Isaac Zida, PM du Burkina Faso lors de sa visite en Côte d’Ivoire: «La visite à Blaise Compaoré n’est pas à l’ordre du jour»

Isaac Zida, PM du Burkina Faso lors de sa visite en Côte d’Ivoire: «La visite à Blaise Compaoré n’est pas à l’ordre du jour»

Le Premier ministre burkinabè a entamé, ce lundi 6 juillet 2015, une visite d’amitié et de travail de 48 heures en Côte d’Ivoire. Il a rencontré dans ce cadre, le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, avec qui il a échangé sur les points de la coopération, du terrorisme, de la question du mont Péko…

Est-ce qu’on peut avoir le point de vos échanges avec les autorités ivoiriennes?

Je dois dire que nous avons échangé en long et en large sur l’état de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Vous savez qu’entre nos deux pays, nous avons signé depuis 2008 un traité d’amitié et de coopération.Et chaque année nos deux gouvernements se retrouvent pour faire le point et l’état d’avancement de ce traité d’amitié et de coopération.

C’est ce que nous avons essayé de faire et nous nous sommes rendu compte qu’il y a des acquis. Mais il y a malheureusement des insuffisances et nous avons pris l’engagement de travailler à renforcer cette coopération pour faire avancer les choses. C’est donc ce qui nous a pris deux heures de temps et j’avoue que c’était très insuffisant.

L’année passée vous avez signé à Ouagadougou une vingtaine d’accords. Où en sont les deux pays en matière d’application de ces accords, notamment sur la concrétisation de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou?

Pour la partie ivoirienne, je me réjouis de voir que l’autoroute est arrivée jusqu’à Yamoussoukro. Nous avons été informés du fait que le second tronçon, c’est-à-dire Yamoussoukro-Bouaké va être bientôt entamé.

Alors en ce qui concerne le Burkina, nous avons aussi réalisé des études, Ouagadougou-Koudougou-Bobo Dioulasso. Nous sommes à la recherche des financements pour entamer ce tronçon. C’est vous dire que nous travaillons. C’est sûr que dans un avenir très proche, nous allons voir cette autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou.

A l’ordre du jour était inscrite la question de la relocalisation des populations du mont Péko. Après la rencontre, qu’avez-vous décidé ?

Sur cette question malheureusement, Mme la ministre n’avait pas son homologue avec moi, mais nous avons souhaité que les deux ministres se retrouvent au plutôt pour échanger sur cette question.Nous sommes très conscients qu’il y a des difficultés en ce qui concerne les quatre phases: la sensibilisation, la délocalisation, la relocalisation et le suivi. En ce qui concerne les groupes sociaux, il faudra aller avec prudence pour ne pas créer plus de problèmes. Les deux gouvernements vont travailler davantage pour que ces groupes puissent quitter la forêt classée en tout cas dans des conditions humainement acceptables. Les deux ministres vont se retrouver pour faire davantage de suggestions afin que nous puissions avancer sur ce dossier.

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“Si vous n’avez pas les renseignements, vous ne pouvez pas combattre le terrorisme”

On a vu aussi les questions sur les attaques terroristes. Quel est le point ?

Malheureusement, le terrorisme n’est plus à nos portes, mais dans nos murs. Parce qu’au Burkina, nous avons été victimes d’une attaque terroriste le 4 avril dernier. Nous sommes très conscients de l’existence de cette menace. Nous avons décidé que nos ministères en charge de la sécurité et de la défense travaillent ensemble pour renforcer surtout les échanges de coopération.

Nous allons échanger des officiers de sécurité qui seront établis à Abidjan et Ouagadougou pour que les informations soient plus fluides. Parce que c’est le point de départ du combat. Si vous n’avez pas les renseignements, vous ne pouvez pas combattre le terrorisme. Nous pensons que si nous avons un dispositif qui permet d’avoir les renseignements dans les délais, nous allons pouvoir combattre le terrorisme comme il faut.

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“La visite à Blaise Compaoré n’est pas à l’ordre du jour”

Lors de cette visite, allez-vous rencontrer le Président Blaise Compaoré ?

Je ne sais que dire. Je ne pense pas que je puisse rencontrer tous les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire individuellement. Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Vous avez parlé des élections qui devront se tenir en octobre prochain pour mettre fin à la transition. Pensez-vous que toutes les dispositions ont été prises pour tenir à date ces élections ?

Oui les conditions sont réunies parce que nous avons passé beaucoup d’étapes, notamment la relecture du fichier électoral, l’adoption du nouveau code électoral. Nous pensons donc que très bientôt, probablement au prochain Conseil des ministres à Ouagadougou, nous allons appeler le corps électoral.

Nous pensons par conséquent que la date du 11 octobre 2015 est bien tenable. Visiblement nous ne voyons pas ce qui peut nous empêcher d’aller à ces élections le 11 octobre.

Propos recueillis par Ouattara Ouakaltio

Correspondant communal

Source: Fraternité Matin

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