Jean Ping sonne la fin de la résistance

Jean Ping sonne la fin de la résistance

A l’aube du nouveau Gouvernement, Jean PING appelle la Résistance à déposer les armes .Va-t-il accepter le poste de Vice –Président pour la RECONSTRUCTION du pays ? A lire attentivement.

Vous avez dit beaucoup de choses sur le message de PING à la Diaspora. J’en dirais d’autres pour qu’on se complète. J’aimerais d’abord raconter un vécu personnel qui m’a marqué dans mon parcours de journaliste d’opinion.

Lors de la crise postélectorale de 1998, le leader des bucherons, Paul Mba Abessole, arrivé en 3ème position derrière Omar Bongo (PDG) et Pierre Mamboundou de l’UPG, va convier ses troupes à un grand rassemblement au rond point de Nzeng Ayong. Ce jour là, historique et inoubliable pour les vivants, Mba Abessole prononça un mot qui raisonne encore dans mes oreilles comme si c’était hier : LA DEMOCRATIE CONVIVIALE. Journaliste, c’est moi qui commentais en direct cet évènement sur Radio Soleil, l’un des médias des Bucherons. Mon micro était tombé à cause de ce choc.

Monsieur Virginius, Un soixante-huitard venu des Antilles, époux de Mme Marguerite MAKAGA, une proche de Paul Mba, était alors Directeur des Programmes de la Radio. Après le meeting, il nous dit : « Depuis que je suis né, j’ai fait Mai 68 en France. C’est la première fois que j’entends parler de la Démocratie Conviviale. Qu’est-ce que le Père Mba vient de nous faire là ?…je quitte la radio ». Il était parti avec sa femme .Quelques mois plus tard. Moi aussi, je fis valoir ma clause de conscience et démissionnais des bucherons que j’avais servis depuis l’âge de 17 ans. La « Démocratie Conviviale », tout le monde sait où ça nous a conduit.

Je parle de ça pour faire la similitude avec Jean PING. En effet, dans son message à la Diaspora, à l’occasion de la 50ème semaine de la Résistance, le Président PING, comme Mba Abessole en 1998, a prononcé une phrase qui m’a fait tomber la cuillère de la bouche. Vous l’avez tous suivi. Il a dit : « Après la RESISTANCE, place à la RECONSTRUCTION du pays… ». A vrai dire, personnellement, je ne suis pas surpris de cette nouvelle posture par ce que je savais depuis longtemps que PING allait dialoguer. Je l’avais dit et écrit. Seulement, en tant qu’analyste politique, je suis interpellé pour me questionner sur le contenu du mot RECONSTRUCTION.

Rappelons que l’objectif principal de la Résistance est le départ sans condition d’Ali Bongo du pouvoir. Quand on parle de « Reconstruction » et de l’ « après Résistance », Ali Bongo est-il parti ? Cela veut-il dire que la Résistance est finie et,on est passé à autre chose ? A-t-on changé de paradigme, auquel cas il faut qu’il nous le fasse savoir ? Faut-il rejoindre Ali Bongo ? Je ne comprends pas. Autant de questions légitimes que les habitants du quartier se posent.

En si peu de temps, le Président PING nous a sorti deux gros mots : MEDIATION ET RECONSTRUCTION. On dit chez les bantous qu’un Grand ne parle pas pour rien et, surtout pas un diplomate. Mais, entre nous, il ne faut pas se leurrer. Jean PING est encastré. En parlant de reconstruction, comment va-t-il faire avec tous ces leaders qui sont en Europe et qui ont donné leur vie pour ça ? Si PING peut manager ceux qui sont au Gabon, ce n’est pas le cas de la diaspora.

L’Agenda caché de Jean PING et d’Ali Bongo me conforte dans la situation qu’il y a eu un troisième dialogue. Regardez vous-mêmes ! Le discours de PING se fait à l’aube du nouveau gouvernement. C’est là que je reprends mon questionnement : PING acceptera-t-il le poste de Vice-président de la République pour la Reconstruction du pays ? Va-t-il créer son parti pour que le jaune soit le parti qui va diriger le pays ? Comment faire avaler aux Résistants la pilule de la Reconstruction ? La Reconstruction, ce « KOBOLO » de la Résistance. Sincèrement, je crois que PING est piégé et ne sait pas trop comment faire. A moins qu’il nous dise qu’il voulait juste tâter le terrain pour se rétracter après. C’est quand même un gros risque politique.

J’ai l’intime conviction que la situation actuelle de la Résistance a dépassé Jean PING. Il n’avait pas mesuré la soif que les Gabonais avaient de se séparer de ce système BONGO. Il a cru que ça devait être une affaire de jours. Non ! Quand les gars se mobilisent à Bruxelles et Paris pour venir accueillir Jean PING à l’aéroport de Roissy comme Président élu du Gabon-Ils mobilisent leurs contacts, la sécurité et tout. Croyez-vous que ce sont des plaisantins ?

Aujourd’hui, c’est la diaspora qui donne le tempo de la vie politique au Gabon. Sans elle, le pays se serait réconcilié comme si de rien n’était. Elle est devenue une composante qu’il faut prendre en compte dans les décisions qui engagent la vie de notre nation. Attention ! Je parle de la diaspora responsable et non des prébendiers qui marchandent leur « activisme » politique.

En tout cas, on attend de voir comment tout ça va évoluer dans les jours avenirs. Mais, comme Jean PING a un agenda caché avec Ali Bongo, si j’avais été son conseiller, je lui aurais recommandé de dire à la Résistance du Trocadero ceci :
« Je suis venu dans le cadre de l’agenda caché. Nos partenaires blancs nous disent d’aller à la réconciliation. Dans cette réconciliation, on me demande un partage de pouvoir avec Ali Bongo. Je suis venu vous dire que j’ai accepté. Rentrons au pays pour le faire ensemble. On va gérer ce pays. J’accepte le poste de Vice-président mais le gouvernement se partage en deux. Nous partageons à égalité les ministères de souverainetés. Ceux d’entre vous qui sont de mon côté n’ont qu’à venir me retrouver pour qu’on arrange le pays ».

Voilà qui aurait été clair, net et précis pour tout le monde. C’est la meilleure solution pour Jean PING. Mais là où il joue avec les mots là. Aujourd’hui, il parle de Médiation pour terminer dans la Reconstruction. Je crois que ça fait quand même beaucoup d’ambigüité.

Je chute en invitant les médias à pousser le Président PING dans ses derniers retranchements afin que le monde entier sache ce qu’il pense réellement.

Franchement, le discours de Jean PING à la diaspora là est affreux et inconvenant pour la Résistance. Il va lui causer des problèmes. Dans la dialectique historique, je ne sais pas comment le dire en français facile, Jean PING le sait, la Révolution a souvent mangé ses enfants. En 1794, Maximilien De Robespierre et ses complices conspirateurs contre la liberté et l’égalité ont été exécutés par la révolution française. Quiconque empêche le peuple de sortir de la terreur en paie le prix quelque soit le temps que ça prendra. Désormais, le peuple vous observe.

LES CHOSES PRECISES , SE PRECISENT DEJA

Brice NDONG

Journaliste Citoyen

Membre Contributeur de Reporter Sans Frontières

Tel : 04 65 57 57

Email : ndongbrice2011@hotmail.fr

One comment

  1. Belle analyse min cher confrère Brice Ndong.RN effet on a tous ouï dire que JP pourrait se voir confier le poste de vice président, mais quel aura été le but de ce combat pré et post électoral ? De faire partir cette dictature gérer par nos soit disant frères gabonais dont les actes anti civisme restent encore à déplorer et avec des compatriotes morts en martyres pour la démocratie dont ils doivent jouir.
    Que le calendrier soit caché ou à découvert il est bien normal que la majorité inopportune puisse chercher à garder une part de gâteau en lui proposant cette coalition .NON NON NON! ..JP n’a pas droit à l’erreur et ne la fera pas .

    Toutefois dans votre brillantissime parcours ,je constate avec émoi que vous prêtez des intentions au Président élu Jean Ping pour entourlouper vos macabres élucubrations.Comme quoi l’analyse suit la compréhension mon cher..L’objectif est ABO et son équipe parte un point un trait et déjà ils ne devraient plus être là. La diaspora à un objectif et il va être atteint. A bon entendeur …Salut

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