Hermann Aboa écrit à Ouattara après sa visite d’Etat: « Le peuple akyé vous attend s ur des questions essentielles »

Hermann Aboa écrit à Ouattara après sa visite d’Etat: « Le peuple akyé vous attend s ur des questions essentielles »

Herman Aboa, ancien présentateur du JT à la Télévision nationale et cadre de la région de la Mé, donne son opinion sur la récente visite d’Etat du président Ouattara dans sa région. Dans une lettre dont nous avons eu copie, il parle des aspirations profondes du peuple Akyé et de sa fierté. Voici sa missive au chef de l’Etat.

« Monsieur le Président, en chemin, vous avez respectivement vu Ahoutoué de chez, paix à son âme, le magistrat Camille Oguié. Puis Grand-Alépé, le village paternel de Geneviève Bro-Grèbe d’où elle observe d’ailleurs les 10 ans de prison qui lui ont été infligés dans le verdict des assises.

Quelques kilomètres après, l’on trouve Montézo, le village de mon défunt père. Si vous aviez fait le détour à Memni, vous n’auriez eu du mal à retrouver les parents de votre ancien camarade le Ministre Jean-Jacques Béchio, condamné en sursis reclus auprès de sa mère dans le village d’Anono… ceux de Laurent Akoun du FPI et les miens.

Memni est en effet mon village maternel. Malheureusement ma mère n’y est pas en ce moment. Sinon elle vous aurait cuisiné le fameux “biecosseu”.

Vous devriez sûrement être heureux de voir ce monde sorti vous accueillir. Vos partisans diront que La Mé est acquise à votre cause. Tant mieux. Vous convenez bien avec moi.

Le peuple Akyé est un peuple sympathique et hospitalier. Les Akyé accueillent sans appréhension leurs visiteurs. Surtout quand ils sont illustres. Ils vous attendent cependant sur des questions essentielles comme celles des droits de l’Homme, de la justice et de la difficile et sensible équation de la réconciliation. Vous ne l’ignorez pas. La présente région que vous parcourez est un des bastions de votre prédécesseur en ce moment détenu en prison à la Haye. Et ce n’est pas les longs chapelets de doléances égrenés à chaque étape par des fils de la région et des têtes couronnées qui vous tromperont.

Les populations Akyé ont quasiment construit leurs localités à la sueur de leur front. Elles sont demandeuses certes d’aides de l’État mais ne sont pas spécialistes de la mendicité. Si vous réagissez donc promptement à ces doléances de droit, elles vous applaudiront mais réclameront tout de même des réponses pour des questions plus pertinentes. Comme celles liées à l’État de droit et à la démocratie.

Le peuple Akyé et ses alliés Gwa sont des peuples épris de justice. Et ces peuples ne savent pas négocier ou marchander leur dignité. Ils espèrent alors qu’au delà des discours dans cette ambiance festive de communion, vous n’oublierez pas l’essentiel », a écrit l’ancien prisonnier de la maison d’arrêt et de correction (MACA).

J-F Y

Source: L’intelligent d’Abidjan

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