Jean Kacou Diagou : « Je suis venu à l’assurance par hasard et au départ je n’avais pas envie de rester »

Jean Kacou Diagou : « Je suis venu à l’assurance par hasard et au départ je n’avais pas envie de rester »

Il aurait pu finir prêtre ou même footballeur, d’après certains de ses amis. Mais au sport ou à la religion, Jean Kacou Diagou a préféré les assurances. Alors qu’il est aujourd’hui à la tête de 19 sociétés d’assurances et de 2 banques, on peut dire que le choix de la seconde fortune de Côte d’Ivoire a été payant.

Ce n’est pas un hasard si, même sur des sujets qui déchaînent autant de passion que le franc CFA, l’avis de Jean Kacou Diagou est aussi respecté en Afrique francophone subsaharienne. Grâce à un parcours exceptionnel, celui qui a fondé le groupe NSIA en 1995 est devenu l’un des entrepreneurs les plus en vue de la région. Et pourtant, l’homme dont la fortune est estimée à 250 milliards de francs CFA a bien failli devenir prêtre et priver son pays d’une des meilleures success-story de l’entrepreneuriat africain.

« Dans mon village »

Chef de l’une des entreprises les plus importantes dans le secteur africain de l’assurance ? Peu de personnes auraient imaginé une telle trajectoire pour Jean Kacou Diagou dans ses jeunes années. Lui-même le reconnait, il aurait pu devenir prêtre. « J’ai fait mon école primaire dans mon village avant de rejoindre le séminaire où j’ai étudié de ma 6e jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat. A ce moment, là la fin de mon cursus, j’aurais pu finir prêtre », confie Jean Kacou Diagou.

Pour certains de ses amis, il aurait pu finir footballeur professionnel, tant il était doué pour ce sport. Mais l’Ivoirien n’a pas voulu gagner sa vie sur les pelouses. « Je n’ai pas voulu devenir professionnel. J’ai refusé les avances des 3 meilleures équipes d’Abidjan après l’université », se souvient-t-il.

« Je n’ai pas voulu devenir professionnel. J’ai refusé les avances des 3 meilleures équipes d’Abidjan après l’université.»

Finalement, Jean Kacou Diagou sera assureur ; un métier dans lequel il ne comptait pas s’attarder et où il a fini par prospérer.

 

« Des facettes du métier »

Jean Kacou Diagou est né le 15 Août 1946 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Après son baccalauréat, il étudie les sciences économiques à l’Université d’Abidjan où il obtient une Licence. Il part ensuite se spécialiser en France, où il obtient, en 1972, un diplôme de l’Ecole nationale d’assurances, à Paris. Il débute sa carrière en France en 1972. Cette année-là, il obtient le poste de chef du service Sinistre de l’entreprise SIA, agence de l’Union des assurances de Paris (UAP), actuel AXA, référence du marché de l’assurance en France. « Je suis arrivé dans le domaine des assurances un peu par hasard. 3 ans après j’ai eu une promotion qui m’a montré des facettes du métier qui me donnaient envie de rester », se souvient-t-il.  Promu secrétaire de la section de l’UAP à Abidjan, son excellent travail lui vaut d’être choisi, en 1981, pour le poste de directeur général de l’Union Africaine, une filiale de l’UAP.

Jean Kacou DIagou continue de gravir les échelons. En 1992, vingt ans après son recrutement, il est nommé administrateur et vice-président du groupe Union Africaine.  4 ans plus tard, considéré comme l’une des figures de proue de l’assurance ivoirienne, Jean Kakou Diagou décide de créer sa propre entreprise.

 

L’aventure NSIA

Il se met à la recherche de capitaux et de compétences. En 1995, il crée, en se basant sur des capitaux essentiellement africains, la Nouvelle Société Interafricaine d’Assurance (NSIA). Six mois après sa création, la NSIA affiche un chiffre d’affaires de 900 000 000 F CFA. Pourtant, rien n’a été facile. Dans une interview, il évoque notamment les « crocs en jambe » de ses anciens patrons. Comme il l’explique, ces derniers supportent mal le fait qu’un ancien de la maison leur fasse de la concurrence sur le territoire africain. Cela n’empêchera pas la NSIA de se développer.

Pourtant, rien n’a été facile. Dans une interview, il évoque notamment les « crocs en jambe » de ses anciens patrons. Comme il l’explique, ces derniers supportent mal le fait qu’un ancien de la maison leur fasse de la concurrence sur le territoire africain.

En 1996, l’Assurance Générale de France abandonne le marché africain de l’assurance. NSIA décide alors d’acquérir la filiale Ivoirienne de l’entreprise française.

 

À la fin de l’année 2014 NSIA compte 25 filiales dont deux banques. Jean Kacou Diagou : « Je suis venu à l’assurance par hasard et au départ je n’avais pas envie de rester »

À la fin de l’année 2014, NSIA compte 25 filiales dont deux banques.

En 1998, le groupe crée la Nouvelle Société Assurance Bénin (NSAB), puis en 2000, rachète l’ancienne Mutuelle du Gabon, qui devient NSIA Gabon. De 2000 à 2007, le nombre d’entreprises dont le groupe est propriétaire se chiffre 15, dont une banque, la BIAO (6e rang au classement des banques en Côte d’Ivoire), ex-filiale de la Belgolaise. En quelques années, en créant une déclinaison par an, la toile du futur empire est tissée. Le groupe NSIA commence à grandir et se développe dans les pays voisins où ses produits séduisent de nombreux africains.

À la fin de l’année 2014, NSIA compte 25 filiales dont deux banques, après l’acquisition de Diamond Bank. En fait, Jean Kakou Diagou souhaite offrir à la fois des services bancaires et des produits d’assurance. « Nous allons enfin essayer de réaliser ce plan ambitieux qui consiste à proposer à nos clients des produits leur offrant une protection, en même temps que des produits bancaires », explique sa fille Janine Kacou Diagou.

Aujourd’hui, on peut dire que le pari du groupe, considéré comme l’une des valeurs sures de la banque assurance africaine, a payé et a emporté son fondateur dans son ascension.

 

Janine Kacou Diagou « Nous allons enfin essayer de réaliser ce plan ambitieux. » Jean Kacou Diagou : « Je suis venu à l’assurance par hasard et au départ je n’avais pas envie de rester »

Janine Kacou Diagou : « Nous allons enfin essayer de réaliser ce plan ambitieux. »

Après avoir dirigé pendant plus de 10 ans le patronat ivoirien, Jean Kacou Diagou, devenu la 2e fortune de son pays, accompagne la croissance de son groupe en préparant sa fille à lui succéder. Il tape toujours dans un ballon, à l’occasion, mais ne porte jamais la soutane. Et il est resté assureur, des décennies après ses premiers pas au sein de l’UAP.

Servan Ahougnon

Source: agenceecofin.com

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