Kyria Doukouré: «Parler de l’immigration, ce n’est pas organiser une chasse aux étrangers» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Kyria Doukouré: «Parler de l’immigration, ce n’est pas organiser une chasse aux étrangers»
Kyria Doukouré: «Parler de l’immigration, ce n’est pas organiser une chasse aux étrangers»

Kyria Doukouré: «Parler de l’immigration, ce n’est pas organiser une chasse aux étrangers»

La Côte d’ivoire est un pays d’immigration. C’est ainsi que l’ont voulu les colons et cette politique a été accentué par le président Felix Houphouët Boigny. Cette immigration visait à avoir la main d’œuvre suffisante pour l’agriculture et les grands travaux au début des indépendances.

Cependant, les données ont évolué depuis lors et un rapport du Conseil Économique et social datant de 1998 et intitulé : « Immigration en Côte d’Ivoire : le seuil du tolérable est largement dépassé » attirait déjà l’attention sur le péril qui menace le pays. Le rapport est consultable ici : http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/078070.pdf (Rapport instrumentalisé politiquement malheureusement)

Parler de l’immigration, ce n’est pas organiser une chasse aux étrangers et expulser ceux qui vivent en Côte d’ivoire. Mener à bien le débat, c’est savoir déjà combien nous sommes en Côte d’ivoire, combien d’étrangers nous pouvons accueillir annuellement sans que cela retarde le développement du pays mais aussi quel type d’étranger pouvons-nous recevoir. Est-ce que c’est la main d’œuvre agricole comme les années antérieures ou des diplômés dans certains secteurs d’activités.

Il est important d’avoir ces données parce que lorsque l’État construit un hôpital, une route ou une école, c’est en tenant compte de la densité démographique de la zone avec les prévisions disponibles. Cependant, si nous ne maitrisons pas le flux migratoire et qu’il n’est pas adapté à l’évolution des infrastructures, celles-ci se retrouvent vite dépassées et le progrès réalisé s’effrite. On s’installe donc dans une logique d’éternel recommencement. Il ne sert à rien de limiter les naissances si le flux migratoire n’est pas maitrisé. Les campagnes qui sensibilisent dans ce sens, c’est de l’argent jeté par la fenêtre.

Le plus grand danger qui menace notre pays les années à venir est celui relatif au foncier rural royalement ignoré. Les étrangers qui arrivent s’installent en milieu rural et les paysans leurs vendent des parcelles de terres alors qu’ils n’y ont pas droit et après cela débouche sur des conflits. La loi de 1998 sur le foncier est bonne mais elle n’a jamais été appliquée.

Il faut donc faire le cadastre afin que les paysans aient les papiers de leurs terres. Cela peut permettre aussi à leur enfant d’avoir des prêts bancaires en gageant ces terres. Toutes les forêts sacrés ou protégés sont aujourd’hui occupées par des cultivateurs. Au nord, les conflits entre éleveurs et cultivateurs refont surface. Il faut absolument informatiser l’état civil. C’est incompréhensible en ce siècle que nos extraits de naissance proviennent de gros cahiers. Il faut maitriser les frontières. C’est aussi une question de sécurité, etc.

La Côte d’ivoire est le deuxième pays au monde avec un tel taux d’étrangers alors on ne peut pas faire l’économie d’une telle discussion. C’est un des enjeux importants de la décennie à venir. Mais afin que le débats soient sains et dépassionnés, les hommes politiques de tous les camps doivent éviter de l’instrumentaliser. Il faut repenser le développement de notre pays au lieu de faire du surplace.

Par Kyria Doukouré

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