KOULOUBA : DE L’ABANDON A LA LUEUR D’ESPOIR (Reportage)

Si le problème de développement des quartiers des capitales africaines fait parler dans plusieurs pays du continent, la capitale malienne BAMAKO n’en fait malheureusement pas l’exception. Si la vente frauduleuse des terrains devient l’apanage des soit disant premiers citoyens de nos villes, le délaissement sans scrupule des populations des quartiers dans des conditions lugubres devient de plus en plus la marque de Fabrique de nos maires. Ceux qui, pendant les campagnes vendent l’illusion aux populations. Et un quartier à Bamako, non pas le moindre, celui de Koulouba, le quartier présidentielle paie de nos jours, les frais d’une politique de non considération de nos politiques….

ENQUÊTE SUR UN QUARTIER AUX REALITES A PEINE CROYABLES :

Selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2009 (RGPH 2009), Koulouba compte 10.832 habitants dont 5.596 hommes et 5.236 femmes. Ce qui est en soit, une population non négligeable dans la commune du District de notre Capital BAMAKO. Le palais de la République n’est pourtant pas loin des lieux, puisque celui-ci porte même le nom du quartier : LE PALAIS DE KOULOUBA. Certes, le niveau de vie par rapport au palais ne saurait être de toute évidence semblable, à celui du peuple à côté. Mais le fossé social est tel qu’on imaginerait à peine que les êtres humains vivent dans ces conditions au XXI è Siècle, en plus de cela, dans un quartier qu’on serait tenté d’appeler QUARTIER PRESIDENTIELE. Les cadres, les fonctionnaires y vivent pourtant, avec leurs enfants et leurs femmes, d’autres mêmes avec leurs grands-parents plus qu’ils y ont toujours vécu avant les indépendances.

Le quartier de KOULOUBA a un marché, figurez-vous de 10 à 11 tables pour une population de plus de 10.000 Habitants, sans compter la population de SONAFIE (quartier Voisin) qui vient aussi s’approvisionner dans ce marché. Des tables de marché qui tiennent à peine sur une surface bosselée. Notre guide de quartier nous a dit que, ce marché serait l’unique lieu où la mairie marquerait ses passages, plus que celle-ci n’hésiterait pas à prélever les taxes quotidiennes aux pauvres commerçantes qui peine à mieux installer leurs produits qu’elles obtiennent dans la douleur. On comprend pourquoi l’un des meilleurs athlètes nationaux vit à KOULOUBA. Ce quartier est constitué des cases, pardon ; plutôt des maisons construites sur une pente d’environ 40°. Les femmes prêtent à accoucher sont pour certaines, portées sur des chaises jusqu’à la grande route avant d’emprunter un véhicule pour le Point G (Hôpital). D’autres malheureusement, quand elles sont à terme, elles accouchent dans leurs maisons.

A KOULOUBA, les vieux et les vielles se déplacent difficilement, puis qu’ils sont sans cesse en train de faire les efforts. C’est un quartier de torture à ciel ouvert par excellence pour personne âgées. Pour les personnes qui possèdent des motos, à KOULOUBA, garer sa moto dans la cour de sa maison relève de l’imaginaire, ceux-ci utilisent les locaux de l’école fondamentale située à plus de 400 mètres de leurs maisons pour abriter leurs deux roues. En ce qui concerne l’acheminement des articles ou autres matériel au sein du quartier, le scenario est si dur à regarder que nous estimons raisonnable de vous épargner la description au risque de faire pleurer les âmes sensibles. Au quartier KOULOUBA, les couloirs qui séparent les maisons, servent non seulement de zones d’accès d’une parcelle à une autre, mais ils servent également et malheureusement aux canalisations d’évacuation des eaux usées des salles de bain, des eaux de lessive, de vaisselles ; voire des toilettes.

Dire que, à l’heure où nous faisions ce reportage, le monde entier, le MALI y compris célébrait la journée de lutte contre le paludisme, nous n’avons même pas aperçu l’ombre de ces organes dites concerné par la lutte contre le paludisme dans les parages. On se demande comment font-ils avoir les statiques exactes sur le terrain, alors qu’ils n’y sont à priori jamais aller. Dans leurs véhicules à l’abri du soleil du MALI, promptes à passer à la télévision nationale pour prononcer des long discours de circonstance et à partager quelques moustiquaires imprégnées à quelques nécessiteux avant que le reste ne finissent dans leurs propres pharmacies pour vente. Voilà les réalités des habitants de KOULOUBA qui ne sont épargnés d’aucune négligence des autorités. Mais heureusement que les jeunes se battent aux quotidien pour que les choses changes un jour.

LE PROBLEME DE KOULOUBA : UNE AFFAIRE DE PREMIER MINISTRE

Depuis plus de 20 ans, le problème de redressement est un véritable casse-tête pour les habitants de quartier KOULOUBA. A titre de rappel, le redressement est un terme technique qui se rapport à la notion de viabilisation d’une portion de terre, d’un terrain ou même d’un quartier en lui donnant un cadre juridique. Figurez-vous que de nos jours, il y a un quartier, notamment celui où se trouve la présidence de la République qui n’a pas de cadre juridique. Plus de 10.000 maliens non loin du palais vivent à l’heure où nous rédigeons ce reportage dans un cadre non juridique.’’ C’est le combat de plusieurs années‘’ nous lance un habitant du quartier KOULOUBA. En effet, depuis plusieurs années, des associations des jeunes ont vu le jour, des délégations ont été formées pour aller plaider la situation du quartier KOULOUBA auprès des autorités compétentes sans succès immédiat.

Selon nos sources, IBK seul (Ibrahim Boubacar Keita) le président actuel de la République du MALI a répondu favorablement à certaines revendications des habitants du quartier KOULOUBA. Et cela, quand il était encore premier ministre au temps d’ALPHA OUMAR KONARE. Il a doté les habitants du quartier KOULOUBA de l’unique route goudronnée qui leur rappel honorablement qu’ils vivent belle et bien dans une ville. MODIBO SIDIBE et son mentor ATT en leur temps n’ont jamais fait cas des revendications des habitants du quartier KOULOUBA ; TATAM LY encore moins pendant ses sept (7) mois passé à la primature. Nous ne l’en voudrons pas pour autant, la situation sociale d’une personne n’a jamais été le premier souci d’un banquier. Les banquiers qui nous lisent ne nous diront pas le contraire. Mais selon nos sources encore, l’expert-comptable de formation serait en train de prouver le contraire. Moussa MARA aurait des solutions tant attendu par les habitant du quartier KOULOUBA.

MOUSSA MARA, UNE PERSONNALITE, UNE ATTENTE POUR LE QUARTIER.

Si la nomination contre toute attente du jeune MARA à la tête du gouvernement continue de faire couler les encres et les salives dans les hautes sphères de l’ETAT entre les caciques de la politique malienne, il y a déjà ceux qui voient le bout du tunnel depuis la nomination du fils MARA à ce poste. Et même avant. Plus que celui-ci était à une réunion avec les jeunes du quartier KOULOUBA quelques heures avant sa nomination. Au moment où nous réalisions ce reportage, le président des jeunes de KOULOUBA IBRAHIM DIAKITE détient les preuves tangibles d’une nette évolution de la situation de leur quartier. Le plan cartographié du quartier en lui-même et le plan du futur endroit de recasement. C’est une jeunesse courageuse et bien structuré que notre équipe de reportage a encore eu l’occasion de rencontrer. Des responsables de l’association tels que : FatoumataTRAORE, SALLI DIALLO, ISSA TANGARA, SEYDOU BAGAYOKO, SEKOU NIARE et bien d’autres qui constituent la force du mouvement des jeunes qui aspirent aux changements.

L’INCOMPREHENSION : LES VIEUX BOUDENT LES ESPACES.

Si nous nous sommes rendus une fois de plus dans ce quartier curieux de la capitale malienne, s’était dans le souci de voir comment les choses avaient évolués depuis notre dernier passage en Novembre 2013. Quelques jours avant l’arrivée d’IBK au palais de KOULOUBA. Les attentes du quartier étaient grandes et visiblement les habitants ne s’y sont pas trompés. C’est au-cour d’une Assemblée Général convoquée à cet effet par la jeunesse très actif du quartier KOULOUBA que notre rédaction s’est imprégné de l’état d’avancement de la situation. C’est une Assemblée Général qui réunissait les hommes de tous les âges, jeunes, vieux, vielles et vieillards dans la petite cour du chef de quartier.

Comme qui dirait, le problème de redressement et de recasement est une affaire de tous à KOULOUBA. Même les femmes assistaient à la réunion. L’intervention de chaque participant était telle qu’on pouvait lire sur leur visage la fatigue d’une situation qui a perdurée. Même les moins jeunes en parlent comme s’ils avaient été là, 20 ans avant. C’est pour dire que, la douleur des anciens de KOULOUBA est un héritage pour leur descendance. IBRAHIM DIAKITE et les autres jeunes qui constituent le bureau de l’Association ont réuni les habitants du quartier autour du chef dudit quartier pour faire part de l’avancement de la procédure. Même si les potentiels bénéficiaire du système de recasement n’ont pas manqué de faire mention du risque d’acquérir des terrains encore plus petits. Eux qui ont vu leur famille prendre du volume au fur des années. Mais c’est dans une atmosphère de convivialité que les uns et les autres ont pu se comprendre. Et Monsieur BABOYE TRAORE a une fois de plus rappeler aux habitants la portée du recasement avant le début des pluies.

LE MAIRE KADER, UNE PERSONNALITE DE MAUVAISE AUGURE, LA Où LE BAS BLESSE.

Si une chose à tout de suite attiré notre attention, c’est l’absence ridicule des autorités de la circonscription à ce qui est loin d’être un non-événement. Dans la zone de recasement, à ce qu’il paraît, sur 1000 lots, plus de 800 ont déjà été vendu par le maire KADER. Une situation qui a un peu découragé les participants venu à la réunion pour sans doute avoir des nouvelles qui ne souffrent d’aucune ambiguïté. Si ADAMA SANGARE, le maire du District de Bamako et MORIBA de Niono ont un jour, séjourné derrière les barreaux, le maire KADER risque d’emprunter la même voix que ses illustres contemporains. Surtout dans une république qui ne tolère plus des faits qui n’honorent pas l’image du PAYS. Sauf si les données ont changés entre temps. Avis aux éventuels candidats voyous, les jeunes de Koulouba ne sont plus prêts pour vous.

Lors de notre retour au quartier KOULOUBA, c’est une population about de force que nous avons rencontré, des gens proche du palais de la présidence qui ne luttent que pour le redressement de leur quartier pendant que les revendications des autres quartiers sont plus évoluées. Une population, pourtant exposée aux caprices des régimes qui se succèdent au palais blanc de KOULOUBA. Ils sont les premiers exposés aux nombreux coups d’Etat du MALI. ‘’Mon vœux le plus cher, serait de voir avant ma mort, que la situation de redressement et de recasement devienne une réalité à KOULOUBA’’ nous a confié le chef de quartier Monsieur KARIBA BAGAYOKO C’est du haut de ses 87 ans, dans un regard perdu avec une voix fine qu’il s’est confié devant notre micro. Lui qui a vécu tous les malheureux 3 coups d’Etats de la REPUBLIQUE.

Pour vous, qui nous suivez, nous vous avons préparé un documentaire qui vous montrera davantage ce qui se passe au Quartier KOULOUBA A BAMAKO AU MALI.

 LEKE DIMITRI (Journaliste Reporter) correspondant

Source: AFRICA TV (Bamako)

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