Grèce : ce non qui veut dire liberté, justice et dignité

Grèce : ce non qui veut dire liberté, justice et dignité

Dimanche, grâce au choix profondément gaulliste d’Alexis Tsipras, les Grecs devront choisir entre approuver ou refuser le plan proposé par les créanciers à leur pays. Un choix qui ne devrait pas surprendre les vrais démocrates et qui ouvre un débat, certes difficile, mais qui sera tranché demain.

Oui, à la tyrannie et au massacre social inutile

Vu de France, il pourrait sembler étonnant que moins de 90% des Grecs votent OXI dimanche. Après tout, le dernier plan des créanciers, outre une forme insultante, n’est qu’une nouvelle resucée des plans de la troïka qui ont tous échoué depuis cinq ans, la première restructuration ayant été suivie par une autre, qui devra tôt ou tard être prolongée par une troisième. Il y a quelque chose de désespérant à persister de la sorte dans l’erreur aujourd’hui. Autant on pouvait discuter les hypothèses il y quatre ou cinq ans, autant aujourd’hui, les preuvres abondent de la folie des politiques menées qui parviennent à l’exploit de rendre le massacre social parfaitement inutile, outre un aspect humain totalement révoltant.

Le plus effarant est que les « prix Nobel d’économie » Paul Krugman et Joseph Stiglitz sont venus en renfort pour clarifier le fait que ces plans, non seulement inhumains, sont irresponsables et ne fonctionneront pas. Plus d’austérité (pour augmenter l’excédent primaire), renverra l’économie en dépression et alourdira encore le poids de la dette. Dire oui à ce plan monstrueux, c’est persister dans une erreur qui a envoyé le pays dans une des crises les plus violentes des dernières décennies. Mais parce qu’il vient d’institutions qui les ont aidé pendant des décennies, et parce qu’il ont peur de se trouver seuls face à la Turquie, les Grecs hésitent à mordre la main qui les a aidé, même si elle les torture aujourd’hui. Et comme le souligne Romaric Godin, les créanciers utilisent tous les moyens pour peser sur le résultat.

Non à l’esclavage et à la descente aux enfers

En refusant le plan des créanciers, les Grecs changeraient le rapport de force entre eux et les créanciers. En effet, un « oui » représenterait une soumission au diktat de la troïka, qui ne comprend même pas le moindre élément sur la restructuration de la dette. En votant « non », les Grecs diraient simplement qu’ils refusent les oukases anti-démocratiques et qu’ils veulent mettre fin à une austérité insupportable et contre-productive. Et malheureusement, il est faux de dire que voter « non » revient à sortir de la monnaie unique. Il est probable que les négociations reprendraient, dans des conditions plus favorables pour Athènes, qui ajouterait un vote soutenant le gouvernement au défaut vis-à-vis des créanciers.

Le « non », c’est le choix de la liberté, qui ouvre le champ des possibles au lieu de retourner dans l’impasse, la Grèce pouvant choisir demain de négocier un nouvel accord, moins dur (même si cela serait illusoire), ou de reprendre sa liberté monétaire. Le « non », c’est aussi plus de justice, le refus de plans qui pèsent sur la population et épargnent largement les profits des entreprises. Le « non », ce serait aussi la dignité retrouvée d’un pays qui dirait enfin « non » à ses tyrans de créanciers et cesserait de se voir dicter ses politiques. Le « non » enfin, serait une victoire pour l’humanité, tant les politiques menées depuis cinq ans ont provoqué une casse sociale que l’on a trop souvent tendance à oublier.

Merci à Alexis Tsipras d’avoir montré que la démocratie peut encore avoir du sens dans cette UE qui a trop souvent tendance à la nier. Dimanche, les Grecs pourront choisir entre une impasse connue et une nouvelle voie, qui pourrait adoucir leur servitude, ou ouvrir la voie à une véritable libération.

Laurent Herblay

Source: gaullistelibre.com

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Yanis Varoufakis démissionne avec panache pour aider Alexis Tsipras

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a annoncé lundi matin sa démission pour aider Alexis Tsipras dans les difficiles négociations avec la troïka. Au lendemain de l’écrasante victoire du non au référendum sur les propositions des créanciers d’Athènes, c’est sur son blog qu’il a annoncé son départ :

« Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de “partenaires” associés, (…) pour mon “absence” des réunions ; une idée que le Premier ministre (Alexis Tsipras) a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui. »

« Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté », écrit Yanis Varoufakis qui ne manifeste aucun désaccord avec le chef du gouvernement : Je considère qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il l’entend, le capital que le peuple grec nous a accordé par référendum hier, poursuit-il en expliquant que les hommes de gauche savent « agir collectivement sans se soucier des privilèges de la charge ».

Source: politis.fr

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