La candidature de Ouattara est une promesse de fraude

La candidature de Ouattara est une promesse de fraude

« Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a assuré que les élections présidentielles de 2015 seront « libres, justes et transparentes » pour garantir la démocratie, la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire ».

Lu sous la plume de Armand Depeyla dans le Soir Info du 25 février dernier. Info ou remplissage ? Une chose est certaine, après avoir relu l’article, c’est la seule occurrence sur ce que pense faire Ouattara pour les prochaines élections. Ce qui intrigue, ce n’est certainement pas cette tautologie.

Aucun régime au monde ne fait la promesse à son peuple de lui organiser une élection « non transparente ». En revanche, C’est connu, quand un politicien s’empresse de faire de telles promesses, on peut être sur qu’il y a une partie de son cerveau qui pense le contraire. Et c’est ce contraire qui nous intéresse. C’est ce que Ouattara ne dit pas et qu’il aurait dû dire en pareille circonstance qui nous intéresse. Sera-t-il candidat aux élections qu’il compte organiser dans la transparence ?

C’est à partir de sa réponse à cette question que son discours sur la transparence des élections de 2015 devient crédible ou non. Si Ouattara n’est pas candidat aux prochaines élections présidentielles, on peut, peut-être, espérer qu’il jouera la transparence, parce que rien ne nous garantit qu’il ne veuille pas mettre l’un de ses pions en scelle pour avoir une retraite paisible. Sa candidature pour 2015 est donc déjà une promesse de fraude. Pourquoi ? Il y a suffisamment de littérature sur la question ces jours-ci. Même, la réponse de Francis Wodié à la lettre que lui a adressée, tout frileux, Gnénéma Coulibaly pour requérir son avis sur la modification de la constitution est un savoureux faisceau de lumière.

Alassane Ouattara n’est pas éligible s’il ne recoud pas sur mesure et par voie référendaire la Constitution Ivoirienne. Ce qui sera un paradoxe aux yeux du peuple Ivoirien qui s’est donné cette Loi fondamentale à plus de 86% parce qu’en son temps le bravetchè avait dit qu’il se sentait visé mais pas concerné. Plus près, en 2010, il a laisse le Président Gbagbo faire de lui un candidat exceptionnel. Il ne s’est pas opposé à cette exception qui confirmait tacitement qu’il était bel et bien concerné par l’article 35.

Ouattara et nous savons donc tous qu’il n’est pas éligible et que son cas ne peut prospérer à la suite d’un referendum sans qu’il ne confesse aux Ivoiriens qu’il est concerné même par le « ou » ; sans qu’il n’avoue enfin cette vérité qu’il a toujours su et pour laquelle, il leur a fait subir une décennie de calvaire. En somme, si Ouattara n’est pas éligible et ne peut l’être dans les 8 mois à venir, comment peut-il, en y participant, organiser des élections transparentes ? Sa participation est déjà une fraude, le viol de la règle qui régit la concurrence.

Le chef bandit rentre par effraction dans votre maison, vous bâillonne et vous dit : « je vous promets d’être équitable avec vous dans la redistribution des biens de la maison ». Allez-y comprendre quelque chose.

Joseph Marat

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L’exception en passe de devenir la règle

C’est avec un sujet qui n’est plus d’actualité ou dont l’actualité a été gelée par la pudeur condescendante, propre à la politique ivoirienne, que je redis bonjour à tous mes lecteurs. J’ai énormément ri, à en avoir pratiquement honte, (il ya belle lurette que la politique a cessé de faire rire en Côte d’Ivoire), quand j’ai lu ce post d’un internaute qui a visiblement tapé dans le mille. Celui d’arracher aux Ivoiriens ce sourire de dérision qu’ils ont cessé d’avoir sur des sujets politiques trop sérieux. Il écrit : « Puisque Gbagbo n’est pas là, Ouattara doit demander à sa femme légitime Simone Gbagbo d’écrire une lettre pour lui permettre d’être encore Candidat comme en 2010. Puisque les deux ont fait un mariage légal sous le régime de la communauté de biens, la Signature de l’épouse est aussi valable que celle de l’époux. Si Ouattara ne sait pas ça. Dites le lui. »

Vous avez certainement deviné le sujet et si vous n’avez pas ri, c’est que vous êtes un Ivoirien normal. C’est le contraire qui est exceptionnel par ces temps qui courent. Je ne suis pas juriste, je suis donc, comme l’Albatros de Baudelaire sur le quai des matelots, embarrassé par cette question de l’éligibilité de Ouattara qui nous revient comme un boumerang que nous avons feint d’ignorer pendant un quinquennat. Les juristes ont toujours eu l’art des entourloupes pour vous faire prendre le faux pour le vrai.

En droit, les évidences n’existent décidément pas. Il y a toujours un avocat pour défendre le flagrant délit. Mamadou Koulibaly, il n’est pas juriste, mais ne compter pas sur lui pour avoir la modestie de le reconnaitre, aurait trouvé la formule choque pour dire : « Nous avons illégalement légalisé une candidature qui ne pouvait l’être. L’illégal étant devenu le légal protecteur de la Loi fondamentale, il n’est plus possible de faire machine arrière, sauf à vouloir tourner en rond et retarder la marche de notre pays vers le progrès social. »

Ce à quoi un internaute répond : « En droit tout d’abord l’illégalité ne peut créer de droits acquis. Si l’on suivait le raisonnement par l’absurde de Mamadou Koulibaly, M. Ouattara pourrait être président à vie puisque dispensé désormais de remplir une quelconque condition d’éligibilité… »

A défaut d’avoir l’arsenal juridique nécessaire pour prendre part à ce débat, je me fie toujours au bon sens dont un éminent penseur français a dit qu’il est la chose la mieux partagée du monde. Où a-t-on vu une exception devenir la règle au lieu de la confirmer ?

Joseph Marat

En savoir plus sur http://josephmarat.ivoire-blog.com

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