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Il faut libérer les militaires ! (Par Yacouba Gbané)

Il faut libérer les militaires ! (Par Yacouba Gbané)

« En raison de mon attachement à la paix et à une réconciliation vraie, j’ai procédé, ce lundi 06 août 2018, à la signature d’une ordonnance portant amnistie. Cette amnistie bénéficiera à environ huit cents (800) de nos concitoyens, poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise postélectorale de 2010, ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011, date de ma prestation de serment en qualité de Président de la République. Cependant, une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ne seront pas concernés ». Tel est un extrait du discours de Ouattara. Quelle contradiction !

Quand on est attaché à la paix et à une réconciliation vraie, on libère tout le monde. Personne ne doit rester en prison. Pour la réconciliation et la paix, la Côte d’Ivoire a besoin de tous ses fils et filles. Et ces militaires sont des enfants de la Côte d’Ivoire. Ou bien on fait la réconciliation totale ou on ne la fait pas. Ces militaires ont joué leur rôle. Ils ont défendu la mère patrie en danger. En plus, pendant leur procès, tous les témoins qui ont défilé n’ont pu prouver leur culpabilité. Et l’Accusation n’a pu apporter les preuves pour les confondre.

Dans votre discours vous avez dit : « Mon devoir en tant que Président de tous les Ivoiriens, soucieux du respect des droits de chaque citoyen, est de garantir l’Union de tous les fils et toutes les filles de notre chère Côte d’Ivoire ». Si votre devoir est de garantir l’Union de tous les fils et toutes les filles de notre chère Côte d’Ivoire, alors la loi d’amnistie doit être élargie à tout le monde. Sans exception. Les militaires incarcérés doivent être libérés. On ne doit pas faire du « deux poids, deux mesures ». La loi doit être égale pour tout le monde.

Vous avez dit également dans votre discours : « Mon rôle en tant que Président de la République est aussi d’être continuellement à votre écoute, de trouver les voies et moyens de renforcer la cohésion nationale et de parachever l’œuvre de réconciliation ». Le fait de ne pas élargir les militaires est en contradiction flagrante avec cet extrait de votre discours. La libération de ces militaires fait partie du renforcement de la cohésion nationale et du parachèvement de la réconciliation.

Vous avez dit dans ce même discours : « Nous devons œuvrer pour préserver les symboles et les enseignements que nous avons reçus en héritage : l’union, la discipline et le travail, notre devise nationale ; le vivre ensemble, la tolérance et la fraternité, notre credo ». Si cet extrait de votre discours est sincère et vient du plus profond de votre cœur, alors les militaires n’ont pas leur place en prison. Si vous ne voulez pas les libérer parce que selon vous ils ont commis des crimes de sang, en ce moment, parallélisme de forme oblige, il serait bienséant que vous mettiez aux arrêts les militaires de votre camp qui ont commis des crimes de sang. Puisque des conclusions d’enquêtes ont attribué des crimes aux militaires de votre camp. Il faut dire que ces enquêtes ont été menées par la Commission nationale d‘enquête sur la crise postélectorale mise en place par vous-même. Et les résultats de ces enquêtes sont sur votre table.

Pour mémoire, il faut dire également qu’après l’accord de Ouagadougou, le Président Laurent Gbagbo a signé une mesure d’amnistie le 12 avril 2007. Et l’ordonnance du 12 avril 2007 prise par le Président Laurent Gbagbo, et portait amnistie des Forces de défense et de sécurité (Fds) ivoiriennes, ainsi que des Forces nouvelles (ex-rébellion armée). Une ordonnance qui s’étend sur la période du 17 septembre 2000 au 12 avril 2007.

Vous avez dit également : « Nous avons également une responsabilité collective, celle de réaliser l’Union de tous les enfants de notre chère patrie. L’union est une nécessité pour notre avenir commun ; elle est une exigence qui transcende les ambitions et les intérêts individuels ». Si c’est vrai ce que vous dites, alors il faut libérer les militaires. Au nom de la paix et de la réconciliation nationale. Les maintenir dans vos geôles serait anachronique avec votre discours.

Bonne lecture. Allons-y seulement. Haut les cœurs. La liberté vaincra. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire. A la semaine prochaine. Inch’Allah !

Yacouba Gbané

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