Jours agités pour Ouattara: Un journal français révèle de vives tensions dans l’armée

Jours agités pour Ouattara: Un journal français révèle de vives tensions dans l’armée

Pas rassuré devant les risques de se voir traduit devant la cour pénale internationale, l’état-major des ex-FN est désormais décidé à prendre la tête de l’armée ivoirienne. C’est le sens des tensions qui secouent actuellement la grande muette et dont se fait l’écho le bimensuel français « La Lettre du Continent » dans sa dernière édition parue il y a deux jours.

Selon ce journal français, les exrebelles en veulent particulièrement au ministre de la défense Paul Koffi Koffi qu’ils veulent remplacer par un des leurs. Ce vœux une fois réalisé, devrait assurer une totale impunité aux principaux chefs de guerre qui se sentent toujours sous la menace de la cour pénale internationale. Guillaume Soro, ancien secrétaire général des forces nouvelles devenu président de l’Assemblée nationale depuis l’arrivée de Ouattara au pouvoir ainsi que le commandant Wattao passé colonel depuis lors, sont en effet accusés de crimes divers par les organisations non gouvernementales occidentales. Ces dernières pointent notamment la responsabilité de Soro, principalement dans le massacre de Duékoué quartier carrefour où un millier de personnes avaient trouvé la mort en une seule journée. Quant au colonel Wattao, il est cité dans divers trafics illicites de diamant par l’ONU, ainsi que dans des violations de droits de l’homme par de nombreuses ONG.

Pour se couvrir, les ex-FN veulent tenir Alassane Ouattara en laisse en évinçant son ministre de la défense, Paul Koffi Koffi, pris à partie depuis quelques semaines, par Nord-Sud, un journal proche de Guillaume Soro. Ce journal a nommément mis en cause le ministre lors de l’attaque de Grabo, il y a deux semaines, lui reprochant notamment les infiltrations régulières de combattants dans cette partie du pays. Mais selon ses proches, Paul Koffi Koffi est informé de ce qui se passe puisqu’il a répété lui-même à d’autres journalistes que ceux de Nord-Sud mènent un combat par procuration. Accusait-il directement Guillaume Soro dont l’actuel ministre de la défense fut l’un des directeurs de cabinet et que cette conquête espère avant tout rasséréner ? Pas impossible en politique et au jeu des ambitions. Cela dit, en dehors de la stratégie visant à exercer une pression directe des armes sur le chef de l’Etat, l’envie de prendre la tête de l’armée par les ex-FN n’est pas non plus sans lien avec le contexte général dans lequel vogue le régime.

Alassane Ouattara a en effet montré des signes de fatigue depuis son opération à la sciatique en France et semble visiblement diminué. Son état physique accroît certainement les envies de succession qui sont latentes autour de lui. Le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko qui est le favori du couple Ouattara, a en effet la maîtrise d’une partie de l’arsenal de guerre de l’Etat et sans doute ipso facto celle du terrain. Alors pour exister, Guillaume Soro a besoin d’avoir la haute main sur l’armée ivoirienne. Car même si le maintien de l’organisation des FN constitue en soi un atout pour lui, avoir officiellement la tête de l’armée rééquilibrerait sinon les forces, du moins pourrait constituer un avantage manifeste pour Soro sur Hamed Bakayoko.

Restent maintenant les anciens FDS qui se sont résignés à la prise de pouvoir par Ouattara et qui sont toujours réticentes à se faire séduire par le pouvoir. Mais selon des sources crédibles, le ministre de l’intérieur draguerait régulièrement ceux-ci, à commencer par les groupes d’auto-défense dont les principaux leaders sont aujourd’hui emprisonnés dans les goulags du pays. Face donc à ce scénario de la confrontation qui se dessine chaque jour, l’armée française continue de se renforcer. Après les dernières arrivées de troupes qu’on dit préparées à la guérilla urbaine, des caisses appartenant à l’armée française ont été déchargées récemment pendant 48 heures au port autonome d’Abidjan sans que des témoins de la scène en sachent le contenu.

De toute façon, ces tensions relancent surtout le débat sur les mandats d’arrêt de la cour pénale internationale contre le président de l’Assemblée nationale en particulier qui a toujours affirmé le visait. De son côté, la CPI continue d’entretenir le flou et n’a jamais tranché ouvertement la question. On peut cependant comprendre à travers les remous qui secouent les FRCI que la menace est bien réelle. Par ailleurs, le bimensuel français « La Lettre du Continent » évoque ouvertement la possibilité que la CPI lève les scellés sur les dits mandats d’arrêt. Car gêné aux entournures par la suite des événements, les principaux bourreaux du régime de Laurent Gbagbo aimeraient au moins qu’un pro-Ouattara se retrouve à la CPI pour faire passer le sentiment que la justice internationale est la même pour tous. Et c’est sans doute ce qui effraient le plus guillaume Soro et ses amis.

Source: Aujourd’hui

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