Indonésie: seules les lycéennes vierges autorisées à passer le baccalauréat

Indonésie: seules les lycéennes vierges autorisées à passer le baccalauréat

Des tests de de virginité pratiqués sur les lycéennes, contre la “pornographie” et les rapports hors-mariages.

Le conseil municipal de la ville indonésienne de Jember, située dans la province de Java oriental et abritant 300 000 habitants), va soumettre les lycéennes à des tests de virginité, selon une information rapportée jeudi par un média local. Au cas où le contrôle se révèlerait positif, les jeunes filles ne pourraient pas se présenter aux épreuves du baccalauréat.

Selon les autorités, cette mesure vise principalement à endiguer les relations sexuelles avant le mariage. Les données recueillies auprès des hôpitaux locaux montrent que près de 10% des personnes attentes du virus du VIH/SIDA à Jember sont des étudiants.

“Le plus surprenant est qu’elles aient des relations sexuelles plusieurs fois et avec différents partenaires”, a affirmé vendredi Habib Isa Mahdid, un député du parti Conscience populaire (Hanura) dans le Jakarta Globe. Selon ce responsable, les tests de virginité sont aussi instaurés dans le cadre de la lutte contre la pornographie.

Un parlementaire du parti musulman Eveil National, Mufti Ali, a de son côté affirmé qu’il souhaitait étendre la mesure à l’ensemble de la province.

“Si elles ne sont plus vierges, elles ne pourront pas passer l’examen (…). La virginité devrait être une condition à l’obtention du baccalauréat et cela devrait devenir une règlementation régionale”, a-t-il indiqué.

La deuxième organisation musulmane du pays a rejeté l’instauration d’une telle mesure. “La virginité est une question sensible. Si une étudiante ne répond pas au critère, elle fera l’objet de railleries dans la société”, a confié jeudi le chef de l’organisation pour la ville de Jember.

“Pourquoi seules les jeunes filles devraient se soumettre à ce test ? Qu’en est-il des garçons ?”, a-t-il ajouté.

Mufti Ali a répondu que “les garçons n’auraient plus de relations sexuelles” avant le mariage “parce que les filles en seront découragées” par crainte de ne pas obtenir leur diplôme.

En août dernier, Mohammad Rasyid, chef de l’éducation du district de Prabumulih à Sumatra, escomptait déjà un feu vert du Parlement pour pratiquer ces tests sur les lycéennes chaque année, entre 16 et 19 ans, “afin de protéger les enfants de la prostitution et du libertinage”. “C’est pour leur bien, chaque femme a le droit à la virginité”, a décrété le responsable éducatif.

Cependant, le ministre de l’Education Muhammad Nu lui-même n’y était pas favorable et avait estimé qu’il existe des “façons plus sages de traiter le problème de la sexualité chez les adolescents”.

La mesure a toutefois d’autres adeptes, notamment le politicien Hasrul Azwar. “C’est une disgrâce de perdre sa sexualité avant le mariage”, tonnait ce membre du Parti de la justice prospère, formation islamiste.

Deux projets de ce type avait déjà été présentés en 2007 et 2010 mais aussitôt rejetés, non sans avoir provoqué quelques esclandres.

L’Indonésie compte 250 millions d’habitants, dont près de 90% sont musulmans.

Source: i24news.tv

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En Indonésie, les femmes doivent être vierges pour entrer dans la police

Human Rights Watch dénonce les tests de virginité auxquelles elles sont soumises.

«Nous avons dû nous déshabiller alors qu’il y avait vingt personnes dans la pièce. Nous ne nous connaissions pas. C’était très perturbant. J’avais peur de perdre ma virginité à cause du test. Ils ont introduit deux doigts. Ça faisait mal. J’ai une amie qui s’est évanouie tellement ça faisait mal.» La femme qui parle a 24 ans. Comme toutes les candidates pour entrer dans la police indonésienne, elle a dû subir un test de virginité. Dans un rapport publié ce mardi, l’organisation Human Rights Watch dénonce cette pratique «archaïque», «humiliante» et «discriminatoire». L’ONG a interrogé plusieurs femmes qui ont subi ce test. Les témoignages concordent: le «test des deux doigts» (pratiqué par des femmes) est toujours monnaie courante dans ce pays musulman et très conservateur.

«Je savais qu’il y avait un examen de santé, mais je n’ai su à propos du test que juste avant d’entrer dans la salle», se souvient une jeune femme de 18 ans, qui a subi le test à Bandung. «Le comité de sélection a dit aux candidates, juste avant “l’examen interne”, que l’on pouvait se retirer du processus de sélection si on ne voulait pas être soumise au test de virginité. Mais la plupart d’entre nous nous étions déjà tellement investies pour entrer dans la police… J’ai eu le sentiment de ne pas avoir le choix, parce que si je refusais, je ne pourrais pas entrer dans la police.»

Cette pratique était déjà en vigueur depuis 1965, selon une femme interrogée, retraitée de la police.

«Je ne veux pas me rappeler ces mauvaises expériences. C’était humiliant», dit aussi une jeune femme de 19 ans qui a subi le test à Pekanbaru, dans l’île occidentale de Sumatra. «Pourquoi devrait-on se déshabiller devant des inconnus ? Ce n’est pas nécessaire. Ça doit arrêter.»

Les femmes ne représentent que 3% des 400.000 policiers indonésiens. La police nie pratiquer ces tests, tout en expliquant qu’un «examen de santé complet» était réalisé sur tous les candidats afin de s’assurer qu’ils ne soient pas porteurs de maladies sexuellement transmissibles. Selon HRW, un document publié ce mois de novembresur le site de la police précisait bien que toute candidate devait être vierge.

Source: LIBERATION

 

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