Issa Sangaré Yéresso: «On dit qu’on nous a renvoyés pour des motifs économiques. Mais c’est faux, tout cela est politique»…

Issa Sangaré Yéresso: «On dit qu’on nous a renvoyés pour des motifs économiques. Mais c’est faux, tout cela est politique»…

Pour parler de son départ de la télévision, Issa Sangaré Yéresso, l’ex-DGA de la RTI n’y va pas avec le dos de la cuillère. Comme à son habitude, l’homme de télé est franc et direct dans ses affirmations. Entretien exclusif avec celui qu’on appelait Chef Sangaré avant sa mise à l’écart de la RTI.

• Comment le jeune retraité se porte-t-il ?

– Bèh, je vais très bien. Disons que je vis paisiblement une retraite forcée. Sinon, du point de vue santé, je remercie Dieu dans la mesure où j’arrive à accomplir mes prières quotidiennes et à garder mes relations saines avec le prochain. Je ne me plains pas.

• C’est quoi, vivre une retraite forcée ?

– Je dis une retraite forcée car un journaliste n’est jamais à la retraite. Lorsque l’on entre dans ce métier par passion, qu’on le vit avec passion et qu’on a servi avec dévouement l’organe qui vous emploie, on mérite une retraite normale et paisible. Mais si la retraite est forcée, c’est-à-dire que pour des raisons politiques, fallacieuses, on nous a mis au chômage technique puis on nous a licenciés, c’est cela mettre à la retraite forcée. N’empêche qu’il faut prendre cela avec philosophie parce que ce n’est pas la roue seulement qui tourne. La terre tout entière tourne. Donc, nous attendons notre jour, le jour de notre jour comme on le dit à Abidjan (rire).

• Est-ce que vous en voulez à quelqu’un particulièrement ?

– Non, pas du tout ! Si je dois en vouloir à quelqu’un ou à quelque chose, c’est au système. Si vous êtes croyant sincère, musulman, catholique, juif, ou protestant et que vous croyez en un seul Dieu, vous devez savoir que rien ne peut se faire, rien ne peut vous arriver si Dieu ne l’a pas accepté. J’estime que c’est une épreuve de Dieu et comme je ne suis pas seul dans ce cas, je demande à tous ceux qui ont été victimes d’une telle injustice, de ne pas en vouloir à quelqu’un mais de pardonner. Nous sommes les enfants d’Houphouët formés à l’école d’Houphouët, au Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). Houphouët-Boigny disait qu’il préfère l’injustice au désordre. Parce que l’injustice peut être réparée alors que quand le désordre est installé, c’est le chaos et c’est souvent irréparable. Je suis convaincu que dans le temps de la réconciliation, les autorités comprendront que certains ont profité d’une situation pour calomnier, diffamer. Rien que pour dire : ôte-toi pour que je m’y mette. Par conséquent, je n’en veux à personne.

• La décision de réduire le personnel de la RTI se justifiait quand même, non?

– Nous sommes des intellectuels et il faut être honnête. Ça se justifiait. Mais c’est la manière de l’exécuter qui posait problème. C’est-à-dire, le règlement de compte qui a suivi était gauche et maladroit. Ça se justifiait dans la mesure où en mai 2010, la RTI comptait plus de 890 agents, donc à peu près 1000 agents. C’est pléthorique ! Les différents directeurs généraux de Ben Soumahoro à Yacouba Kébé, il a toujours été question de réduire d’une manière drastique, les effectifs de la RTI. Cela s’expliquait par le réajustement structurel, les plans du FMI et la Banque Mondiale et il fallait dégraisser la fonction publique. On a donc dégonflé la fonction publique en choisissant certaines de ses structures pour se prendre en charge. C’est ainsi que la RTI s’est détachée avec un certain nombre de fonctionnaires et de journaliers. Puis en 1995, il y a eu d’autres embauches au fur et à mesure. Les nouveaux arrivants n’étaient pas de la fonction publique tant et si bien que chaque directeur embauchait. Entre 2010 et 2011, on était à peu près 1000 agents à la RTI. Ce que je déplore, c’est qu’on avait attiré l’attention des autorités qu’à la RTI, l’administration prenait le pas sur les fonctions essentielles. C’est-à-dire qu’il y avait plus d’administrateurs que de journalistes, producteurs, techniciens… Il me vient qu’en 1978, Serge Pacôme Aoulou disait déjà qu’il fallait mettre tout le personnel dehors pour qu’il s’aligne et on va tamiser. Donc la réduction de l’effectif de la RTI était nécessaire. Le dernier DG à qui on voulait imposer ce plan, c’était Yacouba Kébé. Qui, par des manières diplomatiques, ne voulait pas prendre cette charge sociale et a proposé autre chose.

• Lazare Aka Sayé, le DG sous lequel la réforme est venue, était-il partisan?

– Je ne citerai pas de nom. Mais toujours est-il que le directeur général qui a exécuté la tâche a certainement reçu des instructions. Le Président Ouattara a certainement donné des instructions pour restructurer la RTI puisque tous les Présidents qui passaient, parlaient de cette mesure sans jamais passer aux actes. S’il y a lieu de faire des restructurations, cela se fait sur des bases saines. Mais le directeur général et son adjoint qui étaient là, en ont profité pour régler des comptes. Je le dis et je l’affirme.

• Allons sur le clanisme à la RTI qui ne date pas de la crise. Quand un directeur arrive, il vient avec son groupe et quand il s’en va, ceux-ci sont mis au placard…

– Oui et c’est dommage ! En fait, il existe des journalistes militants à la RTI. Il ne faut pas s’en cacher. Le militantisme a toujours existé à la télévision. Depuis 1963, tout le monde était militant PDCI puisque les cotisations étaient retenues à la source. Avec l’avènement du multipartisme, il y avait deux clans : celui du parti au pouvoir et celui de l’opposition. Ceux qui étaient dans l’opposition étaient opprimés ou mis au placard. Et de plus en plus, ce clanisme s’est accentué. Lorsque le multipartisme a pris une forme tribale, cela s’est répercuté sur la télévision. C’est à partir de là que tous les maux de la télévision ont commencé. A l’intérieur même de la RTI, dans les nominations, on se combattait entre 2002 et 2010. Mais cela avait été fait souvent avec intelligence. On trouvait des gens qui n’étaient pas du parti au pouvoir à des postes de responsabilité.

• Juste pour ajuster

– Je ne vous le fais pas dire. C’est malheureux ça en Afrique surtout dans les organes publics de l’Etat. Le clanisme a existé à la RTI mais seulement, ça n’a pas pris la forme du renvoi des gens sur la base de raisons fallacieuses de licenciement économique. Mais en même temps, on ne renvoie pas 322 agents pour en embaucher plus de 300. C’est là qu’il y a le hic ! Il faut qu’on mette fin à cela sinon, ce sera un engrainage.

• Le clanisme est cyclique à la RTI. Chaque nouveau directeur arrive avec son monde pendant que les autres sont mis au placard, perçoivent tranquillement leur salaire et mènent d’autres activités…

– Exact ! Au lieu d’être professionnel, on est pro celui-ci ou pro celui-là !

• Celui qui semblait être indépendant, c’était vous. Mais au temps de Gbagbo, on vous a taxé de pro Gbagbo… Est-ce faux ?

– Mon malheur a commencé quand on m’a appelé pour être directeur de TV2. Et encore, si je l’avais voulu, Aboké (ancien DG) aurait pu me nommer directeur de La Première. Aujourd’hui, je lui rends hommage. Quand il m’a fait savoir qu’il voulait que je dirige TV2, je lui ai dit ceci : c’est toi qui avais envoyé feu Moussa Kamagaté, Habiba Dembélé et moi à TV2 parce qu’on disait qu’on était RDR. Si aujourd’hui, tu me nommes directeur de TV2, les gens vont t’en vouloir. Il m’a dit : «Issa, ça n’a rien de politique. C’est ton côté professionnel qui m’intéresse.» Cela m’a marqué. J’ai accepté sa proposition d’autant plus que c’était aussi une promotion. Et tout s’est gâté quand on m’a nommé directeur général adjoint de la RTI !

• Tout le monde disait que Brou Amessan était militant du FPI…

– Non ! On pouvait le traiter de pro Gbagbo mais pas militant du FPI. On me reprochait d’être RDR alors qu’on m’a nommé DGA. Ces autorités du FPI avaient ceci de salutaire : ils ont eu le mérite de me nommer à un poste de responsabilité sans peut-être me faire confiance dans le fond. N’empêche que j’ai travaillé tranquillement.

• A votre temps, chacun voulait mettre son proche à la RTI de telle sorte que même à la rédaction, on avait un monde pléthorique…

– Oui, j’ai dit que les anciennes directions générales ne sont pas exemptes de tout reproche. Malheureusement quand on est DG d’une entreprise para publique, on a toujours des recommandations ou des pressions qui ne disent pas leurs noms. C’est cela le problème. Donc effectivement, il y a eu des embauches excessives. Il faut peut-être trouver un système de recrutement scientifique et objectif qui obéit aux besoins de la maison. Sinon, on ne peut pas en vouloir à un directeur général pour l’effectif pléthorique à la RTI.

• Autre reproche qu’on vous a fait. Il y a eu cet enregistrement de Tempo à Paris. Que s’est-il réellement passé ?

– C’était au moment où les relations entre la Côte d’Ivoire et certains pays, notamment la France, étaient très tendues par la faute des activistes politiques, des extrémistes. La RTI allait atterrir sur le bouquet Canal. Donc, j’ai proposé de créer l’évènement à Paris. On est allé et on a transformé la salle de conférence de l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris en salle de production de la RTI. On a produit des émissions. Après l’enregistrement de Tempo à Paris, effectivement, il y eu des mécontents parce qu’il il y a eu des artistes en France qui ont dit qu’ils ont été oubliés, qu’ils ont été lésés. Mais le budget était tel qu’on ne pouvait pas prendre tout le monde. A Paris, j’ai constaté qu’on avait un problème de relai. On voulait faire des directs, mais on ne pouvait pas.

• …

– Quand nous sommes revenus, j’ai dit au DG qu’il nous fallait un Fly Away. Ce sont des procédés de transmissions satellitaires. Quand j’ai pris fonction, j’ai vu qu’il y avait des directeurs à la RTI à qui on louait cet appareil du Mali, du Burkina, du Togo à 2 millions et demi. Et ces derniers venaient sous-louer ce matériel à la RTI à 12 ou 13 millions. J’ai présenté les factures au directeur général. Pour La Flamme de la Paix à Bouaké, on a déboursé 12 millions. Les factures sont encore à la RTI. Côte d’Ivoire-Madagascar, le match demandé par Drogba, 13 millions. Donc au lieu de 2 millions, on loue le Fly Away à la RTI à 13 millions voire même 14 millions. Alors qu’un Fly Away coûte entre 200 et 250 millions. On a écrit à notre ministre de tutelle qui a effectivement transmis le courrier. Mais il y a la lenteur administrative.

• D’où vient-il qu’on vous ait démis ?

– Quelques jours après, je vois dans la presse que j’ai pris 200 millions de Laurent Gbagbo que j’ai mis dans le compte de mon fils en France. J’ai tout entendu. Mais j’ai gardé mon calme. Le DG m’a dit que des gens sont venus le voir pour dire : «où tu démets Issa Sangaré où on te démet.» C’est un être humain hein. Sur place, il signe et il me relève de ma fonction de DGA. Je prends la note que je mets dans ma poche et à midi, le DG et moi, sommes allés au restaurant. Les gens sont surpris. Heureusement que je connaissais des personnes de bonne volonté qui savaient que tout cela était faux. Elles sont allées voir le Président de la République. Evidemment, moi, je ne voulais plus parler aux Saints mais directement au bon Dieu. Le Président me reçoit et je lui explique tout. Il me dit : «je ne lis pas les journaux.» Je lui fais savoir que c’est la BNI qui a payé les appareils qui ont été livrés effectivement à la RTI. Et je lui montre aussi toutes les factures et les papiers de la douane. Celui qui m’a beaucoup aidé à rétablir la vérité, c’est M. Honoré Guié, alors PCA de la RTI. J’ai été limogé par le DG mercredi ou jeudi. Le lundi suivant, j’ai été rétabli comme DGA chargé de l’inspection générale. A partir de là, c’est fini. Chacun peut raconter ce qu’il veut. Mais au moins la vérité a été dite et sue.

• Aujourd’hui, c’est quoi votre vie après la RTI ?

– Dans la période 2007-2008 où la cabale contre moi a commencé, je me suis dit que l’avenir de cette maison devenait sombre. Ça, c’était clair. Alors, je suis allé reprendre mes études. Et j’ai fait un DEA avec la Mention très Bien. Après, j’ai fait trois ans de recherche et à la 4ème année, j’ai fait un Doctorat. Ce temps-là m’a donc permis de me reconstituer. Je suis actuellement dans la recherche, dans l’enseignement et je fais aussi le coaching. Je donne également de la formation. Mais je continue d’être télévision, d’être au fait de l’actualité…

• Vous regardez la RTI ?

J’ai l’obligation de regarder la RTI puisque c’est ma maison.

• Vous n’êtes pas obligé, puisque vous avez les moyens d’avoir le bouquet Canal avec plusieurs chaînes…

– Je regarde la RTI et je demande aux gens de regarder la RTI. Quand les gens me disent qu’ils ne regardent pas la RTI, ils me font rire. Ce n’est pas la télévision américaine ou française qui viendra vous dire que votre maison est en train d’être inondée. Quand l’Etat prend des lois et décrets, c’est la RTI qui les diffuse. De toutes les façons, ne pas regarder la RTI est cyclique. Quand le PDCI était au pouvoir, le RDR et le FPI disaient qu’ils ne regardaient pas la télé. Quand le FPI vient au pouvoir, le RDR et le PDCI disent qu’ils ne regardent pas la télé. Parlons ivoirien : attrapez votre cœur et regardez la RTI pour tirer les enseignements plutôt que de faire des discutions dans le vide et sans argument.

• Quand vous étiez à la direction, on taxait la télé d’être trop propagandiste…

– Ce sont les politiciens qui façonnent l’antenne. Au lieu de s’en prendre à eux, on s’en prend aux journalistes qui souvent, sont impuissants ou sont ‘’alimentaires’’. Les journalistes ne font que refléter l’atmosphère, l’ambiance politiques. Maintenant, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le dire et j’ai eu l’occasion de le dire à l’actuel DG de la RTI : l’antenne s’est apaisée. Et cela pour deux raisons : le DG est vigilant là-dessus et puis, le climat politique aussi s’est apaisé. Si on était encore dans les tensions vives, ça n’allait pas être comme ça. Seulement la télévision actuelle est monocolore, mais on ne sent pas de tensions vives à l’antenne. C’est ce que je combattais à la RTI. Mais comme on le dit, un grain de riz peut pourrir tout un sac. Aujourd’hui, le quota d’administratifs est supérieur à celui des professionnels de l’audiovisuel c’est-à-dire aux producteurs et réalisateurs. A partir de ce moment-là, c’est dangereux pour une chaîne de télévision.

• Un mot sur le contenu : le journal, les émissions…

– Il faut seulement servir au peuple ce qu’il veut. Il y a eu des émissions qui ont fait leurs preuves. Il ne faut pas dire que telle personne n’est plus là, donc, on supprime ses émissions. C’est ce qui est mauvais en Afrique. C’est-à-dire qu’on balaie et la plupart du temps, on ramène tout mais en changeant de nom. Entre la copie et l’original, ce n’est pas pareil. Il est bien évident que souvent, ça laisse à désirer.

• Quels sont vos projets ?

– Dans une grisaille pareille, vous voulez qu’on ait quel projet ? J’attends, j’observe. Je sais que vous voulez parler de créer radio, créer télévision… Mais pourquoi faire dès l’instant que l’autorisation n’est pas donnée ? Souvent je taquine le ministre Ibrahim Sy Savané, Président de la haute autorité de la communication et de l’audiovisuel (HACA) en disant que je ne suis pas d’accord. Il semblerait que le cautionnement pour avoir une fréquence de télévision serait d’un milliard. Et ce n’est qu’un cautionnement. Mais non ! C’est qu’on ne veut même pas que les Ivoiriens créent leurs télévisions. Même si c’était 100 millions, c’est toujours cher. Ce n’est pas l’Etat qui va surveiller mon argent. On me dit que mon projet n’est pas viable et que si on a 4 ou 5 chaînes de télévision en Côte d‘Ivoire, l’espace publicitaire n’est pas assez large. On s’en fout ! Ou c’est une économie libérale ou ça n’en est pas. Ce n’est pas à l’autorité de nous dire qu’il y a assez de publicité pour tout le monde ou qu’il n’y en a pas. C’est mon argent. Si je le place dans le vide, ça me regarde. J’ai entendu un ministre dire qu’on va interdire les chaînes qui ne sont pas autorisées. J’ai compris qu’il y a une ignorance totale du domaine de l’audiovisuel à l’heure de la TNT, du tout numérique où nous sommes. Quel Etat peut interdire une télévision ? Ce n’est pas possible. Il y a plein de télévisions qui sont produites ici à Abidjan qui vont à Paris et qui nous reviennent par Canal. Beaucoup ne savent même pas qu’elles sont produites ici. Plutôt que de jouer au chat et à la souris avec la mauvaise foi politique, il faut aller affronter franchement les choses. Maintenant, on me dit que c’est pour 2015 alors que c’est le deadline. Qu’on le veuille ou pas, l’espace audiovisuel mondial sera très libéralisé. Regardez le Burkina Faso, le Bénin, le Togo, le Sénégal, ces pays ont trois, quatre, cinq chaînes de télévisions.

• Quelle leçon avez-vous tirée de votre mise à l’écart de la RTI ?

– J’ai été triste pour la Côte d’Ivoire. Au temps d’Houphouët, on avait envoyé des journalistes de force à Séguéla faire un service militaire obligatoire parce que tout simplement, ils avaient osé contester. C’était une manière de bâillonner la presse. Je me rappelle aussi que sous Aboké, certains agents taxés d’un bord ou d’un autre avaient été suspendus. Nous avons condamné cela et ils ont été rétablis dans leurs droits grâce aux syndicats. Je vois que le cycle pourrit et se répète. Je remercie Dieu que mon cas arrive à un moment où je suis à cinq ans de la retraite. Il y a des jeunes qui avaient seulement trois ou cinq ans de métier et qui ont été renvoyés sur des bases politiques. Ça, c’est triste. Si on est dans un Etat de droit, il est bien évident que tôt ou tard, le droit sera dit. Ça, c’est pour les jeunes. Nous, on vaque à autre chose.

• Vous êtes un retraité heureux ?

– Oui, je puis vous dire qu’aujourd’hui, je suis heureux. C’est vrai que j’avais un tapis de prière chez moi au bureau quand j’étais en fonction, mais l’occupation faisait que je ne respectais pas les heures de prière. Aujourd’hui, la mosquée est à côté de chez moi, je marche tranquillement pour y aller. Je prie à l’heure et puis j’observe. La retraite me permet de voir la méchanceté des hommes aussi et de faire un discernement entre les vrais amis et ceux des circonstances heureuses. J’ai été touché par le geste d’une institutrice. Pendant que tous mes comptes et avoirs étaient gelés pendant trois ans, elle m’a remis 15.000 FCFA dans une enveloppe avec ces mots : « merci, vous nous avez fait rêver.» Ceci, il faut remercier le Président de la république qui a fait des gestes humanitaires qui ont le sens de la réconciliation en dégelant nos comptes.

Source: Top Visages

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