Kolo Touré : «Ce n’était pas le moment pour Drogba… si Didier est parti à Chelsea, c’est parce qu’il se sent encore la force de jouer au haut niveau.» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Kolo Touré : «Ce n’était pas le moment pour Drogba... si Didier est parti à Chelsea, c’est parce qu’il se sent encore la force de jouer au haut niveau.»
Kolo Touré : «Ce n’était pas le moment pour Drogba… si Didier est parti à Chelsea, c’est parce qu’il se sent encore la force de jouer au haut niveau.»

Kolo Touré : «Ce n’était pas le moment pour Drogba… si Didier est parti à Chelsea, c’est parce qu’il se sent encore la force de jouer au haut niveau.»

A l’affiche de l’information après le départ de Didier Drogba de la sélection nationale de Côte d’Ivoire, Kolo Touré, annoncé sur les traces de l’ex-capitaine des Eléphants, ne prendra pas sa retraite internationale. En ce qui concerne son supposé transfert, la destination Trabzonspor n’est pas à l’ordre du jour…pour l’instant.

Kolo Touré, comment se déroule la préparation de la saison avec Liverpool ?

Tout se passe très bien avec Liverpool. La pré-saison a été très intéressante avec une tournée aux Etats Unis à laquelle j’ai participé. Je me sens très bien. Je n’ai pas de souci physique et je compte entamer la saison avec les mêmes objectifs : Permettre au club de progresser et faire plaisir à tous les supporters de Liverpool.

Après une saison loin de vos attentes, pensez-vous pouvoir grappiller plus de temps de jeu au sein de la défense des Reds cette saison ?
Je suis toujours à Liverpool. J’ai eu à discuter avec le coach (Brendan Rodgers) qui m’a clairement indiqué que je fais partir de ses plans. C’est un honneur d’être à Liverpool. Je suis très heureux de porter le maillot de Liverpool qui est un club de légende. Je sais ce qui m’attends, mais la saison est truffée de rencontres en championnat et en Champion’s League, et je sais que j’aurai le temps de m’exprimer pour prouver que j’ai encore faim de ballon. Je sais que je ne jouerai pas tous les matches, c’est sûr.

A 33 ans, être vous physiquement affûté pour la longue et difficile saison qui s’annonce ?

Physiquement je me sens très bien. A 33 ans, je me sens prêt pour n’importe quel défi. C’est certainement parce que j’ai été épargné par des blessures graves durant ma carrière. Je continue de travailler durement à l’entraînement pour garder le rythme. Et c’est la raison pour laquelle le coach compte me garder à Liverpool. Parce qu’il a constaté que je suis un combattant. Je m’entretiens énormément parce que dans un club comme Liverpool, il faut être prêt à donner le maximum, quand on te jette dans le bain. Je ne suis pas émoussé.

La presse anglaise vous envoie à Trabzonspor. Le président du club aurait annoncé que tout serait bouclé pour votre arrivée. Vous quitterez donc l’Angleterre ?

Effectivement, Trabzonspor est intéressé par mon profil. Mais j’ai indiqué ma joie d’être un joueur de Liverpool. Surtout que le coach m’a réitéré sa confiance pour ce que j’apporte au groupe. Il a envie de me garder pour faire face à toutes les compétitions pour lesquelles Liverpool est engagé. Je réfléchis c’est vrai à toutes les possibilités. Et si je sens un besoin de partir, je verrai.

C’est vrai que c’est une possibilité que d’intégrer un championnat de moindre niveau pour gagner plus de temps de jeu, mais je suis un compétiteur et j’ai décidé de rester à Liverpool. Mais c’est vrai que tout peut changer à tout moment. Mais pour l’instant, je le répète, je suis à Liverpool et j’espère continuer avec le club. Pour l’instant, Trabzonspor, c’est non. Mais au football, tout peut arriver.

“ Il n’y a pas de clan en sélection, le problème c’est qu’on ne joue pas ensemble “

Les Ivoiriens s’attendaient à voir les Eléphants en huitième de finale de la Coupe du Monde 2014. Cela n’a pas été. Quelles sont les explications de ce nouvel échec ?

C’est très simple en ce qui concerne la Coupe du Monde 2014. Ce qui s’est passé c’est qu’il y avait des joueurs qui n’étaient pas à 100% de leur forme. C’est vrai que moi je n’avais pas beaucoup de matches dans les jambes. Mais j’ai eu la chance de me préparer intensément. Je ne dirai pas de noms, mais nous savions qu’il y avait des joueurs qui n’avaient aucun matche parce que blessés, mais qui ont été alignés. A partir du moment où le groupe n’est pas homogène parlant du niveau de forme, c’est sur que le déséquilibre physique nous a perdu au Brésil.

Sachant ce déséquilibre, qu’avez-vous fait en tant que l’un des cadres de la sélection pour tirer la sonnette d’alarme ?

J’ai fait une réunion avec les cadres de l’équipe nationale et j’ai demandé à ce qu’on prenne nos responsabilités pour ne voir couler l’équipe. J’ai demandé qu’on indique au coach de mettre les blessés de côté. Malheureusement ça n’a pas été fait et nous sommes tous rentrés à la maison, plus tôt que prévu.

J’ai mal du fait qu’on ne se dise pas assez la vérité. Nous les cadres, n’avons pas su jouer notre rôle contrairement à ceux de la CAN 1992, qui ont su prendre leur responsabilité pour dire ce qui devrait être fait pour le bien du groupe. Quand un joueur un blessé et qu’il n’est pas prêt, on doit pouvoir lui le dire en face. Et ce quelque soit son nom.

La sélection nationale de Côte d’Ivoire semble maudite. Quel est le véritable problème qui mine votre génération ?

Le problème en équipe nationale de Côte d’Ivoire, c’est qu’on ne joue pas ensemble. On ne défend pas ensemble et quand on perd le ballon, c’est impossible de contenir seul les assauts de l’équipe adverse. On joue que quand on a le ballon. Ce n’est pas une malédiction, c’est un état d’esprit qui n’est pas partagé par tous. C’est dommage.

“Ce n’était pas le moment pour Drogba“

Les contreperformances des Eléphants sont attribuées à la difficile cohabitation des égos surdimensionnés qui composent l’équipe. Y a-t-il des clans qui s’opposent ?

Il n’y a pas de clan chez les Eléphants. L’un des problèmes, c’est aussi au niveau de l’encadrement technique. Il faut avoir un sélectionneur national fort et libre capable de faire travailler tout le monde et nous inscrire dans un projet collectif.

Celui qui ne se dépense pas pour la sélection, qu’il soit Drogba, Kolo, Yaya, Gervinho… qu’il ait le courage de le mettre sur le banc, pour le bien du groupe. Ce n’est pas une histoire de clan, mais le fait d’une implication réelle de chacun dans un projet. Sinon, on n’a pas besoin d’être de grands amis pour jouer et réussir ensemble. Ce qui se passe sous d’autres cieux nous donne un exemple.

Un des cadres de la sélection, Didier Drogba, a annoncé sa retraite internationale. Comment l’avez-vous accueillie ?

Honnêtement j’ai été très surpris de l’annonce de la retraite internationale de Didier Drogba. Je l’ai eu au téléphone après et je lui ai indiqué ma surprise de le voir partir, surtout de cette manière. Parce que j’estime que pour ce qu’il représente, Didier doit partir en sentant que c’est vraiment le moment. J’ai senti dans ses propos qu’il était quelque peu obligé de partir.

Et cela m’a fait mal parce que je pense qu’il a les capacités de continuer en sélection. Après, ce serait au sélectionneur de décider s’il a besoin de lui ou pas. Mais chacun est souverain. C’est un grand homme et il a pris sa décision mais il va certainement continuer les discussions avec l’entraîneur et avec les dirigeants de la fédération.

Pensez-vous que c’était le bon moment pour lui de partir de la sélection nationale ?

Je pense que si Didier est parti à Chelsea, c’est parce qu’il se sent encore la force de jouer au haut niveau. Il aurait été une bonne option pour le sélectionneur national. Je crois que ça aurait été bien d’être tous là autour de lui pour lui faire nos adieux au terme d’une grande rencontre pleine d’émotion comme il en a donné à toute la Côte d’Ivoire. Honnêtement pour moi, ce n’était pas le bon moment. Puisqu’il la CAN 2015, il l’avait vraiment en cœur comme nous tous d’ailleurs.

Didier Drogba a expliqué son départ par la confiance perdue. A qui s’adressait-il ? A vous ses coéquipiers ou aux dirigeants de la Fif ?

C’est à lui de clarifier sa réponse. Je ne suis pas capable de répondre à cette question. Mais ce que je peux dire c’est que Didier est notre leader et on fait toujours confiance au leader. C’est en plus un grand buteur qui peut te sortir un geste de génie après plusieurs minutes de discrétion. Un tel joueur, on lui fait toujours confiance. En tout cas moi, je sais qu’il a ses capacités qui peuvent encore apporter aux Eléphants.

“Je suis encore disponible pour la sélection, mais c’est Renard qui décide“

Après Didier Drogba, êtes-vous le prochain sur la liste à prendre vos distances avec les Eléphants ?

J’ai 33 ans, et je me sens bien avec Liverpool. Je reste au service de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire. Si le pays m’appelle je viendrai. J’ai envie de gagner une CAN comme tous les Ivoiriens, et c’est avec plaisir que je revêtirai le maillot national. Ma retraite internationale n’est pas encore à l’ordre du jour. Mais je tiens à préciser que le choix appartient au sélectionneur national. Sinon, moi, je suis toujours prêt pour la Côte d’Ivoire.

Hervé Renard est le nouveau sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Pensez-vous qu’il a le potentiel pour conduire les Eléphants vers des trophées ?

Hervé Renard est le coach qui nous a battus avec la Zambie en finale de la CAN 2012. Au-delà de cela je pense qu’il a le potentiel et le profil. Il a tout le crédit nécessaire pour entraîner une sélection comme celle de la Côte d’Ivoire. S’il a pu nous vaincre, c’est qu’il a réussi à déceler nos failles. Maintenant qu’il est avec nous, il nous aidera à les combler pour faire comme 2012, mais cette fois avec nous. Il va nous apporter énormément, j’en suis sûr.

Le technicien a promis entrer en contact avec les cadres. Avez-vous reçu son appel ? Et quelle a été la teneur de votre échange ?

Il m’a appelé et nous avons discuté et il m’a demandé ma position concernant la sélection nationale. Je lui ai clairement indiqué que j’avais encore faim et qu’il pouvait compter sur moi. Il m’a dit qu’il me ferait savoir sa décision sur les joueurs avec lesquels il allait travailler.

Normal et je suis prêt à accepter ses choix. Je dois, par ailleurs, dire que je suis au service de ma nation et je reste à la disposition des Eléphants de Côte d’voire. Cela n’est pas une pression que je mets à Hervé Renard, le nouvel entraîneur. S’il a besoin de moi, je répondrai présent. Mais je dois préciser que je ne suis pas plus important que le groupe. Le plus important, c’est le projet commun.

Et je crois que le projet c’est de réussir à ramener une autre CAN aux Ivoiriens. C’est le plus important, quelque soit les joueurs qui composeront la sélection. Mais en ce qui me concerne je répondrai présent si je me sens capable d’apporter, dans le cas contraire je serai honnête en disant non à la sélection. Parce qu’il faut des joueurs en jambes et en possession de toutes leurs capacités pour permettre au groupe d’atteindre ses objectifs. C’est une ligne qui doit s’appliquer à tous.

Réalisée par Patrick GUITEY

Source : Sport-ivoire

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