Histoire d’un Roi venu d’ailleurs, pour les intérêts des autres contre “son” peuple

Histoire d’un Roi venu d’ailleurs, pour les intérêts des autres contre “son” peuple

Je suis ce que je suis, c’est-à-dire que je cours et m’empresse toujours de demeurer avec tout ce qui est contraire à la morale ou l’éthique, à la légalité, à la vérité et la justice, à la paix, à la démocratie et que sais-je encore.

Je suis ce que je suis, c’est-à-dire que du plus profond de mon être jusqu’au bout de mes ongles, je suis la tyrannie même en personne : d’abord, je déteste tous ceux qui n’aiment pas le mensonge, le rejettent ou le condamnent, j’écrase ou j’invite l’impérialisme occidental à écraser avec violence et cruauté quiconque s’oppose à mon agenda ou évoque des termes comme légalité et légitimité, justice et transparence, patriotisme et vertu, liberté ou libération totale, dignité ou souveraineté. J’approuve et j’assume : la raison de la violence ou du plus fort est toujours la meilleure.

De quoi m’accuse-t-on d’ailleurs et pour quelle raison ? Je passais tranquillement mon chemin quand, comme dans la fable de Blaise PASCAL où un naufragé sauvé in-extremis de mer par des gens d’un peuple à nul autre altruiste, malgré lui, est devenu roi hors de chez lui, ici, des gens de bon sens, des naïfs aussi, des couards, des escrocs, des trafiquants, des mafieux, des coupe-jarrets, des ignorants noyés comme moi dans la vaine convoitise des choses matérielles m’ont sollicité, par une charte sur fond d’ethnie, de région et de religion, pour, à mon tour devenir leur roi. Moi-même ! Est-ce qu’ils me connaissaient vraiment ceux-là ou alors savaient-ils au moins ce que j’avais derrière la tête ? En avais-je seulement les capacités et le courage propres à un vrai chef ?

Notre sulfureuse et fort dévastatrice aventure (mes fanatisés et moi), parce qu’aventure jalonnée de massacres odieux, a duré un peu moins d’un quart de siècle quand, à coups de bombes, le grand ‘’manitou’’ blanc, plus mon maître à penser que mon véritable ami, me porta au pouvoir. Parvenu à ce stade, célébré aveuglément par les fondateurs et gardiens de notre charte ainsi que par tous nos suiveurs et autres ‘’soumis par peur de mourir ou de perte de pain’’, qu’est-ce qui pouvait m’importer mieux que l’exécution du programme de mon maître blanc ? Traquer, arrêter, violenter, emprisonner ou massacrer, voici dévoilé un grand pan de mon programme, découlant des exigences de mon maître à penser. Qui dit pire ?

D’échecs économiques répétés à d’innombrables détournements financiers, mon bien-aimé et grand protecteur blanc a essayé, tant mal que bien à cacher à la face du monde ma médiocrité, moi, le grand argentier, ami des rois ou princes, des sultans et autres grands décideurs de ce monde, tant vanté et adulé par le plus naïf et le plus pitoyable des fanatismes. Où est le problème, si un peuple sur lequel j’ai posé une main de fer, par égoïsme, par vanité, par convoitise incontrôlée et surtout par méchanceté, venait à disparaitre de la terre pour la satisfaction des besoins vitaux de mon maître bien-aimé et son peuple à lui ? Suis-je bien un tyran à la hauteur de la tâche à moi confiée ou non ?

Les soucis primaires et la misère du peuple ? Je m’en bats l’œil, dans la mesure où mon quarteron né de notre charte, ma cour assidue et dévouée ainsi que moi-même, nous rotons encore et toujours mais alors gare à celui qui, rassasié, veut arrêter de remplir son ventre. Car plus je m’empiffre de façon égoïste, plus je suis un tyran mais plus je chante la démocratie à qui veut m’entendre et toute affaire est classée dans la prison à ciel ouvert que je gouverne. Même mes propres partisans qui pourtant avaient toujours cru que j’allais répondre à leurs attentes ou doléances, sont stupéfaits et refusent désormais de m’adorer, oubliant que j’aurai toujours des promesses pour eux.

Des promesses qui n’engageront qu’eux-mêmes et eux seuls. En attendant, le jour de vérité et sa lumière approchent à grands pas, le temps presse et le monde commence à s’interroger de plus en plus sur ma vraie personnalité, mes relations personnelles ainsi que mon parcours trop tortueux et intriguant. Ceci, au moment où je m’apprête à offrir à mes partisans et leurs adversaires (mes innombrables victimes), le plus grand des cadeaux qu’ils n’avaient jamais imaginé, vendre dans leur dos ce qu’on ne vend jamais : leur pays ! Ils peuvent s’asseoir, dormir et rêver tranquilles.

Ainsi, leur combat d’adversaires politiques et le fanatisme de mes partisans aveugles, leur respect au-dessus de l’adoration et leur très grand dévouement à mon égard vont encore grandir, quand, se réveillant un matin, tous, ils vont se retrouver étrangers chez eux, sur ma propre recommandation, pour le plus grand bonheur de ceux qui m’ont envoyé dépecer ce pays depuis lors.

Je suis ce que je suis, je suis MACHIALASSANEVEL, adorez-moi, encore et toujours !

Emmanuel Caleb, porte-parole du collectif des victimes de Duékoué, Côte d’Ivoire, 4 Septembre 2016. ‘’Histoire à enseigner aux enfants d’Eburnie et à toute conscience ou vie opprimée partout ailleurs’’.

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