Honorat De Yedagne a propos de Venance Konan: «Je déplore le fait que Venance Konan se transforme en “plume de service” avec des écrits qui transpirent parfois la haine du Bété et du FPI»

Honorat De Yedagne a propos de Venance Konan: «Je déplore le fait que Venance Konan se transforme en “plume de service” avec des écrits qui transpirent parfois la haine du Bété et du FPI»

Nous vous présentons ici l’extrait de l’interview de Honorat De Yedagne dans laquelle il évoquait le tribalisme avéré de Venance Konan, qui aujourd’hui comme hier continue sa sale bésogne et pourrit l’atmosphère aux Ivoiriens.

De l’homme, Honorat De Yedagne dit ceci: «Je déplore le fait que Venance Konan, écrivain de renom, se transforme en « plume de service » comme hier déjà sous Bédié et sous Ouattara aujourd’hui. Avec des écrits qui transpirent parfois la haine du Bété et du FPI.»

Ci-dessous le fameux extrait

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Un commentaire sur la gestion de Fraternité Matin version Venance Konan ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que dès mon arrivée à la tête de Fraternité Matin, en 2002, en vue de construire un pôle éditorial diversifié mais équilibré donc pluriel et pluraliste, je suis allé chercher Venance Konan à l’Assemblée nationale. Quelques années plus tôt, Il avait laissé son poste de rédacteur en chef à Ivoir’ Soir pour aller exercer comme chargé de Communication à l’Assemblée nationale, sous feu Emile Brou. Comme cela arrive souvent dans la profession à la plupart de nos bons journalistes ou à ceux qui, comme Venance Konan lui-même ont été lauréats du prix Ebony. Pour l’histoire, Venance Konan fut le premier lauréat du prix Ebony. C’était en 1993. C’est donc moi qui suis allé rencontrer Mamadou Koulibaly alors président de l’Assemblée nationale, son nouvel employeur, chez lui à domicile, du côté de la Riviera-Palmeraie pour lui demander de le licencier. Et, je l’ai donc recruté à Fraternité Matin. Cela a été d’autant plus facile pour moi que Mamadou Koulibaly ne voulait plus de sa collaboration. Il m’a expliqué qu’à ses yeux, après tout ce qu’il a pu lire de Venance Konan dans Fraternité Matin et Ivoir’ Soir sur Alassane Ouattara, ce dernier était « un fieffé tribaliste». C’est la clef pour comprendre la guéguerre entre les deux hommes qui a surgit, bien plus tard, dans la presse .

Il est aujourd’hui le directeur général de Fraternité Matin, qu’est ce que vous pouvez dire sur sa gestion ?

La gestion éditoriale de Fraternité-Matin par Venance Konan me rappelle de celle, sous l’ère Bedié, de Michel Kouamé qui avait fait de Ouattara» le mouton noir » de la politique ivoirienne. Sauf qu’aujourd’hui  »le mouton noir » a pour nom : Laurent Gbagbo. Ironie de l’histoire. Je déplore le fait qu’il y ait aujourd’hui à Fraternité Matin une ligne éditoriale à sens unique qui ne soit pas l’expression de la pluralité des courants, des opinions et des idées qui traversent la société ivoirienne. Je déplore le fait que Venance Konan, écrivain de renom, se transforme en « plume de service » comme hier déjà sous Bédié et sous Ouattara aujourd’hui. Avec des écrits qui transpirent parfois la haine du Bété et du FPI. Comme hier, il ne peut servir la réconciliation nationale aujourd’hui. Cela n’honore pas l’intellectuel qu’il prétend être et le prix Ebony qu’il est. Cela ne sert pas l’image de la corporation et de notre métier.

Vous voulez dire que la ligne éditoriale « Ni neutre, ni partisan » est brocardée et gravement mise à mal par Venance Konan ?

Nous exerçons un métier noble, sauf qu’ici, sous nos tropiques, nous avons du mal à nous soustraire à cette tentation funeste que tous ces régimes politiques d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié, Guéi, et Gbagbo ont eu la tentation de vouloir contrôler. Ces régimes successifs n’ont de cesse de vouloir nous infantiliser, nous domestiquer, nous asservir, nous embrigader. Mais nous devons résister : la liberté s’arrache, elle ne se donne pas. Je m’en vais vous faire une confidence. C’est à cause de Venance Konan que j’ai perdu mon poste à la tête de Fraternité Matin. Un jour, par l’entremise de Jean Baptiste Akrou, mon ami et frère, le colonel Logbo, alors aide de camp du président Laurent Gbagbo, me reçoit chez une de ses amies proches, elle-même conseillère à la Présidence de la République, pour me lancer cet ultimatum: « Ou tu pars, Ou tu fais partir Venance Konan ! ». Il exprimait ainsi, sans le dire tout en le disant, un cri de ras-le-bol au sommet. J’ai résisté et c’est moi qui suis parti quinze jours plus tard. Venance Konan m’a suivi, un ou deux mois après. La boucle était bouclée. Gbagbo et le FPI pouvaient respirer, enfin ! Pour tout dire, je ne suis donc pas étonné de voir Venance Konan à ce poste. J’avais prévenu le président Laurent Gbagbo. Chaque fois qu’il me convoquait à son sujet pour ses écrits acerbes, je n’avais de cesse de lui dire : « A trop vouloir t’en débarrasser, tu en feras un faux héros ». Il ne m’a pas écouté et l’histoire m’a donné raison. Car cinq ans plus tard, c’est mon frère Jean Baptiste Akrou, une autre plume de service qui remettait son tablier à son « ennemi intime » Venance Konan. Comme quoi la roue tourne, et elle tournera encore.. La leçon que je tire de cet épisode de ma carrière à Fraternité Matin est que : il n’y a pas de liberté acquise sans renoncement, sans sacrifices.

Interview réalisée par Raymond Dibi

Source: L’Intelligent d’Abidjan

Lire l’interview intégrale ici

Lire aussi la réponse de Venance Konan à Honorat De Yédagne ici

 

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