Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde (Par Pascal Kokora)

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde (Par Pascal Kokora)

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde On a souvent besoin d’un plus petit que soi

(Jean de La Fontaine, Le lion et le rat, in Livre II, Fable 11)

Il y a de cela quelques semaines, j’étais engagé dans une discussion de salon très vive et par moments quelque peu houleuse avec un compatriote avec qui j’ai un réel plaisir à parler de sujets relatifs à la « politique » qui, avec le terme, « police » sont tous les deux des dérivés du mot « cité », c’est-à-dire la ville.

Le compatriote tenait à me convaincre de la nécessité d’avoir, aussitôt que possible en 2020, des élections présidentielles en Côte d’Ivoire afin de ne point allonger d’une seule journée la mandature de celui que le Commission électorale dite indépendante (la CEI), l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (l’ONUCI) dite impartiale et la Communauté dite internationale a déclaré le vainqueur de l’élection présidentielle d’octobre-novembre 2010, au mépris de la décision sans appel du Conseil constitutionnel ivoirien, la seule instance, au terme de la loi fondamentale ivoirienne, habilitée à dire le droit en la matière.

À contrario, j’étais d’avis qu’avant toutes prochaines échéances électorales en Côte d’Ivoire, il y ait une remise à plat de toutes les questions qui ont trait au patrimoine foncier, à l’état civil, au code civil, au code électoral, à l’immigration, à la gouvernance, à la dette publique, à la santé publique, à l’éducation nationale et à l’identité culturelle. A mon sens, ces questions-là doivent faire l’objet d’un dialogue national afin de leur trouver un consensus citoyen. C’est seulement au terme de ce dialogue consensuel sur ces questions d’intérêt hautement national que les partis politiques peuvent, en toute tranquillité d’âme, rejoindre leurs chapelles idéologiques aux fins d’y peaufiner les projets de société à soumettre aux populations ivoiriennes pour solliciter leur adhésion au meilleur desdits projets de société.

Le compatriote que je recevais dans mon salon craignait fort bien que le réexamen minutieux, dans un contexte de dialogue national, des questions susnommées prenne trop de temps et partant constitue un handicap sérieux à la mise en place d’une meilleure gouvernance du pays à l’issue d’élections présidentielles transparentes. Cette crainte me rappela, après qu’il eût pris congé de moi, la morale de la fable du Lion et du rat de Jean de La Fontaine :

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde

On a souvent besoin d’un plus petit que soi…

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage.

La démarche de non seulement prendre en compte la crainte du compatriote mais surtout de la valoriser, suscita en moi deux questions pendantes. Est-ce que le souci de rechercher un consensus national sur des questions de survie de la nation ivoirienne ne serait pas préjudiciable à la gouvernance du pays en prolongeant indûment la mandature en cours ? Comment alors concilier l’exigence de rechercher un consensus national et l’exigence de mettre fin à une gouvernance rejetée par le peuple ivoirien dans sa grande majorité ?

C’est dans la quête d’une réponse à ce double questionnement que je découvre une interview du Professeur Nicolas Agbohou du 9 mars 2019, accordée à un groupe de manifestants devant les locaux où sont fabriqués les billets du franc CFA, à Chamalières, dans le département du Puy-de-

Dôme en région d’Auvergne-Rhône-Alpes. Dans cette interview, le compatriote Agbohou, affirme que nous devons accorder la priorité absolue à la souveraineté monétaire car elle seule permet de satisfaire nos besoins essentiels en un laps de temps raisonnable. Ces besoins essentiels sont : la nourriture, l’eau, l’habitat, l’énergie, le transport en commun, les routes, la santé, l’éducation nationale, la défense nationale et la sécurité, la recherche et le développement, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’habillement et le divertissement. Selon lui, si l’on examine minutieusement la souveraineté monétaire de nos pays africains, il en découlera, par voie de conséquence, la prise en compte des besoins essentiels de ces pays en voie de développement en un laps de temps relativement court.

Les quatre vers susmentionnés de la fable de Jean de Lafontaine (1621-1695) nous rappellent opportunément que nous avons, chacune et chacun à notre niveau individuel, notre partition à jouer dans le combat de la prise en main du destin de nos pays africains en général, de la Côte d’Ivoire en particulier. Personne ne jouera notre partition à notre place. Nous devons, par conséquent, nous mobiliser, chacune et chacun dans notre sphère d’action, pour qu’un dialogue national s’instaure, en cette année 2019, sur le thème de la souveraineté monétaire qui nous ouvrira d’autres pistes de réflexions propres à nous préparer à voter aux prochaines échéances électorales ivoiriennes, en toute connaissance de cause.

Bonne réception, bonne lecture et dans l’attente de votre retour à votre plus proche convenance.

PMKokora

 

3 comments

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