Jeux Universitaires au Cameroun : Entre prostitution, alcool et drogue

Jeux Universitaires au Cameroun : Entre prostitution, alcool et drogue

Prostitution, alcool et drogue font partie du quotidien dans les campus. Les jeux universitaires n’arrangent pas la situation.

Les Jeux Universitaires se tiennent au campus de l’Université de Yaoundé depuis le 24 mai. Pendant 8 jours, les étudiants de toutes les universités du Cameroun participent aux Olympiades des Universités. Cependant, ce n’est pas la compétition qui fait le plus parler d’elle. Au lieu des petits boulots, de nombreux étudiants préfèrent se tourner vers d’autres pratiques qui rapportent vite et gros. Prostitution, proxénétisme, trafic de drogue, alcoolisme autant de fléaux qui attirent. Les étudiants se justifient en pointant du doigt le coût élevé de la vie et des études.

La période des jeux universitaires, représentent plus que jamais celle des bonnes affaires. Les nuits sont chaudes dans les campus de Yaoundé I et Yaoundé II, tandis que le trafic de drogue et l’abus de l’alcool prennent de l’ampleur.

Les nuits chaudes

Nous sommes mardi soir au campus de l’Université de Yaoundé, un rutilant véhicule aux vitres noires passe. Anna Martha, étudiante en 2e année de droit vient d’y descendre. Quelques minutes après, une autre voiture de luxe s’arrête. Elle embarque aussi une étudiante. Pendant deux heures, nous allons assister à un va-et-vient d’étudiantes dans des véhicules plus ou moins opulents.

Ce soir, ce sont les étudiantes de l’Université de Yaoundé II et d’ailleurs qui « mènent leurs activités. » Logée dans des chambres confortables et bien équipées, ces jeunes filles exultent devant ceux qu’elles considèrent comme des «bienfaiteurs ». « Je sais que certains me traitent de prostituée, mais je ne me considère pas ainsi »,
explique Anna Martha.

Dans les Campus, elles sont organisées en groupes et effectuent des « raids » à Yaoundé pour nouer des relations instantanées ou plus poussées. Parfois, des proxénètes prennent les choses en main. « Nous nous entraidons, c’est tout. C’est pratique et lucratif. » Petits et grands se succèdent la nuit, sans trop se poser de questions. C’est tout aussi efficace que d’aller dans les guinguettes. « Les auberges et les hôtels ne sont pas très hygiéniques. De plus, l’argent qu’il irait payer là-bas, moi je peux utiliser, » ajoute Naomi, étudiante en Médecine.

Alcool et drogue

Ne parlez pas de prostitution, mais de pragmatisme et de débrouillardise, précisent les filles. Pour survivre dans cette jungle, certaines écument les bars qui pullulent autour du campus. Amatrices de cigarettes, consommatrices d’alcool « pour se donner du courage », elles abusent parfois de stupéfiants.

Et, elles ne sont pas les seules ! Ange Brice Effa n’a toujours pas soutenu son master. Il a souffert, il y a près d’un an d’une maladie mentale : un délire convulsif dû à l’abus de stupéfiants. « J’ai été initié par mes camarades qui m’ont convaincu de ce que le cannabis est bon pour la mémoire… »

Loin de consommer, pour L. N, étudiant en 4e année d’histoire et vendeur de cannabis depuis trois ans, c’est un gagne-pain comme tout le reste. « Pour tenir avant les examens, les étudiants en prennent toujours. Et, pour nous, c’est juste un moyen de gagner notre argent de poche ».

En cette période de jeux, ils sont nombreux à vennir se ravitailler plutôt que d’assister à la compétition. D’ailleurs, les examens du 2e semestre sont programmés, tout juste après. La consommation abusive d’alcool, de tabac et autres drogues atteint son paroxysme.

Les promoteurs des bars et autres caisses de cigarettes ayant flairé le bon fleuron n’hésitent plus à ouvrir boutiques dans les environs des universités.

Certains pour l’occasion ont créé des coins gastro au sein du campus « Ce sont les coins les plus fréquentés, c’est là aussi où certains se font enrôler… », Explique le responsable des œuvres universitaires de l’Université de Yaoundé I.

Autant de pratiques qui pourraient choquer, mais qui font désormais partie du monde universiataire, officieusement du moins.

Source: Afriqueactualite

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One comment

  1. c’est triste pour ces étudiants vraiment triste

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