quoi à être inquiet pour tous, y compris pour ceux qui croient « tirer profit » de ce triangle infernal.

Pourquoi la TNT fournirait moins de chaînes de télé en Côte d’Ivoire (3) qu’au Burkina Faso (14)? Pourquoi le cacao du planteur ivoirien coûterait moins cher que celui du planteur ghanéen? A genoux, je demande au gouvernement de retirer l’Etat de cette filière. Trop c’est toujours trop! Rien, mais rien n’autorise l’Etat à fixer le prix d’un bien qu’il ne produit pas ou qu’il n’achète pas. Le droit de propriété est garanti à tous par la constitution, en son article 11.

Tout n’est pas perdu, heureusement ! L’instauration, tant redoutée, d’une démocratie vraie nous permettra de nous débarrasser de ces maux. Une démocratie où les postes de ministre et les sièges dans les institutions de la République servent au développement économique et social de la Côte d’Ivoire et non à débaucher et à déstabiliser les partis qui pensent autrement. La déstabilisation des partis politiques, comme l’emprisonnement des dirigeants politiques, ne renforce pas la démocratie, bien au contraire !

Il appartient aux Ivoiriens de se mobiliser pour se donner démocratiquement d’autres dirigeants, à partir de critères objectifs et plus raisonnables, pour l’avènement de la nouvelle Côte d’Ivoire de nos vœux à tous, la Côte d’Ivoire des valeurs.

Bonne et heureuse année 2018 à toutes et à tous. Que Dieu nous garde !

Gnamien Konan,

Député de Botro

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