KKB craches ses vérités: «Nous ne sommes pas les obligés du Rdr»

Le député Bertin Kouadio Konan du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, mouvance présidentielle) a confié mercredi qu’il “craint’’ pour son pays, après l’adoption par l’Assemblée nationale d’une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

“C’est tout simplement dommage que nous ne sachions pas tirer les leçons de l’histoire. Nous venons de faire exactement ce que nos prédécesseurs ont fait ici en 1995’’, a pesté face à la presse Bertin Kouadio Konan dit KKB, après l’adoption du projet de loi contre lequel il a voté d’abord en commission et ensuite en plénière. La réforme de la CEI, chargée d’organiser la présidentielle de 2015 en Côte d’Ivoire, a été adoptée mercredi par les députés ivoiriens réunis en session plénière.

Sur les 253 députés siégeant en ce moment à l’Assemblée nationale, 219 étaient présents. Au terme des travaux, 207 parlementaires ont voté pour le projet de loi qui avait déjà été adopté en commission le 20 mai dernier.

Huit autres dont KKB, ancien responsable de la jeunesse du PDCI, grand allié du Rassemblement des républicains du chef de l’Etat Alassane Ouattara, ont voté contre. “Je crains qu’on ne s’engage malheureusement dans les sentiers qui vont nous conduire encore dans l’abîme’’, a-t-il poursuivi avant d’ajouter: “j’ose espérer que ce ne seront que de simples craintes et que nous sommes bien partis pour ramener la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie’’.

Le 09 avril en conseil des ministres, le gouvernement a adopté un projet de loi sur la nouvelle commission électorale. Dans la mouture présentée par le gouvernement, la nouvelle CEI devrait avoir 13 membres contre 31 auparavant. Soit quatre représentants pour le Chef de l’Etat et le gouvernement, 3 membres de la société civile dont deux religieux, trois représentants de la coalition au pouvoir et trois autres pour les partis d’opposition.

L’opposition en Côte d’Ivoire, dont le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo, avait dénoncé une « surreprésentation » du pouvoir, qui risque de menacer, selon elle, « l’indépendance » de la commission. Elle a proposé à son tour une CEI de 16 membres dont 13 avec voix délibérative et un président choisi « de façon consensuelle » par les membres ayant voix délibérative.

Face aux critiques de l’opposition qui jugeait la commission “déséquilibrée’’, le gouvernement a annoncé mercredi une nouvelle réforme de la CEI. Cette nouvelle mouture proposée un mois après la dernière adoptée par le gouvernement, prévoit 17 membres. Soit un représentant du président de la république, 4 représentants de l’administration, 4 de la société civile, 4 pour les partis politiques au pouvoir, 4 pour l’opposition. L’opposition a rejeté de nouveau la deuxième réforme, la jugeant insuffisamment « transparente » comme la précédente.

En 2010, la Commission électorale a été au cœur du contentieux électoral après la présidentielle qui a abouti à une crise armée, qui a fait officiellement 3.000 morts. La CEI a proclamé des résultats qui donnaient Alassane Ouattara vainqueur du scrutin au détriment du président sortant Laurent Gbagbo, déclaré, quant à lui, élu par le Conseil constitutionnel.

Source: Alerte-info

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