Insolite: Quand une action de Michelle Obama vire à une campagne mondiale pour la libération de Laurent Gbagbo

Insolite: Quand une action de Michelle Obama vire à une campagne mondiale pour la libération de Laurent Gbagbo

Depuis bientôt un mois, le mouvement islamique radical, nigérian, «Boko Haram», garde l’affiche de l’actualité avec notamment le rapt spectaculaire de près de 200 jeunes lycéennes, dans le Nord-Est du pays. Un coup d’éclat qui vient mettre une ligne supplémentaire aux hauts faits d’armes de ce groupement « terroriste » qui se moque bien de la mobilisation générale des troupes régulières lancées à ses trousses par le président Goodluck Jonathan.

La colère des familles des victimes contre le pouvoir, incapable à ses yeux, d’assurer la sécurité de ses citoyens, combinée à l’arrogance du leader de « Boko Haram », promettant de vendre les lycéennes comme esclaves ou de les marier de force, a entrainé une indignation d’ordre mondial. A telle enseigne que nombre de puissances occidentales offrent depuis quelques jours leurs services au président Nigérian, volant ainsi au secours d’une armée locale aux résultats jugés jusquelà, bien faméliques.

Les Etats- Unis, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, pour ne citer que ceux-là, ont déjà pris pied à Abuja pour intensifier la traque aux hommes d’Aboubakar Shekahu, le patron du mouvement islamique radical. Et pour donner un élan populaire mondial, devant accompagner la mobilisation des forces spéciales occidentales, Michèle Obama a eu l’ingénieuse idée de lancer sur les réseaux sociaux, une campagne dénommée « Bring back our girls (ndlr : ramenez-nous nos filles) ».

Le message est couché sur un support que la première dame des Etats-Unis, en bonne mère de deux filles, tient dans les mains. L’image inonde depuis quelques jours, les réseaux sociaux. Il n’en fallut pas davantage pour que sur ‘Facebook’, l’initiative de Mme Obama donne aussitôt naissance à une autre campagne, relative celle-là, à la libération du président Laurent Gbagbo.

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Ainsi au « bring back our girls » de Michèle Obama, répond en écho, le « bring back our Gbagbo (ndrl : ramenez-nous notre Gbagbo) », lancé par les internautes aux quatre coins de la planète. Enfants, hommes, femmes, jeunes et vieux, ont ainsi posté, depuis le week-end dernier, des photos d’eux, brandissant l’écriteau de la demande de libération du président Laurent Gbagbo. Plus altruistes, d’autres ont élargi la requête à Charles Blé Goudé dont ils demandent également l’élargissement. Impossible d’entrer sur ‘Facebook’, sans être touché par l’ampleur du mouvement. En somme, une mobilisation extraordinaire, qui en quelques heures, a supplanté sur les réseaux sociaux, la campagne lancée par Michèle Obama en faveur des lycéennes nigérianes enlevées, il y a peu, par « Boko haram ». Sacré Laurent Gbagbo !

A un mois de le tenue de l’audience de confirmation ou non des charges contre le dirigeant ivoirien, l’opération « bring back our Gbagbo », apparait non seulement comme la preuve de la grande popularité de l’ex-chef de l’Etat ivoirien, sur les réseaux sociaux, mais aussi comme une pression supplémentaire sur les épaules des juges de la chambre préliminaire 1 qui auront ce jourlà, rivés sur eux, davantage de paires d’yeux venues des quatre coins du monde,- instruites du cas Gbagbo -, qu’il faudra convaincre à la lumière du droit ; ce qui n’est pas forcément la chose la plus aisée à réaliser dans l’ « affaire le procureur contre M. Gbagbo », vu les influences politiques qui tiennent ce dossier en laisse. A quelque chose malheur étant bon, il a fallu le drame des collégiennes et autres lycéennes nigérianes, pour que les Obama et leurs amis de la communauté internationale soient ainsi publique ment et massivement interpellés sur la situation d’injustice qu’ils font vivre depuis bientôt trois ans,au président Laurent Gbagbo, incarcéré à la Haye, suite à la violente crise postélectorale intervenue en 2010, en Côte d’Ivoire.

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Pour rappel, c’est le 11 avril 2011, que le dirigeant ivoirien a été arrêté par les forces spéciales françaises et remis aux troupes pro-Ouattara. Une capture précédée de plusieurs jours de bombardements intensifs de la résidence officielle des Gbagbo, par la chasse franco-onusienne, qui avait pris fait et cause pour le candidat Alassane Ouattara, donné vainqueur par Youssouf Bakayoko,- le président de la Commission électorale indépendante (CEI) qui a préféré se la jouer perso sur ce coup là -, mais déclaré perdant en définitive par le Conseil constitutionnel, jugeant pourtant en dernier ressort.Laurent Gbagbo passera ensuite 7 mois, à l’ombre, à Korhogo, avant d’être transféré à la cour pénale internationale où il attend toujours que le procureur donne les preuves des charges portées contre sa personne.

Trois années que l’attente dure et rien n’indique encore si oui on non, le leader ivoirien aura droit à un procès. C’est dans cette ambiance que ses partisans et autres démocrates du monde entier multiplient depuis lors, les actions de mobilisation dans les principales capitales occidentales pour demander sa libération, dans cette affaire qui pue à mille lieues, le prolongement, à l’international,de la justice des vainqueurs pratiquée par le pouvoir d’Abidjan.Une mobilisation permanente qui a déjà déjoué bien des plans.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui

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