Jean-Paul Pougala : «L’union ne fait pas toujours la force»

Jean-Paul Pougala : «L’union ne fait pas toujours la force»

Il existe un dicton populaire qui a la côte dans pratiquement tous les pays du monde, à savoir « l’union fait la force ». Il fut un temps où moi aussi j’adorais un tel dicton, avant de me rendre compte qu’il ne s’agissait là que d’un cliché pour les naïfs. Car à bien y regarder, on aura beau unir les moutons, ils resteront des moutons et ne deviendront jamais des loups.

On a beau multiplier des troupeaux de chèvres qu’un seul loup ou un chien réussira à les faire fuir tous. C’est très parlant lorsqu’on assiste, dans les montagnes suisses, le soir venu, à un scénario très banal pour l’Européen, mais vu par moi, l’Africain, cela m’a beaucoup ému et touché dans ma chair. C’est le soir venu, lorsqu’un seul chien réussit non seulement à réunir tout le troupeau de chèvres, mais en plus à leur indiquer le chemin à suivre jusqu’à l’étable. Et tous, sans protester, obéissent à ce maître, pourtant seul, avec pour seule arme ses crocs qu’il montre en aboyant lorsqu’une chèvre tente de lui désobéir. Il est évident que ce petit chien minuscule tout seul ne pourrait rien contre ces mille chèvres si seulement ces dernières pouvaient prendre conscience non pas de leur nombre, mais de ce que serait la somme de leur force face à cet ennemi. Et c’est la réflexion qui porte à cette prise de conscience qui leur fait défaut.

Cette scène, c’est nous les Africains dans la peau de la chèvre et n’importe quel pays européen dans la peau du chien. Ces chèvres sont bien nombreuses et unies, mais il s’agit avant tout d’une unité de faiblesse, d’une union des êtres dépourvus de tout sens critique, de faculté de libre-arbitre.

C’est très important d’observer le chien lorsqu’il arrive sur le théâtre des opérations ; il n’est pas pressé. De loin, il observe tout le troupeau dans sa globalité. Les bêtes déjà en groupe ne l’intéressent pas trop. Son attention est portée sur les chèvres légèrement éloignées du groupe. Et c’est autour d’elle qu’il va se faire annoncer, tout en les repoussant vers le groupe.

Dans ce scénario, nous avons toute la relation entre les pays africains et les différents maîtres qui se succèdent. Et on ne peut cesser de se poser la question : comment une vingtaine de pays africains, peuvent-ils obéir sans coup férir aux injonctions de la France dans tous les domaines mêmes dans ceux dans lesquels elle se trompe ? On pourrait penser que le sens critique, la conscience pourrait venir de l’école.

Mais en Afrique, cela semble ne pas fonctionner. L’Afrique a envoyé ses enfants étudier dans les plus grandes écoles du monde, sans que cette relation de chien à chèvre qui nous lie puisse cesser. Mais que valent ces intellectuels ? Sommes-nous certains qu’ils sont vraiment allés dans la même école que les autres ? Comment un fonctionnaire africain qui est allé à la même école que son camarade français, en soit réduit à attendre les conseils de son ex-camarade de classe français comme si la science que les deux avaient apprise à l’école était différente ?

La réponse à ces nombreuses questions, je l’ai trouvée dans le livre Léviathan de Thomas Hobbes. Dans ce livre écrit en l’an 1651, Hobbes parle des intellectuels ignorants, qui ont cru par erreur que toute la connaissance se trouvait dans les livres. Et n’ont pas compris que la base de toute connaissance est, avant tout, l’appréciation et le jugement de l’apprenant, pour accepter ou refuser ce qu’on lui enseigne et qu’on le pousse à digérer sans douter. Il y a une image que Hobbes nous donne très significative, pour comparer ces intellectuels qu’il appelle des « parfaits ignorants ». Il les compare à des oiseaux qui entrent dans une pièce en passant par la cheminée. Et puis, se trouvent coincés et n’arrivent plus à en sortir.

A ces oiseaux, on a toujours enseigné que la porte de sortie se trouve là où il y a la lumière. Les voilà qui ne trouvent pour unique solution pour quitter la salle que d’aller se cogner contre la fenêtre vitrée, tout simplement parce que la lumière vient de là. Ce qui leur manque selon Hobbes, c’est l’essentiel : l’intelligence, pour poser la plus importante des questions : comment sommes-nous arrivés là ? Comment sommes-nous arrivés dans cette pièce ? C’est en retraçant toutes les étapes qui ont porté à arriver à ce point que ces oiseaux pourront tenir compte du fait que malgré l’obscurité que représente la cheminée, la sortie est paradoxalement par là.

Ce qui manque à ces intellectuels africains, c’est la nécessité de toujours revenir à l’historique de la rencontre violente entre leurs ancêtres pacifiques, mais traités comme des « sauvages » et les occupants européens qui utilisaient la sauvagerie de la violence pour prétendre les civiliser. Ce qui leur manque, c’est de se souvenir à chaque fois qu’ils sont la chèvre et les autres le chien. Ce qui leur manque est de comprendre que la chèvre ne peut tenir pour valable tout ce qu’elle a appris à l’école du chien, puisque les deux ont des objectifs opposés : l’un veut confiner l’autre et le tenir toujours sous contrôle alors que l’autre veut se libérer de cette tutelle. Et du coup, ils ne peuvent objectivement aller à la même école.

Voici ce que déclare Hobbes à ce sujet :

“Ces intellectuels qui font confiance aux livres qu’on a utilisé pour leur instruction, font comme ceux qui additionnent des petits totaux pour faire un grand total, sans envisager si ces petites totaux [eux-mêmes] ont été les résultats d’additions correctes, et qui, trouvant enfin l’erreur manifeste, et ne suspectant pas leurs premiers fondements, ne savent pas comment s’en sortir, perdent leur temps à voleter à la surface de leurs livres, comme des oiseaux qui, entrés par la cheminée, et se trouvant enfermés dans une pièce, volettent vers la lumière trompeuse des carreaux de la fenêtre, l’intelligence qui leur permettrait d’envisager par où ils sont entrés leur faisant défaut.

De sorte que c’est dans la définition correcte des dénominations que repose le premier usage de la parole, qui est l’acquisition de la science, et c’est sur les définitions inexactes, ou sur l’absence de définitions que repose le premier abus, dont procèdent toutes les opinions fausses et insensées qui font que ces hommes qui reçoivent leur instruction de l’autorité des livres, et non de leur propre réflexion, se trouvent autant au-dessous de la conditions des hommes ignorants, que les hommes qui possèdent la vraie science se trouvent au-dessus. Car l’ignorance se situe au milieu, entre la vraie science et les doctrines erronées. […] Les mots sont les jetons des sages, avec lesquels ils ne font rien d’autre que des calculs, mais ces mots sont la monnaie des sots, qui les évaluent en fonction de l’autorité d’un maître (Aristote), d’un Cicéron ou d’un Saint-Thomas, ou de quelque autre docteur qui n’est [pourtant] qu’un homme”.

C’est donc comme cela que l’Afrique post-indépendantiste a vu l’émergence de ce genre d’intellectuels, qui, malheureusement, sont devenus la norme pour ceux d’aujourd’hui. Les sujets sont nombreux dans lesquels on comprend qu’ils sont presque tous ces sots dont parle Hobbes, qui n’évaluent leurs mots qu’en fonction de ce que le maître Aristote leur avait enseigné à La Sorbonne ou Harvard. Lorsqu’un intellectuel africain se définit de gauche ou de droite, c’est par rapport à quoi ? À qui ?

Lorsque pour avoir dénoncé l’agression de l’Otan contre la Libye et de l’assassinat de son Président Kadhafi, certains de ces intellectuels m’ont accusé en 2011 de soutenir les dictateurs, en se proclamant des champions de la démocratie, avaient-ils compris que ceux qui leur ont enseigné cette prétendue démocratie n’y croient pas eux-mêmes ? Quand on regarde les nombreux débats sur les chaines de télévision en Afrique sur la démocratie, le développement, la bonne gouvernance, la sécurité, on a presque envie de pleurer, puisque tous ces thèmes sont aussi vides qu’insignifiants, mais certains panélistes s’y accrochent avec une passion démesurée, en citant après chaque phrase l’idéal qui se fait ailleurs et comme par hasard, là où ils ont effectué les études supérieures, la France, les Etats-Unis, etc.

Mais cela n’explique pas tout. En observant ces mêmes acteurs parler de la démocratie, ils divergent sur tout, mais ils ont presque tous en commun une chose : ils sont créationnistes. Ils croient en Dieu. La décision de l’administration coloniale française et britannique de passer tous les intellectuels africains sans exceptions sous le formatage déiste créationniste a-t-il un impact sur leur incapacité aujourd’hui de sortir l’Afrique de l’angle où le continent a été confiné pendant si longtemps ?

La réponse nous vient encore de Hobbes.

Selon le penseur britannique, c’est toute la formation qui est une sorte de formatage religieux, afin de pousser les gens à accepter sans vérifier, juste en faisant confiance à l’autorité de celui qui nous enseigne, une science ou qui nous raconte une pseudo-vérité. Il va jusqu’à considérer l’Histoire comme une croyance car, dit-il, nous ne pouvons pas vérifier si les exploits attribués à Jules César ou à Alexandre-le-Grand sont avérés. Mais puisque l’a dit et écrit un grand historien qui a forcément lu de grands livres, cela doit être vrai forcément. Sauf que personne ne se demande si ce grand historien a lu des livres erronés ou pas. Et c’est sur cette croyance que repose tout le système des sources des publications académiques.

Lorsque je publie des leçons, je suis souvent interpelé par mes détracteurs qui m’accusent de ne pas fournir mes sources. Et qu’est-ce qu’une source ? Est-ce que le fait de dire que l’information, je la tiendrais de l’Agence France-Presse ou de Reuters la rendrait-elle forcément plus crédible ? Est-ce que le fait de tirer une information d’un ouvrage du XIème siècle rend-elle mon information plus crédible ? Je ne crois pas. Lorsqu’un historien nous raconte ce que Jules César a fait, oui, il peut souvent trouver des décrets de cet empereur qui corroboraient sa thèse, mais force est de constater que la quasi-totalité de ce qu’il nous dira sur Jules César provient d’autres livres. Et dans son texte, il se limitera à donner la liste des livres desquels il tire ses propos. Et cela devrait nous suffire.

Voici ce que Hobbes déclare à ce sujet :

“Nous pouvons inférer que, quand nous croyons que quelque propos qui soit est vrai à partir d’arguments qui ne sont pas tirés de la chose elle-même ou des principes de la raison naturelle, mais de l’autorité de celui qui l’a tenu et de la bonne opinion que nous avons de lui, alors celui qui parle, la personne que nous croyons, en qui nous avions confiance, et dont nous acceptons la parole, est l’objet de notre foi, et l’honneur fait à sa croyance le vise lui seulement. Et par conséquent, quand nous croyons que les Ecritures (la Bible, le Coran) sont la parole de Dieu, nous n’avons aucune révélation immédiate de Dieu lui-même, [mais] nous croyons, avons foi et confiance en l’Eglise, dont nous acceptons la parole à laquelle nous acquiesçons. Et ceux qui croient ce qu’un prophète leur rapporte au nom de Dieu acceptent la parole du prophète, et lui font honneur, et ils le croient, ils ont confiance en lui sur la vérité de ce qu’il rapporte, qu’ils soit un vrai ou un faux prophète. Il en est de même de toute autre histoire”.

On comprend vite que le moule créationniste à travers lequel sont passés les intellectuels africains au lendemain des indépendances était une préparation à « l’intellectuel sot », qui devait ensuite raisonner en fonction non pas de ce que son intelligence lui suggère, mais en fonction de la renommée de l’université où il a étudié en Occident. C’est ce qui va expliquer qu’ils vont fièrement inscrire sur les cartes de visite les noms de ces institutions où ils ont étudié.

Si je dis que je ne crois pas en Dieu, ces intellectuels seront les premiers à dire que je le défie. Alors qu’à l’inverse, je défie plutôt les hommes de qui je tiens l’information non vérifiée selon laquelle Dieu existerait. Puisqu’au final, avoir foi en Dieu, c’est avoir foi en l’homme, c’est avoir foi en celui qui nous a apporté Dieu. Et voilà comment l’autorité de celui qui enseigne prend le dessus sur la raison et, dans le subconscient, il devient Dieu. Puisque ses enseignements sont pour nous comme une croyance. Voilà trouvé le point de rencontre entre le formatage religieux des intellectuels africains et la perpétuation de leur état de subalternes.

C’est aussi ce qui va expliquer l’évangélisation à outrance de la communauté afro-américaine. A la fin de l’esclavage, ils n’ont jamais été indemnisés. Il n’y a jamais eu une sorte de plan Marshall pour leur permettre de ne pas partir du néant, mais pour le moins d’avoir une égalité de chance avec les autres citoyens blancs. Au lieu de cela, on les a laissé croupir dans la misère la Bible en main.

On croit par erreur que cette Bible qu’on leur a mis dans les mains étaient là pour contribuer à leur faire oublier leurs souffrance de la Terre pour espérer un monde meilleur au paradis, c’est-à-dire après la mort. C’est faux. La raison pour laquelle on les a presque tous poussés vers le créationnisme, tient du fait que par le mécanisme de lavage mental à peine expliqué plus haut, on les pousse à adorer le Blanc, comme un Dieu. Et si Jésus le fils de Dieu est blanc, sa mère Marie est blanche ?

Il est donc évident qu’ils ne peuvent s’en prendre ni aux Blancs qui les maltraitent et les tuent, ni à leurs biens. Dans les statistiques sociologiques aux Etats-Unis dénommées : « Who kills who in the USA » (qui tue qui aux Etats Unis), il est évident que la violence des Noirs est de loin dirigée non pas contre leurs bourreaux, mais contre d’autres Noirs. Les assassinats que commettent les Noirs sont plus nombreux contre d’autres Noirs que contre les Blancs. Le Blanc est assimilé à Dieu, à l’intouchable.

En Afrique du Sud, avec les violences du début de ce mois d’Avril 2015 impliquant des Noirs sud-africains contre des Noirs venus d’autres pays africains, on peut bien constater qu’ils ne vont pas s’attaquer directement à leurs oppresseurs, puisque ces derniers sont assimilés à Dieu dans la longue marche d’infantilisation créationniste du pays à travers d’illustres pasteurs noirs comme Desmond Tutu à qui on a même décerné le Prix Nobel de la Paix pour avoir réussi justement à canaliser cette violence contre toute autre personne que contre leurs bourreaux.

Pour revenir aux Etats-Unis d’Amérique, dans les violences policières contre les Noirs de ces derniers mois, il y a un chiffre qui est tombé : aux Etats-Unis, 3 personnes sont tuées chaque jour par la police américaine. Et pour la plupart, il s’agit de Noirs. Mais ce qui m’a le plus frappé est que dans une ville à 90% de Noirs, 90% de policiers sont des Blancs. Là, nous retournons dans la configuration du chien blanc et des chèvres noires. Tout le monde commente le pourcentage de la violence policière à l’encontre des Noirs, avec cela Obama peut même se permettre en se ridiculisant de donner des leçons de bonne gouvernance aux pays africains alors qu’il n’arrive même pas à faire vivre sa propre communauté noire dans le pays qu’il gouverne en paix. Mais il s’agit au fond d’une diversion. Car le vrai problème n’est pas ces assassinats de la police, mais cette anomalie grossière d’avoir un tel pourcentage de policiers blancs dans une ville à majorité noire.

Y a-t-il une différence entre les Noirs tués par la police américaine comme : Michael Brown à Ferguson, Eric Garner à New York, Tamir Rice, un garçon de 12 ans, à Cleveland, Walter Scott à North Charleston et Freddie Gray à Beltimore, à à peine 66 km de Washington et les Noirs tués par la police raciste d’Afrique du Sud sous le régime odieux de l’apartheid ? Non, je n’en vois pas. Il s’agit des mêmes acteurs Blancs et Noirs et de la même violence allant uniquement d’un coté institutionnel à l’autre citoyen. Ils ont été tous tués parce qu’ils étaient noirs, par des policiers blancs car ils se prenaient pour Dieu.

Le système leur a dit que Jésus était blanc et donc ils sont aussi des dieux par rapport à cette population maudite des Noirs (selon la Bible et le Coran). Et c’est en même temps le chien blanc face aux chèvres noirs. Il est le juge absolu. Et décide de ce qui est opportun pour la situation, sans règles ni lois. Et il ne risque rien. Et comme à l’accoutumée, après les émeutes, les Noirs finiront le parcours dans une église pour prier un dieu blanc.

Et si les chèvres se réunissent, peuvent-elles faire plier le chien ? C’est impossible parce que l’union des faibles ne fait pas peur au plus fort. Encore faut-il que les faibles utilisent leur intelligence. Au 3ème chapitre intitulé « Racisme Blanc et Conscience Noire », à la page 113 de son livre « Conscience Noire », l’activiste sud-africain Steve Biko assassiné en 1977 par la police blanche de l’apartheid dans son pays l’Afrique du Sud affirme ceci :

« Les blessures infligées au monde noir et le cumul de toutes les insultes reçues de ses oppresseurs au fil des années allaient inévitablement provoquer une réaction de la part du peuple noir. […] Nous détenons en nous la liberté de traverser ces temps difficiles ; au cours des années, nous avons acquis une supériorité morale sur l’homme blanc ; nous serons les témoins de la destruction de ses châteaux de sable par le passage du temps et nous saurons que tous les mauvais tours qu’il nous a joués n’étaient que les tentatives désespérées de petites gens cherchant à se convaincre mutuellement qu’ils pouvaient contrôler indéfiniment les esprits et les corps des peuples autochtones d’Afrique »

Et Steve Biko de conclure :

« La Conscience Noire est un état d’esprit et un mode de vie, le cri le plus positif à avoir émergé du monde noir depuis longtemps. Son essence est la prise de conscience par l’homme noir de la nécessité de s’organiser collectivement avec ses frères autour de la cause de leur oppression – leur peau noire – et d’agir en tant que groupe afin de se délivrer des chaînes qui les maintiennent dans une condition de servitude perpétuelle ».
Steve Biko, «La Conscience Noire et la quête d’une véritable humanité».

Pour que ces oiseaux de Hobbes arrivent à quitter la salle, il faut la prise de conscience effective. Il leur faut se souvenir de leur passé, de tout leur passé afin de savoir comment ils sont entrés dans cette salle, dans cette prison et amorcer la solution finale pour en sortir. La Conscience Noire dont parle Biko est cette intelligence sans laquelle nos oiseaux ne verraient jamais la solution de retourner par la cheminée. Pour Biko, ce n’est plus comme on nous a toujours enseigné que l’Union fait la force, mais plutôt que l’union des intelligents fait la force, l’union des consciences fait la force.

Shenzhen (Chine), le 30 avril 2015

Jean-Paul Pougala 
(Ex vendeur à la sauvette des mangues dites racineuses)

Jean-Paul Pougala

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE