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Kouassi Yao, Ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République, bras droit de Bédié s’indigne: «L’appel de Daoukro tue encore Houphouët»

Kouassi Yao, Ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République, bras droit de Bédié s’indigne: «L’appel de Daoukro tue encore Houphouët»

A L’élection présidentielle post- coup d’Etat d’octobre 2000, consécutive à la révision constitutionnelle par le référendum à l’occasion duquel la bataille pour le « ET » et le « OU » avait fait rage, relativement à la condition d’éligibilité concernant la filiation des postulants, tous les six candidats du PDCI-RDA : – Boa Amoikon Tiémélé, Henri Konan Bédié en exil à Paris, Emile Constant Bombet, Emile Atta Brou, Mohamed Lamine Fadika, Gaston Ouassenan Kone avaient été arbitrairement éliminés sous des prétextes fallacieux et par le recours à des arguties juridiques qui auraient pu ébranler le Temple de THEMIS.

J’étais des plus farouches partisans de la candidature de M. BEDIE, malgré le handicap que constituait son exil en France. Je savais que pour rien au monde, Robert GUEI et ses « Généraux courageux », Aboulaye Coulibaly, Lassana Palenfo qui avaient eux aussi quelques mois plus tard été contraints à l’exil « intérieur – extérieur », en se réfugiant à l’Ambassade du Nigéria en Côte d’Ivoire, n’auraient jamais autorisé le retour de M. BEDIE en terre ivoirienne pour qu’il puisse se soumettre aux exigences constitutionnelles qui s’imposaient aux candidats à cette élection présidentielle, notamment la visite médicale obligatoire par un collège de trois médecins choisis par la Cour Suprême.

La réponse du Général GUEI à la délégation des hauts dignitaires du PDCI-RDA qui s’étaient rendus au Palais Présidentiel pour solliciter du bout des lèvres cette faveur du retour de M. BEDIE et de sa participation à l’élection présidentielle , au nom de la paix, avait confirmé ce que je savais. Le Général GUEI avait en substance dit ceci :

« BEDIE est mon frère. Je n’ai rien à lui reprocher. Je ne suis pour rien dans le coup d’Etat qui l’a renversé et contraint à l’exil. J’étais dans mon village à Kabakouma pour préparer les fêtes de fin d’année et du début du 3ème millénaire, auxquelles j’avais invité des amis Généraux, camarades de promotion à Saint-Cyr et à l’Ecole de Guerre de Paris. Le mardi 21 décembre 1999, avant de partir au village, je suis allé dire au revoir à BEDIE. Il m’a remis trois millions de francs. Il a promis me faire parvenir un complément de deux millions de francs par mon épouse Rose, à qui cette somme additionnelle devrait être remise par M. Thimoté Ahoua N’Guetta. Des instructions auraient été données à cet effet à M. Kouassi Yao Secrétaire Général de la Présidence de la République. Vous voyez bien que, même dans ma disgrâce, BEDIE ne m’a jamais laissé tomber. Chaque fin de mois, en plus de mon salaire de général, il me donnait deux millions de francs pour « mètre un peu d’huile dans mes plats de feuilles de manioc ». Bien que militaire, je peux vous dire que je suis PDCI jusqu’au bout des ongles. Mon épouse Rose est, vous le savez, en sa qualité de vice-présidente de l’UFPDCI, une des plus proches collaboratrices de la Présidente Léopoldine Coffie Tiezan Yao, son amie. Si cela ne dépendait que de moi, BEDIE pourrait rentrer dès demain. Mais il faut que je vous le dise, je ne maitrise rien. Les jeunes gens qui l’ont chassé, les Boka Yapi, IB Coulibaly, Zaga Zaga, La Grenade et autres de la Camora, de Cosa Nostra, de la Brigade Rouge, en un mot les ZINZINS et les BAEFOUES, qui n’obéissent qu’aux ordres de M. Balla Keita me feront la peau si j’accédais à votre demande de laisser renter BEDIE. Si vous, les hauts dignitaires du PDCI-RDA pouvez me donner des garanties pour assurer la sécurité de BEDIE, j’enverrai dès demain le Grumann présidentiel le chercher comme je vous l’ai déjà dit ».

Nous les membres de la délégation auprès du Général GUEI, nous sommes regardés, les uns le sourire en coin, les autres les yeux pétillants de malice pour avoir accompli une mission dont ils n’en souhaitaient que l’échec. Et nous avons pris congé du Général. Pour ma part, je n’étais aucunement surpris parce que je savais que la réponse donnée par le Général était celle que souhaitaient la plupart des membres de cette délégation. Ils avaient à peu de frais accompli leur mission et avaient la conscience tranquille. La jubilation se lisait même dans les yeux de certains.

La suite, les ivoiriens âgés 15 et 75 ans en l’an 2000 le savent. L’élimination par les fameux arrêts de M. Tia KONE à cette époque Président de la Cour Suprême, des six candidats du PDCI-RDA cités plus haut, pour laisser la voie libre au « balayeur » qui, après avoir karchérisé la maison à la kalachnikov, n’avait plus voulu la quitter et s’était proclamé « Candidat du Peuple », lorsque le PDCI-RDA dont il avait sollicité l’investiture, l’avait poliment éconduit, au motif qu’un fils qui a le sens de la dignité et de l’honneur ne saurait faire le lit de la chambre parentale pour que le bourreau de son père couche avec sa mère.
Mon combat, et je n’étais pas seul, pour la candidature de M. BEDIE même en exil avait pour objectifs :

1- de démontrer que malgré son exil , malgré tout ce qui a été dit et répandu sur son compte par une campagne médiatique de diabolisation au bazooka, les ivoiriens dans leur grande majorité et la quasi totalité des militants du PDCI-RDA étaient restés solidaires et fidèles à M. BEDIE leur Président qu’ils portaient toujours dans leur cœur, et que si sa candidature avait été accepté, il aurait gagné haut les mains cette élection présidentielle et rentrer triomphalement en tant que Président de la République de Côte d’Ivoire à l’instar de Kwame N’kruma, sorti des prisons coloniales britanniques pour être nommé Premier Ministre de la Gold-Coast qu’il amena à l’indépendance en 1957 sous le glorieux nom du GHANA, lorsque son Parti avait brillamment remporté les élections législatives.

2- de décrédibiliser par un appel au boycott cette élection qui n’aurait été qu’une parodie, si la candidature de M. BEDIE avait été rejetée tout comme celle des cinq autres candidats du PDCI-RDA et de M. Alassane Dramane Ouattara du RDR.
Ce faisant, avec ou sans candidat à cette élection présidentielle, le PDCI-RDA serait resté mobilisé autour de son Chef qui, malgré l’éloignement et l’exil était le catalyseur de cette mobilisation. C’est cette mobilisation qui avait permis au PDCI-RDA d’obtenir 85, voire 98 sièges de députés si l’on prend en compte les élus PDCI-RDA qui s’étaient présenter sans étiquette aux élections législatives du 26 décembre 2000 que le RDR avait boycottées.

Le retour triomphal en Côte d’Ivoire du Président BEDIE le 15 octobre 2001 ; sa magistrale prestation au Forum de réconciliation nationale Seydou Diarra, son éclatante réélection à la tête du PDCI-RDA au XIème Congrès Ordinaire du Parti en avril 2002 face à M. Fologo et M. Fadika, les deux F, faux frères ou faux amis ; sa deuxième réélection « hold-up » au XIIème Congrès Ordinaire dernier, malgré la décevante troisième place qu’il a occupée à la Présidentielle 2010, pour faire du PDCI-RDA la troisième roue de la charrette, prouvent à souhait que je n’avais pas tort.

Aujourd’hui, C’est M. BEDIE, Président du PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny Parti fondé pour servir le vaillant peuple ivoirien, bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne, de cette Côte d’Ivoire dont M. GBAGBO lui-même disait qu’elle était un Etat solide, qui interdit à son Parti de participer à l’élection présidentielle de 2015 .

C’est Monsieur BEDIE, Président du PDCI-RDA, Parti porteur de l’espérance et des espoirs des militants , surtout les jeunes de 25 à 45 ans, que le thème du XIIème Congrès Ordinaire tenu les 3, 4, 5 et 6 Octobre 2013, « RENAISSANCE, RENOUVEAU, RAJEUNISSEMENT, » que j’ai raillé récemment en le qualifiant de ronronnement redondant, avait particulièrement enthousiasmés, qui veut enfermer l’Eléphant du PDCI-RDA dans la case du RDR, peut-être pour la démolir comme un magasin de porcelaine.

C’est Monsieur BEDIE , pour qui les militants du PDCI-RDA ont été de tout temps prêts à risquer leur vie qui, à l’occasion de la visite d’Etat du Président Allasane Dramane Ouattara dans le Iffou sa région, vient de briser le dynamique élan suscité par ce dernier Congrès chez ces jeunes, de saborder le Parti et de porter l’estocade au PDCI-RDA en déclarant, impérial, depuis Daoukro M. Alassane Dramane Ouattara candidat unique du RDR et du PDCI-RDA, à la prochaine élection présidentielle de 2015, PDCI-RDA et RDR dont il annonce la fusion en un nouveau Parti politique qu’il a déjà, comme pour tuer encore une seconde fois Houphouët Boigny, baptisé PDCI-RDR.

M. BEDIE a-t-il oublié le vibrant hommage rendu au PDCI-RDA pour sa longévité par les délégations des partis frères d’Afrique invités au Congrès, notamment celles du Burkina-Faso et de la Guinée, et leur pathétique appel à la convocation d’un Bamako II pour un plus grand rayonnement du RDA en Afrique ?

Surpris, consternés, écœurés par cette sortie solitaire, hasardeuse et méprisante à l’endroit des militants, cadres et dignitaires du PDCI-RDA, beaucoup de voix dont la mienne se sont élevées pour dire leur indignation, leur colère, leur désarroi, et crier à la haute trahison, à la forfaiture et à l’imposture. Car pour ces « indignés » du PDCI-RDA, en disqualifiant unilatéralement leur Parti qui, à son XIIème Congrès Ordinaire dernier , a adopté entre autres résolutions celle qui stipule expressément et avec force, je cite : « Le Congrès exige que le PDCI-RDA ait son candidat à la prochaine élection présidentielle de 2015 et que ce candidat soit un militant actif », et ce, un an avant l’échéance d’Octobre 2015, M. BEDIE fait mieux dans l’art de disqualifier toute candidature du PDCI-RDA que cynique exploit réalisé part le binôme, la combinaison, le tandem GUEI Robert-Tia KONE, à l’occasion de l’élection présidentielle d’octobre 2000.

Après un mois de deuil, de silence, de réflexion et de réarmement moral, je me propose de livrer dans les tous prochains jours aux vaillants militants du PDCI-RDA, une interprétation, une analyse approfondie de la déclaration dite de Daoukro sous les dix angles ci-après : anecdotique, humoristique, ironique, esthétique, éthique, historique, politique, stratégique, psychanalytique, et herméneutique, interprétation et analyse dont ces quelques lignes ne constituent que les prolégomènes, l’avant propos, la déclaration liminaire.

KOUASSSI YAO, Ancien Secrétaire Général
de la Présidence de la République

Membre du Bureau Politique du PDCI RDA

One comment

  1. Monsieur kouassi Yao je crois que votre analyse nostalgique ne repond pas a la realite politique du moment sachez que toute crise nait du decalage entre l organisation sociable et l etat de la civilisation le Pdci n echappe pas a cette realite .apres une gestion commune quel serait l argument ideologique du pdci pour battre campagne?

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